‹ Le préhistorique Américain [microforme]Chapitre 4 sur 10 · PEER, DS · texte numérisé non relu

PEER, DS

glaciers qui a laissé dans le nouveau monde tant de traces irrécusables, soit alors que ces grandes périodes de froid avaient pris fin, sous l'influence de conditions physiques, atmosphériques ou géologiques encore imparfaitement connues ? Un seul point restait acquis : les chiffres fabuleux donnés par Lyell, par Vogt, par tant d’autres savants à leur suite, sont évidemment exagérés et doivent être ramenés à ceux qu'enseignent les autres continents. Nous sommes assurément loin des 150000 ans de l’homme de Claymont, des 57 600 ans attribués au squelette de la Nouvelle-Orléans (1), ou même des 35 000 ans que Lyell donnait comme date aux érosions du Niagara.

Tel était l'état de la question, lorsque des savants nombreux, et à leur tête un chef éminent, le D’ Brinton, ont contesté l'authenticité des découvertes faites jusqu'ici, ou, pour parler plus exactement, ont émis des doutes sur l’âge que l’on prétendait leur assigner. Une réflexion s'impose à ceux qui n’ont d'autre souci que la vérité. L'incertitude est encore grande sur la plupart de ces découvertes annoncées avec tant de confiance, et une scrupuleuse prudence est nécessaire en étudiant ces faits, ceux surtout qui touchent à l’origine de l’homme, destinées qu’elles sont toujours à souiever de violentes passions.

Le D' Brinton (2), en rendant compte d’un ouvrage récent du Rev. professeur Wright, un des glaciéristes les plus renommés des États-Unis (3), résume ainsi ses impressions : Le professeur Wright croit qu’il existe des

(1) On a beaucoup parlé, de l’autre côté de l'Atlantique, où toutes ces questions sont à l'ordre du jour, de la découverte d'un squelette humain sur le rivage de la baie de Sarasota, au milieu d'un grès ferrugineux exposé à l’action de la mer. M. Heilprin croit ces ossements très anciens, parce qu'ils sont convertis en limonite; mais on n'a recueilli aucun fossile pouvant les dater; il convient donc de suspendre tout jugement. Boule, Anthropologie, 1891, p. 213.

(2) Science, New-York, 28 octobre 1892.

(3) Man and the Glacial Period, New-York, 1892. — Le professeur Wright est aussi l’auteur d'un livre trè< estimé : The Ice Age in North America.

reliques humaires datant de l’époque glaciaire : cela ‘est ‘possible, mais celnest Iloin d’être prouvé. Les graviers de

Trenton sont tout au plus post-glaciaires; le D’ ‘Carvil

Lewis, glaciériste aussi renommé que Wright, n’admettait même pas qu'ils remontassent aussi haut. Les pierres taillées sont-elles de l'âge des graviers ? C'est une seconde question à élucider. Malgré de longues recherches, 'le D’ Brinton n’a jamais pu en trouver une seule provenant de couches non remsriées; celles assez nombreuses qu'il a recueillies venaient toutes de la surface. Il faut donc de nouvelles découvertes et de nouvelles études avant que l'on puisse définitivement se prononcer sur l'antiquité des argillites de Trenton. Les graviers de l'Ohio ont donné au D' Metz et à M. Cresson ‘des instruments dus sans doute à un être humain. Nous sommes en présence de très habiles archéologues. leur affirmation est donc importante; mais peuvent-ils se prononcer avec la même compétence sur une question géologique, sur l’âge des graviers par exemple ?

Miss Babbitt a trouvé à Little Falls (Min: s5ota) des quartz travaillés ; le dépôt où ils ont été recueillis vient d’être soigneusement étudié par les membres du Bureau d'Ethnologie de Washington; ils ont été unanimement d'avis qu'il était relativement moderne (:). C’est donc une découverte à abandonner. Quant aux graviers de la Colombie, antérieurs à l’époque glaciaire elle-même, il serait vraiment étrange que l’on püût y rencontrer des preuves de l'existence de l'homme. Mac Gee et Holmes

rejettent sans hésitation les plus anciens outils qui pré-

sentent, dit-on, les traces d’un travail humain ; ces traces, disent-ils, sont impossibles à reconnaître. Quant aux outils en argillite, certainement travaillés, ils proviennent tous de dépôts plus récents.

(1) Il est juste d'ajouter que, dès 1887, M. T. H. J:ewis, après s'être rendu à Little Falls, avait reconnu que‘ces quartzites venaient de la sufface, et il les attribuait soit aux ‘Indiens, soit plus probablement encore aux Motimc Builders qui avaient précédé les Indiens dans ces régions.

ire : cela est s graviers de le D' ‘Carvil t, n’admettait

Les pierres ; une seconde echerches, !le ile provenant breuses qu’il | faut donc de les avant que ’antiquité des ont donné au us sans doute sence de très c importante; e compétence graviers par

in; ssota) des ecueillis vient es du Bureau unanimement C'est donc une raviers de la elle-même, il encontrer des ee et Holmes outils qui préin ; ces traces, e. Quant aux ls proviennent

après s'être rendu , de la surface, et il encore aux Motinc

Be à ne A Po ET vs

Dm |

PA 3 8 ter vid > ‘

de 19

. Brinton n’est pas moins explicite que je ne l'ai été moimême sur les découvertes faites en Californie. Celles ‘de Table Mountain, dit-il, remontent tout au plus à quelques siècles avant la conquête ; ‘et dans un appendice au livre

‘de Wright, le professeur Haynes, malgré l’intransigeance

de ses opinions sur la question, est lui-même forcé deïles abandonner. Quant à la figurine de Nampa, trouvée à 520 pieds de profondeur, c’est un joujou indien de fabrication récente, et la fraude aujourd’hui est parfaitement connue. Existe-t-il, demande M. Holmes (1) se rangeant à

l'opinion de Brinton, des preuves sérieuses de la présence

de l'homme en Amérique durant l'époque de l'extension des glaciers ? Existe-t-il des preuves que les grossiers instruments que l’on nous montre sont le produit du travail

humain? Sa réponse à ces interrogations est, on le devine,

négative. Si l’homme, dira-t-il encore (2), a vécu en Amérique durant la période glaciaire, les preuves que l'on donne à l'appui sont si peu satisfaisantes, si chaotiques, que les recherches, pour aboutir à une conclusion acceptable, doivent absolument être reprises à nouveau. — Dans

un numéro précédent de Science, il avait été plus explicite .

encore (3). Il niait que l’on eût trouvé en Amérique une seule pierre, datant du paléolithique, que l’on pût regarder comme une arme ou comme un outil. Prenons les pierres des graviers de Trenton, la preuve la plus importante que nous connaissions de l'existence de l’homme paléolithique. Holmes (4) nous dira que le plus grand nombre de ces

(1) “ Is there, dit Holmes, a sufficiently full and sound body of evidence 10 demonstrate the presence of glacial man in America? Is there any satisfactory evidence that the rude glacial finds in any case are implements at all? , Modern Quarry Refuse and the Pulrolithic Theory. Science, 25 nov. 1892. Voyez aussi Scrence, 10 mais 1805.

(2) Science, 20 janv. 1893.

(3) “ There is not in the Museums of Europe and America a single piece offlaked stone found in place in:the gravels of America and satisfactorily verified, that can with absolute safety be classified as an implement at all., Science, 2 nov. 1892.

(4) Are there Traces of Mah inthe Trenton Gravels? Jounn. or GRoLoëy, janv.-févr. 1893. — American GeoLoaisT, avril 1893.

es EL DE su Hi 4 AR DEEE me metiers TT

RE DO PE at ss

me —

LE

ol RE TE PS ren * PS le, 4e

# 5e , ë En Rd ai par | ji DA OT SE RS EE Rd An + 6 no TN RP RTE RS

PRET T: rire

pièces ne provient pas des graviers, mais bien dela surface. Quant à celles recueillies dans les graviers eux-mêmes, il les attribuerait volontiers aux Indiens, “ui auraient ainsi utilisé dés boulders d’argillite entraînés par les eaux. Une lettre (1) qui m'est adressée par M. Otis Mason, le Directeur du Smithsonian Institution, vient à l'appui de l'opinion de M. Holmes. Les autorités de la ville de Trenton, dans le but d'explorer les graviers, ont fait creuser une tranchée de 2000 pieds de longueur sur 40 de profondeur. On a retiré des milliers de pieds cubes de gravier, sans y rencontrer une seule pierre travaillée. On est donc fondé à croire que les découvertes du 1)' Abbott ne proviennent pas du dépôt originaire, mais que les intruments recueillis ont été charriés par les eaux du fleuve. « L’avenir, ajoute mon savant correspondant, amènera peut-être d’autres révélations qui contrediront toutes ies hypothèses avancées jusqu'ici. Cet avenir sera sûrement très intéressant. »

M. Holmes avance un autre argument, moins conciuant cependant qu'il ne semble le croire. Sur les rives du Delaware, à 25 miles environ de Trenton, sur un point nommé Point Pleasant (Bucks C° Pensylvanie), M. Mercer a relevé plusieurs gisements d’argillite, et tout auprès de véritables ateliers où l’argillite était travaillée, Les pièces inachevées, les rebuis et les déchets de fabrication ne laissent aucun doute à cet égard, et volontiers M. Mercer compare les ateliers de Point Pleasant à ceux si célèbres de Spiennes ou de Grime’s Graves. Un examen attentif montre que ces ateliers sont relativement modernes, et aussi que tous les types reconnus à Trenton s’y rencontrent. Mais les types paléolithiques, convient-il d'observer, ont traversé les siècles; ils sont ellement inhérents à l'intelligence humaine, qu'on les voit persister aujourd’hui encore chez les rares peuplades qui continuent à se servir

(1) 30 nov. 1892,

Protéines

de la surface.

eux-mêmes, “ui auraient par les eaux.

s Mason, le à l'appui de ille de Trenfait creuser o de profonde gravier, On est donc bott ne pro- ; intruments ive. « L’avera peut-être hypothèses très intéres-

ns concluant es rives du sur un point , M. Mercer xt auprès de . Les pièces rication ne M. Mercer si célèbres nen attentif 1odernes, et s’y rencond'observer, nhérents à aujourd'hui t à se servir

6 PET vi ar eses— ah TS Re ss

cmt pins

d'instruments en pierre. Ce qui serait autrement significatif et ce qui simplifierait singulièrement notre tâche, ce serait de trouver au milieu de paléolithes (1) incontestables un instrument néolithique, une hache polie par exemple. Jusqu’à ce jour, ce fait ne s'est jamais produit, ni à Trenton, ni dans les autres gisements que l'on regarde comme quaternaires.

M Mac Gee est plus vif encore : il prend à partie le professeur Wright, avec une acrimonie indigne de lascience(2). Choisissant le chapitre vnr du dernier ouvrage du Rev. professeur (Relics of Man in the Glacial Period), il relève les erreurs qu’il renferme. Les preuves sur lesquelles Wright s'appuie pour prouver l'antiquité de l’homme sur le sol américain sont au nombre de huit : 1° les argillites trouvés par Abbott à Trenton, 2° les paléolithes recueillis par le Dr Metz, à Madisonville et à Loveland (Ohio), 3° le paléolithe découvert par Hilborne Cresson à Medora (Indiana), 4° les silex provenant de New Comerstown(Ohio), 5° les quartzites de Miss Babbitt, 6° l’argillite de Claymont (Delaware), 7° le crâne de Calaveras et les différents produits de l’industrie humaine retirés des sables aurifères de la Californie (3), 8° la figurine de Nampa ({daho). Les six premières parmi ces découvertes témoigneraient de l’existence de l'homme dans l’Amérique du Nord durant l’époque glaciaire ou même à l’époque préglaciaire; par les deux autres, cet homme remonterait à l’époque tertiaire.

Le Rev. professeur prête singulièrement à la cri-

:(1) Nom donné par les Américains, et je crois aussi par les Anglais, aux instruments datant des temps paléolithiques. C'est un mot à adopter.

(2) American Anthropologist, janv. 1893. “ No question in Anthropology, dit-il, is more enticing than that of human antiquity and there is much writing upon the subject, some good, some bad. , Ilest à peine besoin d'ajouter que Ma” Gee comprend parmi les ouvrages peu dignes de la science le volume récemaent publié par Wright, Man and the Glacial Period.

(3) 11 convient de dire que dans l'ouvrage qui a fait sa célébrité (The Ice Age in North America), Wright émettait de graves doutes sur la valeur des découvertes faites en Californie. Aucun savant, écrivait-il, n'a vu les pièces in situ.

tique, il faut en convenir, en, confondant des décou: vertes probablement authentiques et dans tous les cas très défendables avec d’autres qui.sontde pures mystifications, et peut-être, en voulant trop prouver, dépasse-t-il le but qu'il se propose. Mac Gee l'attaque sans ménagement et: rejette toutes les preuves qu’il donne. Aucun des argillites de Trenton ne date du dépôt des graviers. Les paléolithes recueillis à Loveland (1), À Madisonville ou à Medora ne remontent certainement pas à l’époque glaciaire, cur des objets absolument semblables ont.été recueillis à la surface du sol.

M. Moorehead remarque à son tour que le D' Metz est le seul archéologue compétent qui ait trouvé dans la vallée de l'Ohio des traces de l'existence de l'homme paléolithique. Il. déclare qu'après des explorations prolongées durant des mois entiers, et les recherches les plus actives, il n’a jamais rencontré dans les graviers stratifiés des vallées une seule pièce portant les traces d’un travail humain, et que tous les objets qu’il a recueillis viennent sans exception soit de la surface du sol, soit des puits à cendres si nombreux dans la vallée du Petit Miami, un des affluents de l'Ohio (2). Cette déclaration sans doute est importante, mais elle ne saurait entraîner la conviction : de ce qu’un explorateur n’a rien trouvé, malgré des recherches intelligentes, il ne saurait s'ensuivre qu'un autre n’a pas été plus heureux.

Les fouilles de Jlolmes et de Winchell, continue M. Mac Gee, poursuivies avec persévérance, ont prouvé qu’il n'existait aucun dépôt de quartz ou de quartzite travaillé à Little Falls, et que les instruments trouvés pro-

(1) Le prof. Putnam, ajouterons-nous, a lui-même quelques:doutes sur le paléolithe trouvé à Loveland par le D" Metz; il ne l'accepte qu'àraison de sa ressemhlance avec d’autres paléolithes incontestablement quaternaires.. Cette ressemblance, à en juger par les photographies, est très contestable ; elle.ne

saurait d’ailleurs suffire, nous l'avons souvent répété, pour établir la contemn-:

poranéité. Comparison of Paleolithic Implements. (2) Science, 7 avril 1893.

Vins ST EE se M Pt de

De Re es AR

des découles cas très tifications, t-il le but agement et 8 argillites paléolithes Medora ne re, car des à la surface

le D' Metz ait trouvé istence de es explorarecherches es graviers ; les traces a recueillis ol, soit des 'etit Miami, | sans doute r la convicmalgré des aivre qu'un

}, continue

ont prouvé aartzite tra- 'ouvés pro-

s doutes sur le u'àraison de sa iternaires. Cette lestable ; elle.ne

ablir la contem-

venaient tous des couches supérieures, L'argillite de Claymont mérite à peine la discussion ; il ferait remonter l'homme à une antiquité inacceptable. Cette découverte aurait d'ailleurs grand besoin d'être confirmée. M. Mac Gee, qui a visité le terrain en compagnie de M. Cresson, n'admet pas que l'instrument, si instrument il y a — ce sont ses propres expressions — vienne du gravier colombien. À la suite d’une seconde exploration, M. Cresson reconnaît lui-même que les graviers. de Wilmington — c'est le nom qu’il propose de leur donner, à raison du voisinage de la ville de Wilmington — sont d’une formation plus récente que les graviers de Trenton, etqu'ils sont caractérisés par des mouvements tumultueux de nature à vicier toute conclusion (1). L'homme de Claymont est donc abandonné ou, pour mieux dire, sa grande antiquité n'est plus acceptée par ceux mêmes qui les premiers l'avaient fait connaître.

Nous ne reviendrons plus sur les prétenduesdécouvertes des côtes du Pacifique. L'opinion de M. Mac Gee est absolument conforme à celle du D’ Brinton et à la nôtre.

Ses conclusions sont des plus vives : « Le chapitre vin du travail de M. Wright, dit-il, n’est qu’un tissu de grossières erreurs. Les faits qu’il dit incontestables ne peuvent être prouvés, et sa publication, qu’il donne comme un expos’ ‘e la science américaine, est une véritable offense pour n :us tous » (2).

Ainsi donc, les plus célèbres découvertes de l’Amérique du Nord, celles qui paraissaient à l'abri de toute contestation sérieuse, il est si peu de temps encore, sont

(1) Lettre du 28 nov. 1892. :

(2) M. Holmes est plus modéré quoique non moins net dans sa critique. * Le professeur Wright, vigoureusement soutenu par M, Haynes, écrit-il, en reprenant la question des argillites de Trenton, ne prétend pas avoir personnellement retiré de ces graviers un objet travaillé par l'homme. Il ne sait donc rien par ses propres observations qui puisse corroborer la présence de l'homme en Amérique durant l'époque glaciaire, et je ne puis que le blâmer d'avoir écrit sur les seules opinions d'autrui et d'avoir accepté sans une juste discrimination leurs conclusions. ,

de nouveau soumises à la discussion et leur authenticité ou tout au moins leur ancienneté mises en cause. Voyons ce qu'ont à répondre leurs défenseurs si vivement attaqués.

Haynes (1) s’est montré un des plus ardents parmi eux. Il remarque avec raison que parce que Holmes n’a recueilli dans les graviers de Trenton aucun argillite portant les traces du travail de l’homme, il n'a pas le droit de conclure que d’autres n'en ont jamais trouvé avant lui. Le professeur Wright cite des savants très compétents, M. L. Carr du Peabody Museum, M. Dawkins, le professeur Whitney, qui ont visité Trenton et qui, plus heureux que M. Holmes, ont retiré des graviers, de leurs propres mains, des paléolithes encore in situ. Un autre argument de M. Haynes me paraît moins heureux. Il est certain, dit-il, que l’homme a vécu en Europe durant les temps paléolithiques ; pourquoi n’aurait-il pas vécu durant les mêmes temps en Amérique? Nous devons à priori le supposer. Quant à confondre des instruments travaillés avec des pierres roulées par les eaux et portant des incisures, des éclats produits par le choc d'autres pierres, nul archéologue digne de ce nom ne saurait le faire. Les arms ou les outils trouvés en Amérique présentent des formes parfaitement connues ; ils ne ressemblent nullement, aux pièces néolithiques dégrossies, préparées pour le polissage, puis abandonnées. Ces formes sont les mêmes que celles relevées sur les pièces provenant des graviers de la Somme ou des cavernes du midi de la France, accompagnées souvent des débris d'animaux de race éteinte. Mais M. Haynes aurait dû ajouter que ces débris, qui donnent aux découvertes européennes une importance incontestable, manquent généralement en Amérique!

Les conclusions du professeur Putnam (2) n’ont jamais

(1) ProcreniNes Bosron Soc. Nar. His, t. XXI. — The Fossil Man, PopuLar Science Monruey, t. XVII. — Screncr,8 février 1893. — Early Man in Minnesota, Science, 9 juin 1898.

(2) Paleolithic Man in Eastern and Central America, mai 1888,

authenticité use, Voyons vement atta-

s parmi eux.

s n’a recueilli e portant les droit de conavant lui. Le étents, M. L.

e professeur heureux que urs propres re argument est certain, t les temps durant les à priori le ts travaillés ant des incires pierres, le faire. Les ésentent des nt nullemeni es pour le ; les mêmes des graviers la France, ax de race > ces débris, importance rique.

V'ont jamais l Man, PopuLar Man in Minne-

RE

varié, et les savants attachés au Peabody Museum s’y rallient avec ardeur, Pour eux, les découvertes de ces dernières années montrent que l’homme a vécu dans la région qui s'étend du Mississipi à l'Atlantique, à une époque où le nord des États-Unis était recouvert par les glaces, qu’il vivait à côté du mammouth et du mastodonte, alors que la grande moraine terminale entre New-York et Trenton était à peine formée. Ces hommes à la tête dolichocéphale avaient été précédés sur le continent américain par d'autres hommes établis sur les côtes du Pacifique et dont on retrouve les traces en Californie. Le savant professeur se laisse entraîner, je le crains, par son enthousiasme, et il lui serait assez difficile de justifier ses dernières assertions par des preuves sérieuses. Pour notre part, nous n'en connaissons aucune.

Le professeur Wright, tout en maintenant avec énergie l'antiquité des reliques humaines recueillies sur divers points et en les présentant comme préglaciaires ou tout au moins comme interglaciaires, s'exprime avec une modération qui contraste avec le langage de ses adversaires. Dans une première lettre (1), il s'appuie surtout, pour corroborer les découvertes de Trenton, sur le paléolithe en argillite de New-Comerstown (Ohio). Il a été retiré d’une moraine glaciaire formée au débouché de la petite rivière Buckhorn Creek dans le Tuscarawas. Ce paléolithe, absolument semblable par la forme à nos outils chelléens, gisait dans la moraine à 15 pieds de profondeur, et il est aujourd'hui déposé dans une collection publique à Cleveland (2).

Pour le révérend professeur, aucun doute n’est possible soit sur le caractère glaciaire du dépôt, soit sur l'absence de remaniement. Tel a été, ajoute-t-il, l'avis de tous les

(1) Science, 3 février 1898.

(2) Dans la collection du Western Reserve Historical Society. — M, Wright reproduit la photographie de ce paléolithe dans son volume Man in te GHacial Period (pp. 252 et 253). 11 avait déjà résumé les circoristances de la découverte dans un travail précédent, The Ice Age in North America.

PRE D En

géologues qui l'ont visité. Il est vrai que, malgré de longut : recherches, on n’a jamais rencontré d'autre objet pouvant confirmer l'authenticité du premier. Cette découverte reste donc isolée et par cela même suspecte.

Dans une seconde lettre (1), M. Wright reprend la question. Il s'attache surtout aux découvertes faîtes dans l'Ohio; celles de Trenton, remarque-t-il, sont défendues per tant de savants compétents qu'il lui paraît inutile d'y revenir. M. Holmes prétend que le paléolithe de Madisonville a été retiré de l'extrémité du dépôt morainique, d'un point où les matériaux paraissent d'un caractère différent et ont dû être postérieurement déposés. Le fait est exact; mais la conséquence que l’on veut en tirer est bien improbable, car elle serait contraire à toutes Les 1ois qui régissent en Amérique les dépôts de cette nature. Quant à croire que le paléolithe a été entraîné soit par la chute d'un arbre, soit par la pousse des racines, ce sont là des hypothèses qui ne méritent pas que l’on s'y arrête un instant. La nécessité de recourir à de semblables arguments, ajoute le révérend professeur, montre la difficulté de résister aux preuves si évidentes que nous apportons.

Il me paraît moins heureux dans de nouvelles explications qu’il donne sur la découverte de New-Comerstown, et il ne répond rien de plausible à l'objection que le celt ou la hache, comme on voudra l'appeler, a été retiré non de la moraine même, mais bien d’un éboulis qui s’en est détaché il y a longtemps. Le fait de son origine reste donc incertain, et d'autant plus incertain que la collection de M. Mills, celui-là même qui l’a recueilli, renferme par milliers des pièces absolument semblables trouvées à la surface du sol. an

Pour le D' Abbott (2), il existe une école qui prétend

(1) Science, 14 mai 1893 ; Popular Science Monthly, mai 1893. — M. Haynes revient aussi sur celte question (Science, 26 mai 1893), mais il n'apporte aucun argument nouveau.

(S\ Science, 11 aovembre 1892; 3 mats 1898. - Le D’ Abbott a publié un

mms 77

malgré de ’autre objet ette découpcte.

reprend la faites dans it défenduss t inutile d'y de Madimorainique, n caractère sés. Le fait en tirer est utes les 1ois ette nature.

é soit par la nes, ce sont n s'y arrête lables argula difficulté s apportons.

Îles explicajomerstown, ue le celt ou etiré non de qui s'en est rigine reste la collection enferme par ouvées à la

qui prétend

Page 1