V. supra, chapitre I°", section II
de mal à démontrer que « le département n’a pas été dès son origine une création abstraite, arbitraire et sans fondement dans les réalités » (1) et que « les départements ont été divisés en tenant compte de la géographie, des traditions, des habitudes, des liens économiques, et même des préjugés. et des incompatibilités d’humeur » (2).
Allant même plus loin, il ajoute que la Constituante a conservé, que « c’est l’unité provinciale elle-même, qui a été découpée, et (que) pour la retrouver, il suffit de regrouper les départements. La Bretagne et la Normandie ont été découpées chacune en cinq départements; la Provence et la Franche-Comté, en trois » (3).
2° Le département est une circonscription trop étroite.
Une seconde critique adressée au département vise lPétroitesse de son cadre, ou plus exactement on lui reproche, tout en gardant ses dimensions sur la carte, d’être devenu trop petit.
La Constituante, en créant le département, a tenu à lui assigner une dimension définie à la fois par les nécessités de l’ordre public, et par les commodités des administrés : par ces distances périphériques à peu près équivalentes du chef-lieu, le département permettait dans le temps d’une journée de vingt-quatre heures, aux représentants du pouvoir central, de joindre les limites extrémes de leur juridiction et aux administrés de toucher le chef-lieu de leur obédience. Bien conçu à l’origine, le département a donc vieilli et n’est plus adapté dans un siècle où le progrès des moyens de communications a raccourci les distances.
Cette critique renferme à la fois une part de vérité et une part d'erreur.
Il est vrai que, pour certaines matières, le département se présente actuellement comme un cadre un peu étriqué.