CHAPITRE XII
Le Développement du Pragmatisme chez James
Les penseurs que nous venons d’étudier n’ont fait, en somme, dans Ja période que nous considérons, que donner un développement plus complet aux thèses qu’ils avaient énoncées dès 1903. Leur inspirateur se trouvait dans une situation plus embarrassante. Il considérait avec une vive sympathie cette prolifération inattendue de ses propres idées, et ces conclusions révolutionnaires devaient attirer son imagination éprise de nouveauté, en même temps qu’elles apportaient une confirmation nouvelle à sa chèré croyance en l'efficacité dé l’action humaine. Mais, d’un autre côté, notre ancien biologiste n’a jamais perdu le goût du travail net et défini. La pensée de James excelle naturellement aux analyses substantielles plus qu'aux hâtives généralisations ou qu'aux antithèses systématiques. Toujours éprise de justesse, elle se soucie de comprendre ses adversaires plus que de les écraser. Enfin elle se peint trop vivement les choses pour croire aisément que celles-ci se métamor-. phosent au gré de nos pensées. Aïnsi, par les divers aspects de son tempérament, le maître pouvait être tenté tantôt de suivre jusqu'au bout ses disciples, tantôt
de leur fausser compagnie pour demeurer en terrain solide. De fait, à considérer de près la suite des écrits qu'il a consacrés au pragmatisme durant cette dernière période, nous verrons que l’on y découvre de curieuses fluctuations.
Notons tout d’abord que, d’après James, le terme de pragmatisme peut être pris en deux sens nettement différents : il désigne tantôt une méthode, tantôt une théorie de la vérité (1). Sur la méthode. pragmatique James n’est revenu un peu longuement que dans ses conférences sur Le Pragmatisme (2). Nous y retrou- . voris exactement les mêmes thèmes que dans l’allocution de 1898, dont maints passages sont reproduits textuellement dans ce volume. [application de la méthode aux problèmes métaphysiques, principalement à celui de l’unité du monde, y est simplement plus développée. Loin d’attribuer à la méthode pragmatique une originalité profonde, James montre en elle l'expression d’une attitude d'esprit bien connue, l'attitude empiriste (3), et déclare qu’il n’y a « absolument rien de nouveau » dans cette méthode (4). Nous n’avons donc pas besoin d’insister plus longuement sur ce sujet, et nous devons passer à la théorie, vraiment nouvelle celle-là, qui résulte d’après James d’une application de la méthode pragmatique au problème de la vérité (5).
(x) Pragmratism, Îect. IT, spécialement p. 55. Meaning of Truth, D. 51-52.
(2) Prag., 1. IT, IT, IV; cf. aussi Some Problems of Philosophy, 100:
BPras phone (4) 1b., p.:50.
(5)1b., p. 197, 200-201: M. of T., p. 118, KXII: cf. déjà, tb., p. 1-3, 43:
IT
C’est dans l’article Humanism and Truth (x): que James a pour la première fois exprimé son opinion sur la controverse relative à ce problème. Rene bien d’ailleurs le caractère de cet article : James s’y attache, non pas à définir sa propre position, mais à faire comprendre et à justifier en quelque mesure la conception nouvelle de la vérité simultanément mise au jour par M. Schiller et par M. Dewey, conception qu’il désigne encore à ce moment du nom d’humanisme (2). Bien que la marche générale de l’exposé soit un peu confuse, l’idée maîtresse s’en dégage sans peine : c’est que la vérité ne consiste pas pour nos pensées à reproduire telle quelle une certaine réalité, mais à déterminer en nous, à l’égard de cette réalité, la façon d’agir la plus avantageuse (3). À l’appui de cette conception James invoque en particulier la récente transformation des théories scientifiques, qui a fait peu à peu tomber en désuétude la notion ‘de la vérité-copie (4); la nécessité de soumettre la vieille formule de l’adaequatio à une analyse pragmatique (5), enfin, l’irrationalité même d’une tâche qui consisterait à redoubler en son esprit une réalité préexistante (6). Ce sont là des arguments assez proches de ceux que nous avons vu employer par M. Schiller et par M. Dewey. James en tire un autre, plus précis et plus original, d’une analyse des principaux
Reproduit dans M. of T., ch. III.
) } 104500752252; 3) 1b., p. 64,80, etc, ) 1b., p. 57-60.
types de vérités. Nos pensées concernant les phénomènes sensibles sont vraies alors même qu'elles ne copient point ces phénomènes, si simplement elles nous y adaptent en déterminant correctement nos attentes (1). Les connaissances rationnelles, logiques et mathématiques, loin de reproduire des archétypes mystérieux. se fondent sur la perception directe de certaines relations qui existent entre des réalités édifiées par notre esprit (2). Enfin, la connaissance du passé et de l’avenir lointain a pour base la cohérence que nous cherchons à établir entre toutes nos pensées (3). Voilà des services bien variés. Le seul élément commun à toutes les idées vraies, c’est précisément qu’elles nous rendent service, qu’elles nous apportent le maximum de satisfaction. On peut distinguer entre une satisfaction immédiate et une satisfaction durable, mais, À prendre ces deux termes au même niveau de généralité, le vrai et le satisfaisant sont parfaitement synonymes (4).
James paraît bien opter ici pour cette conception large de la vérification qu'il avait rattachée jadis à une analyse du sentiment de la rationalité, et même pour la définition de la vérité que M. Schiller avait ajoutée à cette analyse : toute espèce de satisfaction, de profit, d’avantage, semble érigée non seulement en signe, mais en élément de vérité (5). Sur certains points, toutefois, et probablement sans en avoir conscience, il s’écarte déjà de ses disciples intempérants. Aïnsi, il admet nettement . l'existence d’une « curiosité théorique » et voit dans
(x) p. 81-82. Fe (2) p. 82-85.
(3) Ib., p. 85-88.
(4) 1b., p. 88-80. ; ÉTAPE De, D 05,172 )R740
cette tendance la marque spécifique de l’humanité (1),
quitte d’ailleurs à la définir par un besoin de cohérence empirique et à expliquer ce besoin même par une avan-
tageuse disposition à contracter des habitudes mien-
tales (2). Surtout il est très loin d’éliminer cette idée de réalité indépendante. contre laquelle s'étaient escrimés également M. Schiller et M. Dewey : il admet expressément l'existence d’une réalité extérieure à ma pensée présente, possédant certaines déterminations propres qui s'imposent à moi (3). Sa seule réserve, fort importante, il est vrai, consiste à soutenir que cette réalité elle-même est constituée par d’autres « expériences » (4). Notre pensée transforme-t-elle du moins cette réalité distincte d’elle ? James n’admet encore que
d’une façon très partielle-cette thèse défendue si réso-
lument par ses deux disciples. Sans doute 1l soutient que notre connaissance ajoute quelque chose à la réa-
lité, qi’elle crée des relations nouvelles et qu’elle s’ac-:
compagne aussi parfois d'actes transformateurs ; mais en même temps il admet que notre connaissance découvre des.objets et même des vérités qui préexistaient au moins virtuellement (5). Il reconnaît d’ailleurs qu'il existe là une sorte d’antinomie embarrassante
à mesure que l’on aperçoit mieux le développement historique de la connaissance humaine, on éprouve plus de difficulté à démêler quelles déterminations de l’objet peuvent être considérées comme indépendantes de notre pensée. Mais c’est là une difficulté inhérente au sujet,
(2) Ib., p. 97-08 (passage tiré de l’article Humanism and Truth
once more). (3) 1b., p. 68-69; cf. p. 63-64.
(4) 1b., p. 100; cf. p, 68.
(5) Tb., p. 92-05, et p: 192-103 (2°) article).
que l’humanisme signale sans l'avoir créée et que l'on pourrait écarter en éliminant tout dualisme essentiel (1). | EUR
Une solution de cette dernière sorte se trouve justement présentée dans une série d’articles contemporains de ceux que nous venons d'analyser, où James, sous le nom d’empirisme radical, expose pour la première fois sa propre Weltanschauung avec la précision technique d'un système (2). En même temps, chose singulière, nous y voyons reparaître une conception beaucoup plus stricte de la vérification. Dégageons de ces curieux articles ce qui intéresse plus spécialement la théorie de la connaissance.
James dénonce d’abord un postulat commun à toutes les épistémologies courantes, et que lui-même avait jadis accepté provisoirement : savoir, que l’opposition du sujet et de l’objet est fondamentale et primitive. En réalité, dans le donné immédiat, ces deux termes coïncident absolument. Une « expérience pure », prise dans son apparence première, ne peut être nommée ni objective ni subjective, n1 physique ni psychologique, ni double : c’est un événement simple, neutre, indifférencié. Après coup seulement, quand nous réfléchirons sur cette expérience, nous constaterons que nous pouvons l’envisager dans ses relations, soit avec cette suite d'expériences qui constituent la biographie d’un individu, soit avec cette série qui compose l’histoire de l’univers physique. A ce moment-là, rétrospectivement, nous concevrons cette expérience, soit comme physique, soit comme psychique : nous pourrons y voir, soit la connaissance d’un
2) Ess. in Rad. Emp., p. 4x.
objet, soit un objet connu, selon le contexte auquel nous la rapporterons (1).
La description précédente reproduit, en somme, celle que James avait donnée dès 1895 de la perception sensible. Mais à présent, par une innovation aussi naturelle que hardie, il étend cette notion de la connaissance immédiate bien au-delà de ce domaine. Souvenirs, images, complexes conceptuels se présentent eux aussi, de prime jet, comme des fragments d'expérience pure. Elles aussi, ces « expériences non*perceptuelles » peuvent être envisagées après coup, soit comme des objets, soit comme des états mentaux, suivant le contexte auquel on les associera. En dépit des préjugés courants, en effet, elles peuvent non seulement s'organiser avec l’histoire de chacun, mais encore se grouper entre elles de manière à constituer un monde objectif, soit le monde des choses rangées dans l’espace et le temps, soit le monde « idéal » de la logique et des mathématiques. Ici encore, un donné simple se dédouble rétrospectivement en un sujet et un objet, un représentant et un représenté. Mais objet connu et sujet connaissaht ne sont qu'un seul et même morceau d'expérience, après coup envisagé tour à tour dans son rapport avec deux contextes différents (2). | . .
Il n’en va plus précisément de même quand on passe à la connaissance représentative, —— celle à propos de laquelle se pose proprement le problème de la vérité. Ici une certaine dualité existe entre la connaissance et son objet, mais c’est la dualité de deux fragments d’expérience unis entre eux par une relation, elle aussi, toute empirique. À l’origine, le concept n’est rien qu’une
(1) Article Does Consciousness Exist ? chrome ib., v. en particulier, p. 9-15.
portion de l’expérience, semblable à toutes les autres portions : un nom, une image claire ou confuse, peu importe. Il ne possède point par lui-même le caractère de: connaissance, 1l reçoit cette fonction de certains phénoinènes extrinsèques. En nous laissant aller à la série de pensées et d’actions que la conception suscite, sommesnous graduellement conduits à une autre expérience — perceptuelle, celle-là — avec le sentiment d’une certaine direction suivie, d’un progrès continu et d’une intention finalement réalisée ? Nous attribuons alors à l’expérience initiale la qualité de connaissance ou plus exactement de « connaisseur » (knower), à l'expérience terminale, la qualité d’objet connu. La connaissance est faite par ce passage même : elle se ramène à une certaine « relation conjonctive » donnée entre deux expériences dont aucune, prise à part, n'offrirait un caractère cognitif (1).
Il faut avouer, cependant, que nous attribuons une valeur de connaissance à un grand nombre de concepts qui, en fait, ne nous ont jamais conduits de la sorte À une perception. James s'arrête sur ce point, qu’il avait négligé dans ses premiers essais, et l'explique en le rattachant à une particularité importante de notre expérience : le concept tend à devenir substitut de la perception. N’entendons point par là, comme a fait Taine, que l’idée remplace pour nous la perception impossible de qualités générales qui auraient cependant une existence réelle. La méthode pragmatique laisserait malaisément place à une hypothèse aussi fantastique (2). Le ‘concept est le substitut de cette autre expérience qu'est la perception elle-même. En effet, nos idées s’or-
(x) Ib., p. 52-61 (ou M. of T., p. 102-100).
(2) Cette différence n’a pas été indiquée par James lui-même.
ganisent en systèmes parallèles à ceux de la réalité. Par suite, un concept provoque des associations analogues à celles de la perception correspondante : il nous conduit par une autre voie aux mêmes termes. Or, la voie conceptuelle a l’avantage d’être beaucoup plus courte et de nous mettre en relation avec un plus grand nombre d'expériences « représentées » dans d’autres concepts. Dès lors, nous aurons tout intérêt à remplacer, partout où nous le pourrons, la perception par le concept ‘ correspondant. Par suite, dans bien des cas, nous n’exigerons pas la vérification complète. Nous ferons crédit à un concept si nous croyons simplement qu’il pourrait nous conduire à une perception ; et cette capacité, nous l’attribuons d’ailleurs à tout concept qui s’harmonise avec l’ensémble des vérités admises par nous. L/immense majorité de nos idées ne dépasse pas ce stade. Nous possédons bien une connaissance en pareil cas, mais une connaissance virtuelle. La connaissance actuelle et pleine, celle à laquelle le philosophe doit se référer comme au seul type complet, n’en reste pas moins la relation empirique que nous avons décrite d’abord (1).
La description de la connaissance que nous venons de présenter impliquait l'hypothèse que nos perceptions sensibles coïncidaient avec la réalité elle-même. Elle s’en tenait au point de vue du sens commun. Mais l’essentiel n’en subsiste pas moins si l’on croit que la réalité est chose différente de ces perceptions, comme l’analyse de celles-ci conduit à le penser. L'on suppose en pareil cas, par delà les perceptions sensibles des hommes, ua autre térme qui, s’il n'est pas perçu actuellement, est tout au moins conçu comme une expérience
(1) ss, in Rad. Emp.,'p. 61-69 (ou M. of T., p. 110-117).
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possible. Le même rapport existe alors entre ce terme et la perception sensible qui existait pour le sens commun entre cette perception et le concept : la perception est le substitut pratique de cet objet et nous conduit dans sa direction. De toute façon, il nous faut admettre certaines expériences, soit possibles, soit actuelles, dans lesquelles sujet et objet se confondent. Et une idée n’a un caractère de connaissance que dans la mesure où elle nous conduit soit à une telle expérience, soit dans son voisinage (1). |
Sur la portée qu’il attache aux analyses précédentes, James s’est expliqué sans ambages : leur intérêt capital, à ses yeux, consiste à établir que la nature de la connaissance peut se définir sans que nous ayons à quitter le monde de l’expérience. Le caractère propre de son empirisme radical est de soutenir que les relatiôns conjonctives sont données elles-mêmes dans l’expérience immédiate (2). Il importait surtout d'établir cette thèse à propos de la « relation cognitive », invoquée par les absolutistes à l’appui d’un système tout différent. La thèse en question est d’ailleurs celle que James avait déjà ‘soutenue en 1805 sous une forme très nette. Sans doute 1l l’associait alors à ce qu’il nommait la « philosophie idéaliste » (3); et maintenant, au contraire, il se prononce en faveur du « réalisme naturel » (4). Mais le contraste est entre les mots beaucoup plus qu’entre les pensées. Ce que James retenait, dès son premier article, de la tradition berkeleyenne, c'était l’idée que toute chose se ramène à l’expérience actuelle ou possi-
(1) E. in R. E., p. 73, 100-202 (ou M4 of T.; p. 73, 190-202). (2) E. in Rad. ED 42
(3). Psychological Review, vol. II, p. 106.
(4) E. in R:E.,1p. 76.
ble de quelque esprit (1) ; or, cette même idée subsiste au cœur de son empirisme radical. Ce qu’il rejette maintenant de l’idéalisme anglais, c’est simplement cette conception suivant laquelle un même objet ne peut être perçu en commun par différents esprits (2) ; or, dès 1805 il admettait implicitement la thèse contraire (3). Sur ce point relativement secondaire, 1l s'écarte peut-être de Berkeley ; dans l’ensemble, et consciemment, il continue la tradition du maître qui a le premier nié l’existence d’une dualité dans notre perception des choses (4).
Sur ce caractère empirique des relations envisagées par l’épistémologie, il y a d’ailleurs complet accord entre les articles consacrés à l’empirisme radical et le premier article relatif à l’humanisme (5). Sur un autre point, l’harmonie reste défectueuse. En 1904, James a exprimé côte à côte une définition de la vérité en termes de satisfaction et une définition de la connaissance représentative en termes de transition vers une expérience immédiate. Or, ces deux conceptions ne pouvaient rester longtemps isolées l’une de l’autre, d'autant que, sous le nom de « connaissance », James décrit exclusivement une connaissance vraie, et même vérifiée. En fait, dès 1905, les analyses faites du point de vue empiriste radical sont présentées comme caractéristiques de l’humanisme (6), que James, à ce moment-là, accepte résolument, et la définition de la
(1) PS. Rev., p. 106-107.
(2) ESMMNRNE "D Mr6E77
(3) Citons cette phrase dans le passage indiqué de l’article, où James définit le sens de thing : « It may be shared by all of us ».
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connaissance représentative est expressément donnée comme une définition de la vérité elle-même (1). Elle répond cependant à une idée de la vérification beaucoup plus stricte que la notion impliquée dans le premier exposé de l’humanisme : l’on ne voit guère, par exemple, comment elle accorderait une valeur probante à ces satisfactions d'ordre sentimental auxquelles on ouvre la porte toute grande lorsqu'on identifie la vérité d’une idée avec la somme de ses avantages. L'une de ces deux conceptions va-t-elle être définitivement éliminée au profit de l’autre ? C’est un problème que l’on s’attendrait à trouver résolu dans le livre consacré par James au Pragmatisme.
En fait, rien n’est plus déconcertant que ce célèbre et brillant ouvrage pour qui cherche une définition un peu ferme de la vérité. À première vue, la conception la plus lâche paraît bien l’emporter. Ce qui surnage dans la mémoire de la plupart des lecteurs, ce sont sans doute les formules utilitaires que James multiplie et qu'il rend plus frappantes que jamais : la vérité, c’est ce qui nous apporte la plus grande somme de satisfactions (2); c'est le nom de l’idée à laquelle il est bon, profitable de croire (3) ; ce n’est rien d’autre que l’avautageux dans l’ordre de la pensée (4). Loin d’être isolées, de pareilles formules semblent d’ailleurs ésumer touté une argumentation, fondée principalement sur la considération des différents types de vérités. James montre, en s'inspirant peut-être à sa façon