‹ Le préhistorique en EuropeChapitre 35 sur 94 · AG£ DU BRONZE · texte numérisé non relu

AG£ DU BRONZE

zes de la première époque sont coulés ; ils sont très élégants, ornés de dessins linéaires et de spirales.

M. Chantre a retrouvé cette subdivision en France, et admet pour l'âge du bronze deux périodes difTérentes : la première est représentée par des trouvailles auxquelles on a donné le nom de trésors, et qui se rencontrent presque toutes vers les cols des Alpes. Les objets recueillis dans ces conditions sont d'origine étrangère ; ils ont à peine servi et démontrent, d'une manière évidente, que rindustrie du bronze a été importée d'Italie en France. La seconde période est caractérisée par des objets provenant de l'industrie locale, et qui sont la preuve que le travail du bronze est devenu indigène ; telles sont les palafittes du lac du Bourget, les nombreuses fonderies des vallées du Rhône, de l'Isère et du Jura, notamment la fonderie de Larnaud, qui offre une série des plus intéressantes d'ustensiles et d'outils de fondeur.

A l'appui de son opinion, M. Chantre fait passer sous les yeux du Congrès plus de quatre-vingts planches fort belles représentant les objets recueillis dans les stations qu'il vient d'indiquer, et signale les rapports qui existent entre plusieurs de ces objets du bassin du Rhône, et ceux de la Scandinavie.

L'avis de M. Bertrand diffère de celui de M. Chantre. Si, dans le Nord, l'âge du bronze se présente avec des caractères indépendants, avec une civilisation très nette et qui s'est prolongée pendant longtemps, il n'en est pas de même dans les régions du Midi. En Italie, c'est à peine s'il existe, à la base des terramares, quelques objets de bronze isolés ; partout ailleurs, en Grèce, en Gaule, en Suisse, la civilisation pure de l'âge du bronze est presque nulle, et se confond le plus souvent avec le premier âge du fer. A plus forte raison, M. Bertrand n'admet pas que G. Cotte AU. Le préhistorique. 10

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cet âge du bronze, si vaguement défini dans nos contrées^ puisse se diviser, comme le voudrait M. Chantre, en deux phases distinctes.

M. Gazalis de Fondouce est moins exclusif que M. Bertrand : il reconnaît que Tâge du bronze est quelquefois difficile à saisir dans le midi de la France ; cependant il existe, et, suivant lui, les grottes artificielles de la Provence appartiennent certainement à cette période.

Je citerai encore l'opinion de M. Desor, qui me paraît, dans l'état actuel de la science, le dernier mot de la question. « On a prétendu, a-t-il dît, qu'il n'y avait pas d'âge du bronze : oui, si Ton se place à un point de vue étroit et doctrinaire ; mais si l'on envisage les choses comme elles sont, on est forcé de reconnaître avec M. Chantre que telle forme, tel mode d'ornementation ne se sont produits qu'après tel autre,- et caractérisent par conséquent des étapes dans le développement de la civilisation du bronze. Ces étapes sont peut-être improprement appelés des âges, mais c'est un fait réel, et il faut un mot pour l'exprimer. »

h'àge da fer^ si largement représenté dans les antiquités Scandinaves, et dont les musées de Stockholm et de Copenhague nous offrent de si magnifiques séries, n'a occupé que peu de temps le Congrès. Déjà cette civilisation se rapproche des temps historiques. En Suède, des trouvailles de monnaies et de bijoux d'origines grecque et romaine, mêlés à des objets Scandinaves de l'âge du fer, nous montrent que la période préhistorique s'est prolongée, dans les pays du Nord, beaucoup plus longtemps que partout ailleurs.

Indépendamment des questions inscrites au programme, et toutes relatives aux temps préhistoriques dans 1:* Suède, plusieurs communications, concernant des sujet»

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