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L'ÉPOQUE GALLO-ROMAINE

Au moment de la conquête par les Romains, il n’existait pas, en Gaule, de Gouvernement central groupant les diverses Cités en un vaste Etat. Pendant longtemps les

Romains se contentèrent d’établir, sur l’ensemble de la Gaule conquise, un réseau de vastes circonscriptions de surveillance destinées à garantir l’assujettissement du Pays. Le territoire de la Gaule fut ainsi partagé en quatre immenses circonscriptions dites provinces (la Narbonnaise, l’Aquitaine, la Lyonnaise et la Gaule-Belgique). A l’origine, la province n’était qu’une division territoriale de l'Empire, qu’un cadre d’action pour les agents de l'Etat chargés de la surveillance des cités qui la composent. Le Gouverneur placé à sa tête était le représentant de l'Etat Romain et son action en matière administrative ne se manifestait que dans la mesure où les intérêts généraux de l’Empire étaient en jeu. Dans cette organisation les cités conservaient une large autonomie sous le contrôle de tutelle d’un agent impérial, le curator rei publicae, dont le rôle, limité d’abord à conseiller les autorités municipales, tendit, à partir du III siècle, à le faire agir en leurs lieux et places. Ainsi, tandis que sur le plan politique, le régime de liberté relative du Haut-Empire faisait place au régime absolu du Bas-Embpire, sur le plan administratif les anciennes autonomies locales s’effaçaient devant le renforcement de la centralisation et le développement de l'administration. |

Sous le Bas-Empire romain, l’administration était minurtieusement organisée. Les institutions fonctionnaient dans des cadres territoriaux rigoureusement limités et chaque agent de l’administration avait une compétence qui lui était propre. L'Empire d’occident était divisé en deux préfectures du prétoire : l’une avait pour capitale Trèves et comprenait la Gaule dans son ressort. Celle-ci était divisée en deux diocèses : l’un des dix provinces septentrionales administrées par le Préfet du prétoire lui-même, l’autre des sept provinces méridionales administrées par un vicarius en résidence à Vienne. A la tête de chaque province était placé un Gouverneur. Tous ces magistrats étroitement hiérarchisés dépendaient directement de l’Empereur, qui les choisissait à sa guise et qui les changeait fréquemment de postes. Le Préfet du prétoire, par exem-

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ple, ne restait qu’une année en fonction. Il y avait ainsi un va et vient perpétuel entre les postes de provinces et ceux du gouvernement central, de façon à éviter que ces fonctionnaires ne prennent trop d’attaches dans le pays qu’ils administraient et de façon à les laisser en contact avec l’administration centrale.

Chaque province comprenait un certain nombre de cités (civitates) dont le curator rei publicae devint le véritable administrateur, les pouvoirs du Sénat municipal (curia) et des magistrats municipaux (duoviri) étant fortement diminués.

Cette solide architecture bien charpentée et bien articulée ne put survivre à la disparition de l’Empire romain. Des divisions administratives romaines seule subsista la civitas qui était d’ailleurs antérieure à la conquête romaine et qui reposait sur des précédents gaulois. Elle devint la base de l’organisation administrative franque sous le nom de pagus (pays).

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