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dépôt de lave de 15 pieds de puissance et sous des couches de sable fin et d'argile mélés à des couches de gravier, mesurant ensemble 200 pieds environ. Des savants compétents, je citerai parmi eux MM. Wright et Putnam, avaient accepté assez légèrement son authenticité; mais force a bien été de reconnaître qu'ici aussi on était en présence d’une fraude des ouvriers qui, dans l'espérance d’une forte récompense, avaient introduit la figurine dans le puits artésien qu'ils creusaient, et qu’elle avait été récemment fabriquée par les Indiens Pocatello campés dans le voisinage (1). Il reste à s'étonner que des maîtres de la science américaine aient pu supposer, même un instant, que si l'homme avait existé dans ces temps dont nous sommes séparés par une série incalculable de siècles, il fût déjà assez civilisé pour modeler la terre glaise et pour reproduire une figure humaine (2).
Nous re reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit (3) des nombreux mortiers, creusés la plupart dans des roches éruptives, trouvés dans les Comtés de Calaveras et d'Amador; il est évident qu’ils ont été entraînés par les eaux, et nulle conclusion ne peut sortir de leur découverte. La même méfiance s'attache aux instruments en pierre d’un travail très grossier provenant de Cow Creek (Colorado). On veut les faire remonter aux débuts du pliocène, peut-être même au miocène, à raison des coquilies qui les accompagnaient et qui caractérisent ces périodes. Tous les détails montrent que, comme les mortiers, les instruments ont été entraînés par les eaux ; dès lors, rien
ne permet de les dater. Pour en finir avec les découvertes
fausser :nt attribuées au tertiaire, disons encore que, selon Cope et Gilbert (4), des outils, des plus grossiers
(1) Science, New-York, 11 novembre 1892.
(2) M. Laing n'hésite pas à regarder cette figurine comme une preuve convaincante (4. c., p. 335 et passim). Aucune erreur ne saurait nous étonner de sa part; le sens critique lui fait absolument défaut et il ne cherche que le satisfaction de ses préjugés.
(3) Rev. des quest. scientifiques, juillet 1891.
(4) American Naturalist, 1889, p. 165.
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« breuses, ne remontent qu'au quaternaire inférieur, si
même ils remontent aussi haut ; et c'est une grave erreur de croire que la grossièreté du travail ou de la forme, sur laquelle on semble aussi s'appuyer pour dater ces dernières découvertes ou celles de Cow Creek, puisse justifier leur ancienneté, si elle n’est accompagnée d’autres preuves géologiques ou stratigraphiques. L'importance des formes a été singulièrement exagérée pour créer des divisions imaginaires, et, pour n’en donner qu'un seul exemple, on a trouvé sous les Kjôkkenmüddings du Nord et dans les carrières de stéatite du Far West, des outils se rapprochant de ceux que nous appelons chéléens et que nous regardons en France comme les plus anciens témoins de l’homme. Or tous les faits connus s’accordent pour classer dans le néolithique les Kjükkenmüddings et l'exploitation des carrières de stéatite.
L'Amérique du Sud n'apporte aucune découverte plus précise, aucun argument plus concluant. Sur la rive droite d’un petit ruisseau, appelé le Frias, à vingt lieues environ de Buenos-Ayres, Ameghino (1) a rencontré le nombreux fossiles humains, et avec eux des fragments de charbon ou de terre cuite, des ossements d'animaux brûlés, des pointes de flèche, des couteaux, des ciseaux en silex, des instruments en os. Parmi les ossements on recueillait ceux de plusieurs animaux de race éteinte; quelques-uns portaient des stries, des incisions, preuve évidente, nous dit-on, qu’ils vivaient autour de l’homme et qu'ils avaient probablement été ses victimes. Plus tard, M. Ameghino découvrait la demeure même de cet Américain des temps primitifs, et cette demeure assez étrange était la carapace d'un
(1) La Antiguedad del Hombre en el Plata, 2 vol. in-8°.
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