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autant le caractère logique de ce système. En outre, les deux procédés que nous avons distingués se rejoignent dans le travail concret de l’esprit humain. D’un côté, la vérification expérimentale tend à développer un certain usage de la déduction : car nous avons intérêt à atteindre des lois de plus en plus vastes, et le passage de celles-ci à des conséquences directement vérifiables exige tout un travail logique. La théorie physique, en particulier, témoigne de cette alliance étroite de l’expérience et du raisonnement. D'autre part, les propositions établies par les sciences hypothético-déductives sont destinées dans leur ensemble à recevoir une application empirique, et peuvent ‘très souvent en recevoir une. Il suffit que les hypothèses initiales soient réalisées pour que toutes leurs conséquences soient applicables. Or, ces hypothèses ont été choisies de façon à pouvoir être approximativement réalisées dans un grand nombre de cas. Les vérités logiques et mathématiques nous permettent donc de véritables prévisions concrètes et même les plus certaines de toutes : si tel corps est sphérique, je puis être assuré qu’il possèdera toutes les propriétés de la sphère. Aïnsi, l’interprétation de l’expérience nous amène à déduire, et la déduction doit finalement nous permettre de mieux analyser l’expérience (1). Considérons d’ailleurs la formule même qui place le signe de l’idée vraie dans la valeur de ses conséquences. Si l’on reconnaît qu'il doit s’agir de conséquences dérivant légitimement de l’idée, l’obligation s'impose à nous de discerner ces conséquences légitimes : par suite, la vérité déductive se soude naturellement à la vérité expérimentale. Tout ce que le pragmatiste a le
(1) L'on trouverait des considérations intéressantes sur les rapports de l'induction et de la déduction dans J. K. Miller, The Psychology of Thinking, ch. XX.