TRÉPANATION PRÉHISTORIQUE
caractère tout à fait mystique et se liait intimement à la trépanation posthume. Quand arrivait la mort d'un individu qui avait survécu plus ou moins longtemps à cette cruelle opération, on découpait sur son crâne, autour^ même de l'ouverture, des rondelles en os, véritables amulettes que se distribuaient sans doute les parents et amis du défunt, et qu'ils conservaient précieusement comme un préservatif. L'examen de ces rondelles démontre leur origine : elles sont, en effet, visiblement cicatrisées sur un de leurs bords, celui qui touchait à l'ouverture crânienne, résultat de l'opération chirurgicale, tandis que sur les autres côtés, les vacuoles osseuses sont vides et prouvent que les rondelles ont été détachées après la mort du trépané.
Quant aux rondelles retrouvées dans l'intérieur de quelques crânes, M. Broca pense qu'elles avaient été portées par le défunt pendant sa vie, et qu'après sa mort, ses parents n'ayant pas voulu l'en séparer, on les avait introduites dans son crâne. Il voit dans cet acte une idée mystique, religieuse, qui, suivant lui, est la preuve la plus ancienne que nous ayons de la croyance à une autre vie.
L'usage de la trépanation se rattache spécialement à l'âge de la pierre polie. Aucune trace n'en existe aux époques précédentes, mais cette coutume bizarre semble avoir survécu. Quelques crânes trépanés ont été constatés chez les Gaulois, et même chez certaines peuplades «auvages de l'époque actuelle.
Ces faits sont étratiges, assurément, cependant ils reposent sur des observations précises, concordantes, souvent répétées, et ne sauraient être révoqués en doute. Quant aux conclusions présentées par M. Broca, elles sont le résultat d'une hypothèse ; mais l'habile professeur
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les a exposées avec tant de logique que, sur le moment^ aucun des membres du Congrès n'a paru hésiter à les admettre. M. Virchow, président de la Société anthropologique de Berlin, a déclaré que jusqu'ici il était resté incrédule, mais que maintenant, après la communication qu'il venait d'entendre, il adoptait complètement les explications de M. Broca*.
M. de Pulsky a exposé ses idées sur Vâffe du cuivre, qui serait intermédiaire entre Tépoque de la pierre polie et celle du bronze. Un grand nombre d'objets en cuivre ont été recueillis en Hongrie ; plusieurs ont été analysés et n'offrent aucune trace d'étain. Ces objets, suivant M. de Pulsky, appartiennent à des types différents de ceux de l'âge du bronze : les haches ont une forme toute particulière, et se rencontrent associées à de grands pics qui rappellent ceux dont se servent aujourd'hui les mineurs.
M. Evans ne partage pas l'opinion de M. de Pulsky ; les quelques objets en cuivre pur, qui ont été signalés et analysés, se rattachent certainement à l'époque du bronze? L'étain n'existait pas en Hongrie, et lorsque celui qu'on importait devenait rare ou manquait tout à fait, on fabriquait, en cuivre pur, les instruments dont on avait besoin. Peut-être même, dans certaines circonstances, le
1. Dans ces dernières années, M. Cartailhac, dont la compétence en pareille matière est très grande, pense que la plu* part des perforations crâniennes ont été faites après la mort et ont eu simplement pour but de nettoyer intérieurement le crâne, afin d'en faciliter la dessiccation. On avait, suivant lui, l'habitude, comme cela se voit chez quelques peuplade» sauvages actuelles, de réduire les corps à l'état de squelettes et de les réunir ensuite dans de grands ossuaires, grottes bu dolmens.
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