AMBRE JAUNE
debrand donne de précieux renseignements sur la forme des dolmens et des sépultures à galeries de la Vestrogothie et de la Scanie. Les animaux domestiques existaient déjà en abondance : dans un tombeau de la Scanie, attribué à cette époque, M. Hildebrand a trouvé le squelette entier d'un chien et de nombreux débris de bœuf, de cheval et de cochon, appartenant tous à des races domestiques.
A cette occasion, il a été donné lecture d'un mémoire de M. de Mortillet, qui vient confirmer Topinion de M. Hildebrand et conclut à la non-existence du peuple des dolmens. M. de Mortillet, que nous avons eu le regret de ne pas voir aux séances du Congrès, s'appuie non seulement sur les variations que présentent les dolmens, suivant la région où on les observe, mais aussi, et principalement, sur la diversité des débris humains trouvés dans ces monuments, et qui paraissent caractériser des populations bien distinctes.
Le dolmen, d'après M. de Mortillet, est une dérivation de la grotte sépulcrale. L'ensevelissement a d'abord eu lieu dans la grotte naturelle, mais les grottes devenant rares, on s'est misa creuser des grottes artificielles ; puis on en a fabriqué de toutes pièces avec des matériaux rapportés : ce sont les dolmens. Toutes les transitions existent donc, dit M. de Mortillet, entre les deux extrêmes, la grotte naturelle sépulcrale et le dolmen ; ce dernier n'est qu'une des formes d'un usage funéraire qui s'est répandu, de proche en proche, chez des peuples nombreux et divers ; il ne peut, par conséquent, servir à caractériser un peuple spécial.
La question du commerce de l'ambre jaune a occupé plusieurs séances du Congrès.
L'ambre est une substance organique fossile, de la
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classe des combustibles, et d'un aspect à peu près semblable à celui de la résine. On le rencontre, dans les terrains tertiaires inférieurs, en masses mamelonnées et noduleuses^ d'un volume très variable. L'ambre se taille à la manière des pierres précieuses ; il est cassant, d'une dureté médiocre, et peut cependant recevoir un beau poli. Aux époques du bronze et du fer, et même à l'âge de la pierre polie, on s'en servait pour fabriquer des perles, des bracelets et autres ornements.
D'où proviennent les bijoux d'ambre jaune, qu'on rencontre dans les dolmens et les sépultures antiques de presque toute l'Europe ? Cette question devait nécessairement être traitée au Congrès de Stockholm, car on sait que l'ambre jaune est abondant sur les côtes méridionales de la Baltique et celles de la mer du Nord.
Suivant MM. Stolpe et Wiberg, ces régions ont été dans l'antiquité les deux points de départ du commerce de l'ambre. A l'âge du bronze, il est déjà employé fréquemment en Suède, mais à l'âge de fer il devient d'un usage beaucoup plus fréquent. M. Stolpe cite la trouvaille de Jônkôping qui renferme environ deux cents pièces d'ambre. C'est vers cette époque qu'il a dû être transporté dans un grand nombre de pays éloignés, et notamment en Italie, à Marzabotto, à Villanova et chez les Etrusques. Ce n'est que beaucoup plus tard, suivant lui, que l'ambre originaire de Sicile a été connu, et il ne saurait être confondu avec celui qui provenait des rives de la Baltique. Les monnaies grecques recueillies dans la presqu'île de Sameland, la Baltia des anciens, démontrent que les Grecs de la mer Noire venaient s'approvisionner dans cette région. Des trouvailles grecques et romaines, échelonnées, pour ainsi dire, permettent de
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reconnaître les routes, que le commerce des régions du Midi avec celles du Nord, a suivies à diverses époques, tantôt par le Dnieper, tantôt par la Vistule, TOder et le Danube, et à une époque plus récente, après la conquête des Gaules, par Tembouchure de TElbe, le Rhin et le Rhône jusqu'à Marseille.
M. Capellini ajoute quelques détails intéressants sur Tambre italien : celui de Sicile, qui n'est pas certainement celui des nécropoles, est mentionné, pour la première fois, en 1639. Aldrovand cite, d'après Strabon, Tambre de Bologne ; il est vrai que cet ambre est inconnu de nos jours, mais il pouvait néanmoins exister, et peutêtre Tambre rougeâtre de Villanova et de Marzabotto était-il de l'ambre bolonnais. C'est à Felsina, d'après M. Capellini, que commencent à se montrer des morceaux d'ambre jaune, provenant incontestablement des régions du Nord. En résumé, le savant archéologue de Bologne croit que les Etrusques se sont d'abord servis de l'ambre qu'ils avaient chez eux, et que ce n'est que plus tard que leurs relations de commerce avec les peuples du Nord, leur ont procuré de l'ambre jaune, venant des bords de la Baltique. Suivant M. Pigorini, les ornements en ambre jaune ne se rencontrent pas en Italie avant l'âge du fer.
M. Cazalis de Fondoxice pense que le commerce de l'ambre existait en France longtemps avant l'âge du fer. Dans le trésor de Réalon, qui est de l'âge du bronze, M. Chantre, dit-il, a reconnu une perle d'ambre, et luimême, dans le midi de la France, à la Roquette, commune de Saint-Pargoire, département de l'Hérault, a recueilli plusieurs perles d'ambre dans une sépulture mégalithique, présentant par sa forme la plus grande analogie avec la Chambre des Géants de la Dordogne.
M. Gazalis n'hésite pas à rapporter cette sépulture à Tépoque des dolmens du midi de la France, à la fin de Tâge de la pierre polie, à Tépoque de transition de cet âge à celui du bronze.
M. Virchovv ne croit pas que les hommes de Villanova et de Marzabotto aient employé l'ambre italien ; ils se servaient de l'ambre jaune du Nord, qu'ils échangeaient contre des objets d'ivoire et de bronze ; le cimetière d'Hallstatt témoigne de ce double courant, et présente, associés à des objets de bronze italien de Villanova, une grande quantité d'ornements en ambre jaune de la Baltique.
Le développement de Vâcfe du bronze et de Vàffe du fer en Suède, et les nombreuses questions qui s'y rattachent, ont occupé plusieurs séances du Congrès. Quel est le chemin suivi par l'industrie du bronze ? Est-elle originaire de Scandinavie et s'est-elle répandue ensuite dans les régions méridionales ? Ou bien^st-elle venue du Midi pour s'implanter dans le Nord, s'y développer et y prendre un caractère spécial ? Question difficile, sur la solution de laquelle les avis sont depuis longtemps partagés, et que les discussions savantes du Congrès de Stockholm n'ont pas encore tranchée d'une manière définitive.
L'âge du bronze, considéré dans son ensemble, formet-il une époque bien nette, bien tranchée et parfaitement indépendante de l'âge du fer ? Peut-il se subdiviser en deux phases distinctes ?
M. Worsaae pense que l'âge du bronze est complètement indépendant de l'âge du fer, non seulement en Scandinavie, mais dans la France, dans l'Italie, dans la Grèce même. En Danemark, cette période se subdivise nettement en deux époques particulières, et il en est de même en Suède, suivant M. Hildebrand. Tous les bron-
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