CARTE ARCHÉOLOGIQUE DE LA SUÈDE
ont habité les différentes parties de la Suède? a été Tobjet de plusieurs communications importantes, sans qu'on soit arrivé, cependant, à une solution bien positive. MM. Nilsson, Montelius, Rygh, Hildebrand, de Quatrefages, Worsaae, etc., ont pris successivement la parole.
M. Nilsson pense que les traces les plus anciennes de rhomme en Suède ont été rencontrées sur le littoral méridional de la Baltique, entre Vrelleborg et Falsterbo. Près de cette dernière localité, et se prolongeant aujourd'hui sous la mer, se trouve une tourbière, formée dans les eaux douces, et qui dénote l'existence d'.une terre réunie alors à l'Allemagne, dont elle constituait la limite septentrionale. Dans cette tourbière, se rencontrent des ossements de renne et des outil* de pierre qu'on peut considérer, suivant le savant archéologue, comme les vestiges les plus anciens de l'existence de l'homme en Scandinavie.
M. Montelius, relativement à cette question, a présenté une carte archéologique de la Suède; il distingue, dans l'âge de la pierre polie, quatre espèces de sépultures : les dolmens, les sépultures à galeries, les grands cercueils en pierre et les sépultures sous tumulus ; il en fait connaître la distribution, et démontre que les tombeaux de l'âge de la pierre polie, dans les provinces méridionales de la Suède, se trouvent principalement le long des côtes et des cours d'eau.
A l'appui de sa carte archéologique, M. Montelius met sous les yeux du Congrès un tableau synoptique de tous les objets de pierre trouvés en Suède, au nombre de plus de 37,000. Les outils de silex, plus nombreux que ceux de pierre dure, vont en diminuant au fur et à mesure qu'on s'avance vers le nord, et finissent par dis-
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paraître tout à fait. Dans ces contrées, deux peuples distincts paraissent s'être servis d'instruments de pierre. Le peuple du nord, d'origine lapone, fabriquait des outils en schiste noir, tandis que les populations du midi employaient principalement le silex.
M. Rygh ajoute qu'en Norvèo^e, les antiquités en silex sont très rares, qu'elles le deviennent de plus en plus dans le nord, et qu'on cesse absolument de les rencontrer vers le 65® degré de latitude. Elles sont alors remplacées par des instruments en schiste noir, en grès, de forme toute différente, ayant appartenu à un peuple distinct que .M. Rygh considère comme les ancêtres des Lapons. A ces objets en shiste, sont associés des instruments en os et en bois de renne, abondants surtout vers le cap Nord et au delà du cercle polaire. Ces antiquités, dit-il, sont particulières aux Lapons qui, au commencement de ce siècle, en étaient encore à l'âge de la pierre polie.
Envisageant la question à un autre point de vue, M. Hildebrand examine la distribution générale des dolmens dans l'Europe, et se demande si ces tombeaux, qui partout présentent un aspect à peu près identique, doivent être attribués à un peuple unique ou à différentes tribus ; il admet de préférence cette dernière hypothèse et pense que, si plusieurs peuples ont adopté une forme de sépulture à peu près semblable, c'est par suite de l'idée toute naturelle qu'ils ont eue d'imiter, pour le tombeau des morts, la demeure des vivants. Du reste, ajoute M. Hildebrand, si les dolmens les plus éloignés se ressemblent, considérés dans leur ensemble, ils diffèrent essentiellement dans les détails, et ces différences tendent à établir que ces sépultures sont l'œuvre de plusieurs tribus distinctes. Revenant aux dolmens de la Suède, M. Hil-