SCÈNE IL
Don GRÉGOIRE et Lb MImb.
Mar. Quelle bégueule de femme ! si on la laissait faire , elle ne ferait que bavarder et blesser tantôt l'un , tantôt l'autre.
D. Grég. Pardon , marquis , si je ne me suis pas rendu de suite auprès de vous ; mais une lettre....
Mar. Vous badinez! Au contraire, excusez, si je vous ai dérangé ; mais j'avais besoin de vous.
D. Grég. Je suis à vos ordres.
Mar. Depuis plusieurs mois, l'hypocondrie de mon fils Henri me donnait à penser ; mais , ce matin , lorsqu'il est entré dans mon appartement
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darmi il buon giorno , per verità Y ho veduto in uno stato che mi ha posto nella più grand' inquietezza.
D. Gre. Ne avete ragione.
Mar. E perché sta cosï ?
D. Gre. Perché?
Mar. Io non posso immaginarlo.
D. Gre. Neppur io.
Mar. Egli dice di non aver alcun maie : il medico assicura che egli non ha febbre.
D. Gre. Tant' è.
Mar. Se fosse un ragazzo lenuto con minor custodia , se non ci fosse in casa mia il rigore che v' è, vorrei pur sospettare 5 ma col mio sistema....
D. Gre. Perdonatemi , marchese , ma su questo punto io vi ripeterô quello che centinaja di volte vi ho detto. Voi chiamate ragazzi questi vostri due figli, e questi ormai nonlo son più. Il marchesino Enrico ha ventitrè anni , ed il vostro Pippetto ne ha diciannove compiuti.
Mar. Ebbene , cos' ha che far questo colla stato di salute di Enrico ?
D. Gre. Vi dira schietta mente, che il mio timoré è che questo giovane si sia dato air ipocondria, vedendosi nell 1 età sua tenuto
pour me souhaiter le bonjour, je l'ai trouvé dans un état qui vraiment nie cause la plus vive inquiétude.
D. Grég. Tous n'avez pas tort.
Mar. Mais pourquoi est-il de cette humeur ?
D. Grég. Pourquoi?
Mar. Je ne sais que penser.
D. Grég. Ni moi non plus.
Mar. Il dit qu'il ne se sent pas malade, et le médecin assure qu'il n'a pas de fièvre.
D. Grég. C'est pourtant vrai.
Mar. Si ce jeune homme était tenu avec moins de surveillance , s'il n'y avait pas chez moi toute la sévérité qui y règne , je pourrais bien soupçonner que. ... ; mais par. mon système. . . .
D. Grég. Pardonnez-moi , marquis ; mais quant à cela , je ne saurais que vous répéter ce que je vous ai déjà dit cent fois. Tous appelez vos deux fils des enfans , tandis qu'ils ne le sont plus du tout. Le marquis Henri a vingt-trois ans , et le marquis Pépin a dix-neuf ans.
Mar. Eh bien ! qu'a à faire tout ceci avec la santé d'Henri?
D. Grég. Je vous dirai franchement que je crains fort que ce jeune homme soit tombé dans cet état de tristesse, parce qu'il se voit tenu, à son âge,
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con tanta ristrettezza. Non avergli fatto mai vedere una conversazione , un teatro ; mai non averlo fatto parlare con alcuna donna....
Màr. Oh non mi parlate di donne!
D. Gre. Senza mai (per cosi dire) fargli metter il naso fuori di casa.
Màr. Questa non puo esser causa di tali effetti. E poi voi conoscete la mia maniera di pensare. Finchè i giovani non hanno venticinque anni almeno, non devono conoscere che la casa e lo studio. Guardi il cielo potessi sospettare in loro qualche cognizione o capriccio del mondo-, voi m'intendete (alterandosi) .
D. Gre. Non v' alterate. Sono dieci anni che mi trovo in casa vostra , ove io vivo senz' alcun onorario , per la sola antica amicizia che vi professo. Se conservo ancora il titolo di ajo de' vostri figli , lo fo per Y amore che porto ad essi. Voi dovet' essere oggimai persuaso délia mia onestà.
Màr. Si , ma le vostre massime....
D. Gre. Fate quello che vi piace , voleté tenerli sotterra , fatelo ; ma siate certo che i vostri figli faranno corne il cane che, se si laseia con prudenza libero e sciolto, cammina,
LE PRÉCEPTEUR DANS L EMBARRAS. l3
avec tant de sévérité. Vous ne l'avez pas encore produit dans la moindre société , jamais au spectacle ; il ne sait pas encore ce que c'est que de parler à une femme...
Mar. Je ne veux pas entendre parler de femmes. D. Grég. Sans jamais vouloir qu'il mette les pieds à la rue.
Mar. Cette cause n'a pu produire de pareils effets. En outre , vous connaissez ma façon de penser. Les jeunes gens , au moins jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, ne doivent connaître que le chez soi et l'étude. Heureusement je puis -dire n'avoir la moindre donnée pour soupçonner chez eux les idées , les malices de ce monde ; vous comprenez. ( Avec humeur. )
D. Grég. Ne vous fâchez pas. Voilà dix ans que je suis chez vous : j'y suis sans appointemens , par l'ancienne amitié que je vous porte. Si je conserve toujours le titre de précepteur de vos enfans , je le fais par l'attachement que j'ai pour eux. Vous n'êtes pas maintenant sans être persuadé de ma probité.
Mar. Oui , mais vos principes...
D. Grég. Faites à votre fantaisie. Voulez-vous les tenir cachés dans un souterrain? Faites-le ; mais persuadez - vous bien que vos enfans finiront par faire comme le chien qui , lorsqu'on le laisse pru-
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annasa , conosce e passa ; ma quando si tienc soverchiamente alla catena, se mai giunge a spezzar 1' uncino che lo tiene attaccato alla muraglia , corre, urta, addentaj e se s 1 imbatte in qualche letamajo, vi si ravvolge, vi s' imbratta , e fa peggio degli altri cani.
Mah. Siete un uomo che voleté aver ragione a forza di parole, e di princîpii alla moda présente. Io sono stato allevato cosi , e cosi voglio che erescano i mieî figli.
D. Gre. Dunque non vi lagnate se uno di questi perisce, e 1' altro, dotato di poco talento dalla natura, rimane un melenso, senza distinguere il sole dalla kina.
Mab. Orsù voi non mi persuaderete mai che questa sia la sola cagione del cattivo stato di Enrico. Don Gregorio , voi dovele in ogni maniera cercare di conoscer la causa che tiene mio figlio cosi turbalo. Io capisco che gl' incuto troppa soggezione, e ch' egli non l'arebbe forse a me le confidenze che pin naturalmentc paleserà a voi. Vi prego, occupatevi seriamente di questo. Da qualche giorno Enrico è più che mai mesto.
D. Gre. State pur quieto , tornci ô ad impiegaie ogni mezzo per iscoprire se vi fosse quai-
LE PRÉCEPTEUR DANS LEMBARRàS. l5
demnient libre et délié , flaire , reconnaît et passe outre ; mais si on le retient par trop à la chaîne , s'il parvient à arracher l'anneau qui le tient attaché au mur, court , heurte , mord ; et, s'il rencontre un fumier , il s'y roule , s'y vautre , et fait cent fois pis que les autres chiens.
Mar. Tous voulez toujours avoir raison , à force de paroles et de principes à la mode : j'ai été élevé ainsi, et je veux que mes enfans le soient aussi.
D. Grég. Alors ne vous plaignez pas si l'aîné dépérit , et si l'autre , doué par la nature de peu de talent , est resté ignorant , sans savoir distinguer le soleil de la lune.
Mar. Tous ne parviendrez jamais à me persuader que ce soit la seule raison du dépérissement d'Henri. Don. Grégoire > tâchez, je vous prie, de savoir le motif qui le tient dans cet état. Je veux croire que je lui inspire de la crainte , et probablement il ne me ferait pas les confidences qu'il n'aurait aucune difficulté de vous faire : veuillez vous en occuper sérieusement. Depuis quelque temps , Henri est plus triste que jamais»
D. Grég. Soyez tranquille , j'emploierai de nouveau tous les moyens possibles pour découvrir s'il
16 l ajo nell' imbarazzo.
che altra incognita cagione, ma- sin ora....
Mar. Don Gregorio , mi raccomando a voi.
Io esco di casa per fare una visita al ministro; sarebbe possibile che dovessi rimanervi a pranzo ; onde , se non son tornato aile tre , potete pure andare in tavola.
D. Gre. Va bene.
Mar. Vi raccomando quest' affare come il più importante pel mio cuore. ( via).
D. Gre. Quai pregiudizio hanno mai questi vecchi testardi di tener chiusi i loro figli sino alla meta délia vita, affinchè poi , quando escono al mondo senza esperienza di esso , vengano corbellati da qualche furbo, o attrappati da qualche scaltra ! Vero è perô che lo stato del marchesino Enrico fa compassione , ne mi riesce rinvenirne la vera causa. Basta, farô di tutto.... Intanto sentiamo che fa questo ragazzo stolido. Marchesino Pippetto , ( chiamando ) Pippetto !
SCENA III
Il marchese PIPPETTO c Dbtto.
Pip. Signor don Gregorio , che voleté?
D. Gre. Da quali camere venite?
existe chez lui quelque cause mystérieuse ; mais jusqu'ici...
Mar. D. Grégoire, je compte sur vous. Je sors pour une visite chez le ministre ; peut-être me retiendra-t-il à dîner ; ainsi , si je ne suis pas rentré à trois heures , vous pouvez vous mettre à table.
D. Grég. C'est bien.
Mar. Je vous recommande cette affaire comme une des choses qui me sont le plus à cœur. ( Il sort. )
D. Grég. Quel préjugé ont ces vieillards obstinés de tenir enfermés leurs enfans jusqu'à la moitié de leur carrière ! La conséquence est que lorsqu'ils débutent dans le monde , manquant d'expérience , ils sont la victime de quelque mauvais sujet ou d'une rusée. Ce n'est que trop vrai t l'état du jeune marquis Henri fait peine , et je ne saurais en deviner la cause. Enfin , je ferai tout au monde... En attendant , voyons ce que fait son nigaud de frère cadet. Marquis Pépin {appelant) , Pépin !