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CERCLES DE PIERRE

hronze dans la Grande-Bretagne, Les types principaux de ce pays ont été décrits et figurés dans un album que M. Evans communique à rassemblée. Il fait observer que les haches plates ou couteaux-haches doivent être rapportés aux débuts de l'âge du bronze, car on les rencontre toujours mêlés à des haches en pierre polie. Il insiste sur les difTérences très grandes qui existent entre les objets trouvés dans la Grande-Bretagne et ceux qui proviennent de la Hongrie et de la Scandinavie. Les épées, par exemple, et les ornements qui les recouvrent sont d'un type tout différent et suffiraient pour démontrer que Tâge du bronze présente, dans la Grande-Bretagne, un faciès qui lui est propre.

M. Cazalis de Fondouce signale, dans la région des collines qui s'étendent au pied des Cévennes, sur les bords de la Vidourle, deux grands cercles de pierre ayant près de cent mètres de diamètre, dont l'âge et la destination sont inconnus. Au centre de l'un de ces cercles, se trouvent deux grandes dalles parallèles qui semblent avoir été les supports d'une table en pierre, dans le genre des dolmens. Trois ouvertures, parfaitement dessinées, donnent accès dans l'intérieur de ces enceintes. Les fouilles faites, soit dans les cercles, soit entre les dalles du milieu, n'ont produit aucun résultat. Peut-être ces enceintes ont-elles servi de lieu de réunion ; mais ce qui, dans cette hypothèse, s'explique difficilement, c'est leur proximité, car elles ne sont pas à plus d'un kilomètre de distance l'une de l'autre. M. Cazalis se propose de décrire prochainement, dans un travail spécial, ces curieux cercles de pierre.

M. Hildebrand ajoute qu'il existe en Suède, tout près de LunJby, dans la province de Gothembourg, une enceinte de môme nature, bien qu'un peu plus petite, éga-

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lement munie de quelques ouvertures. Elle servait, au moyen âge, aux réunions judiciaires du canton, et il est probable que cet usage remontait jusqu a l'époque du paganisme.

Citons encore un travail fort intéressant de M. Bataillard, présenté par M. Broca, sur Vorigine des TziganeSy, cette race de Bohémiens, si répandue dans la Hongrie^ au teint basané, à la physionomie étrange, aux caractères ethnologiques très nettement tranchés, et dont nous avons eu bien souvent Toccasion de voir les types curieux, soit à Pesth, soit dans nos différentes excursions. M. Bataillard pense que les Tziganes, qui n ont paru dans l'Europe occidentale que vers le xvi® siècle, sont arrivés bien auparavant dans TEurope centrale. Suivant lui, ce sont les derniers représentants de ces populations nomade» qui, venues de Tlndoustan, ont importé en Europe la métallurgie et Tusage du bronze.

Mentionnons, en terminant, une communication importante de M. Bertrand. Le savant directeur du musée de Saint-Germain expose un projet de carte de TEurope, sur laquelle sont marquées et distinguées les unes des autres, à Taide de teintes diverses : rose, jaune et vert» les antiquités de Vàge de là pierre polie^ de Vàge du bronze et du premier âge du fer. Des groupes et sousgroupes très nets sont ainsi formés, parmi lesquels M. Bertrand croit reconnaître, à côté des populations innommées de Tâge de la pierre, des populations de Tâge du bronze et du fer, auxquelles on peut tenter de donner des noms. Ce sont d'abord, parmi les populations du bronze, les Celtes, occupant, conformément aux données historiques et d'accord en cela avec la distribution des antiquités connues jusquïci, les côtes de la Méditerranée, la Suisse, la majeure partie des vallées des Alpes et

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VALKO 205

quelques points de la haute Italie. En second lieu, ce sont les Gain ou Galates, représentés par le groupe d'antiquités du premier âge du fer, dont le centre est placé sur les deux rives du Haut- Rhin, et qui s'étend jusqu'en Champagne et en Bourgogne, d'un côté, jusqu'en Bohême et en Hongrie, de l'autre, sans toutefois s'élever en Allemagne beaucoup plus haut que Mayence et la ligne du Mein.

Excursion à Valko et à Hatvan. — Cimetière contemporain de l'époque romaine. — Sépultures de Hatvan. — Course de chevaux. — Musique des Tziganes. — Excursion sur le Danube. — Sépultures de Erd. — Batta. — Réception du comte de Wémpfen. — Clôture du Congrès. — Institut géologique. — Ville de Pesth.

.Deux excursions ont eu lieu pendant la durée du Congrès :

La première avait pour but de visiter à' anciennes sépultures découvertes à Valko et à Hatvan.

De bonne heure, un train spécial nous conduisait à la station de GodoUo, sur la ligne de Pesth à Kassa. Environ 250 membres du Congrès, dont un grand nombre de dames, font partie de l'excursion.

Valko se trouve à 20 kilomètres environ de la station. Plus de quatre-vingts voitures, attelées chacunje de deux ou trois vigoureux chevaux noirs de race hongroise, nous attendaient à la gare. Rien de pittoresque et d'amusant comme cette longue file de voitures de toutes sortes : calèches, chars-à-bancs, longs chariots du pays garnis de banquettes, courant au galop sur un chemin montueux et |ouvent à peine tracé, au milieu des alluvions sablonneuses du Danube. Nous traversons d'abord une contrée

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assez monotone, des 'champs de maïs bordés d'acacias^ de maigres pâturages où paissent d'immenses troupeaux de bœufs, aux cornes longues et presque horizontales. Les pâtres qui les surveillent sont chaussés de hautes bottes, coiffés d'un chapeau noir à larges bords, vêtus d'une veste brune, sans manches, à boutons de métal, et d'un large pantalon de toile flottant, qui de loin ressemble à une longue chemise blanche.

On quitte la plaine pour entrer dans une région plus boisée, et nous arrivons bientôt sur remplacement d'un cimetière indigène, contemporain à peu près de l'époque romaine. Des fouilles ont été faites à notre intention ; les ouvriers travaillent encore et achèvent, sous nos yeux, de mettre au jour une sépulture. On reconnaît que le corps était enseveli dans la terre, sans encaissement d'aucune sorte, mais avec quelques objets qui suffisent pour fixer l'âge de ces sépultures. Les plus ardents d'entre nous se mettent aussitôt en recherche et recueillent une assez grande quantité de perles en, verre opaque, un vase en poterie rouge et de nombreux ossements.

Ces sépultures sont adossées à une haute colline, formée par les alluvions du Danube, et offrant, au sommet, des éminences régulières, sans aucun doute artificielles. Les ouvriers en ont ouvert plusieurs à l'intention du Congrès, mais rien n'a été rencontré qui pût fixer leur destination et leur âge.

L'heure s'avançait, et les voitures nous ramenèrent au plus vite à la station de Godollo, où se trouvait servi en plein air, sous des abris de feuillage, un excellent déjeuner champêtre.

Nous reprenons ensuite notre train spécial, qui nous arrête à Hatvan, petite ville de la province de Heves.

CIMETIÈRE DE HATVAN 207

Le préfet et Tévêque nous attendaient à la gare, pour nous souhaiter la bienvenue, et c'est au milieu des arcs de verdure, des drapeaux et des oriflammes, que nous gagnons, à deux ou trois cents mètres de la gare, remplacement des fouilles. Une foule considérable de paysans et de paysannes, venue des villages voisins, 8e presse sur nos pas. Que de types curieux à étudier ! Les hommes ont, comme toujours, leur veste noire brodée et sans manches, leur large pantalon de toile blanche et leurs grandes bottes ; les femmes ont revêtu leur costume de fête ; elles ne sont, pour la plupart, ni gracieuses ni jolies ; leur taille est petite, leurs traits sont anguleux et communs ; cependant leur jupon bariolé des plus vives couleurs, leur corsage brodé de galon d'or ou d'argent, le fichu qui leur couvre la tête, le châle épais qui, malgré la chaleur, se croise sur leur poitrine et se noue derrière la taille, leur donnent une physionomie particulière, et l'ensemble de cette foule, éclairée par un soleil splendide, est un de ces spectacles qui ne s'oublient pas.

Le cimetière à incinération de Hatvan est placé sur un petit monticule formé par les alluvions argilo-sablonneuses du Danube. Toutes les précautions ont été prises pour en faciliter l'étude aux membres du Congrès. Une barrière, qui le protège contre la foule des curieux, a été placée autour du cimetière. La couche superficielle de sable a été enlevée avec soin, et l'endroit occupé par chaque sépulture est marqué d'un petit drapeau ; huit ou dix emplacements sont ainsi désignés : on les partage par nationalité, et bientôt les ouvriers commencent leur besogne, sous la direction des hommes les plus compétents.

Dans chaque excavation, on ne tarde pas à apercevoir

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une quantité de vases de toute forme, de toute dimension, groupés les uns contre les autres, poteries noirâtres, grossières, à peine ornementées, mais souvent très élégantes. La plupart de ces vases, surtout les plus volumineux, enfouis depuis tant de siècles, se brisent lorsqu'on les dégage ; quelques-uns cependant, que Ton parvient à retirer intacts, renferment des ossements à demi consumés et parfois des ornements en bronze ou en fer. Dans chaque sépulture, se trouve, presque toujours au milieu, un vase de plus grande dimension que les autres, renfermant sans doute les ossements brûlés et les cendres du défunt ; les autres, plus petits et de forme très variable, étaient probablement déposés autour du vase principal par les amis du mort, comme un hommage rendu à sa mémoire.

Le coup d'œil que présente en ce moment le champ de sépulture de Hatvan est des plus animés ; il est occupé presque tout entier par les membres du Congrès. Quelques-uns d'entre nous se sont mis à Toeuvre et travaillent avec ardeur. Au milieu d'une sépulture, j'aperçois M. Evans, les bras nus, les mains couvertes de terre, le front ruisselant de sueur, dégageant un vase aux énormes dimensions : M™® Evans et ses deux filles, penchées sur le bord de l'excavation, complètent le tableau.

Pendant la durée de ces fouilles, intéressantes à tant de points de vue, la foule des curieux s'était encore accrue. Au milieu d'elle, pour la maintenir et nous servir d'escorte, circulent de nombreux cavaliers au costume pittoresque, montés sur ces magnifiques chevaux noirs, spéciaux à la Hongrie. Au moment de notre départ, à un signal donné, les cavaliers se réunissent et nous donnent, dans la plaine qui se déroule à nos pieds,

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EXCURSION A HATVAN 209

le spectacle curieux d'une course de chevaux à travers les champs labourés, divertissement d'un caractère tout local, accueilli par les cris et les applaudissements de la population.

La course de chevaux terminée, nous revinmes à Hatvan pour prendre part à un banquet qui nous était offert, dans le jardin de la gare, par la ville de Hatvan et le comté de Heves. Les toasts ne manquent pas : je n'en citerai qu'un seul, celui porté par notre compatriote, M. l'abbé Vallet, au clergé de Hongrie. Il eut beaucoup de succès et fut couvert des bravos les plus chaleureux ; je ne mentionne du reste ce toast que parce qu'il me fournit l'occasion de signaler un fait particulier à notre Congrès, c'est-à-dire le nombre relativement considérable de prêtres que nous comptions parmi nos collègues : ce jour-là, plus de quinze ecclésiastiques, ^vêques, abbés mitres, curés, jeunes abbés, faisaient partie de notre excursion. En Hongrie, le clergé catholique est très aimé et très populaire. Il doit cette popularité à sa tolérance, à son esprit libéral et patriotique, à son désir de se mettre au courant de la science et de ses progrès.

Pendant le festin, la musique des Tziganes n'avait cessé de se faire entendre.

Au sortir du banquet, une surprise nous attendait : paysans et paysannes se mirent à exécuter leurs danses nationales, tantôt très animées, tantôt molles et nonchalantes, ne ressemblant en rien aux nôtres. Cette musique tzigane a quelque chose de si entraînant que les membres du Congrès eux-mêmes se laissent séduire, et vieux comme jeunes, se mêlent aux danses hongroises, bientôt remplacées par la valse et le quadrille ; les jeunes abbés dansent comme les autres. C'est là, du G. CoTTEAU. Le préhistorique. 14

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reste, un usage très bien accepté en Hongrie, et, quelques jours après, dans la fête ofiferte au Congrès par la comtesse Hadik-Barkoczy, nous pûmes voir des abbés, ou pour parler plus exactement, de jeunes séminaristes avec leur soutane noire bordée d'un liseré bleu, danser et polker sous les yeux de leur évêque, qui n'en paraissait nullement surpris.

A Hat van, la soirée se prolongea longtemps. Heureusement, nous avions un train spécial, et, à dix heures et demie nous étions de retour à Pesth. La journée, constamment favorisée par un temps magnifique, avait été complète et aussi intéressante pour Tarchéologue que pour le touriste.

La seconde excursion avait lieu dans une tout autre partie de la Hongrie, sur les bords du Danube. Uij de ces grands et confortables bateaux à vapeur, qui servent à la' navigation sur le fleuve, avait été mis, par la ville de Pesth, à la disposition du Congrès. Comme à Texcursion de Hatvan, nous étions environ -250, et nous comptions ' parmi nous beaucoup de dames. Le temps était superbe au départ.

La ville de Pesth, au moment où on la quitte, en descendant le grand fleuve, forme un admirable panorama : à gauche, s'étendent des quais- animés, envahis par la foule, bordés de magnifiques hôtels au-dessus desquels s'élèvent les clochers dorés, des églises. Au fond, derrière le bateau, se dessine le nouveau pont en fil de fer, d'un aspect monumental, plongeant, au milieu des eaux, ses piles gigantesques; à droite s'étage la ville de Bude, que domine son vieux château ; en avant se profilent, également sur la droite, des rochers grisâtres qui bientôt s'éloignent des bords du fleuve et se perdent à l'horizon.

Sur le bateau, je fis plus ample connaissance avec

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