BAINS DE PORTENT! ANA
reusement le baron de Sina est mort, il y a quelques mois ; mais, dans son testament, il n'a pas oublié le Congrès, et il a laissé à Tun de ses héritiers, le comte de Wimpfen, le soin d'organiser la réception qui nous était destinée.
De grands préparatifs avaient été faits. Sur les bords du Danube, tout à coté des bains romains, on avait élevé des constructions en bois, décorées de verdure et de fleurs, et autour desquelles flottaient les drapeaux des différentes nations. Un véritable musée, avec ses vitrines renfermant tous les objets curieux recueillis dans la contrée, avait été installé. De longues tables étaient dressées sous le feuillage ; des cuisines, où rôtissaient des quartiers de bœuf et de chevreuil, avaient été improvisées ; l'emplacement destiné à la musique des Tziganes et aux danses nationales était prêt. De tous côtés, les paysans serbes et hongrois étaient accourus, revêtus de leurs costumes des grands jours.
Notre bateau s'approchait à toute vapeur ; nous allions débarquer, quand un orage épouvantable éclata ; pendant plus de deux heures, ce fut une rafale continuelle de pluie et de vent : les arcs de verdure, les drapeaux, les tentes furent en partie renversés. Impossible de descendre à terre ; force nous fut de prendre sur le bateau, entassés les uns près des autres, le festin pour lequel tant de préparatifs avaient été faits. Quel contre-temps, non seulement pour nous, mais pour ceux qui avaient organisé la fête, pour ces jeunes filles venues des villages voisins dans leurs plus riches atours.
Heureusement, vers le soir, le temps s'éclaircit ; nous pûmes visiter les bains romains, dont l'hypocauste avait été déblayé pour le Congrès, et le petit musée, qui renfermait une série de haches intéressantes, une collection
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de médailles et des poteries anciennes. Les paysans étaient revenus; un rayon de soleil vint bien vite ramener la gaîté ; la musique tzigane se fît entendre, les danses nationales commencèrent. Comme à Hatvan, les membres du Congrès ne tardèrent pas à y prendre part, et, quand nous revînmes à Pesth, il était nuit close et les quais étincelaient de mille lumières.
Le lundi 11 septembre, à une heure, a eu lieu la clôture du Congrès. M.Worsaae, M. Capellini, ont pris successivement la parole pour remercier le président, le secrétaire général, tous les membres du comité d*organisation et les communes qui ont reçu avec tant d'empressement le Congrès, dans ses diverses excursions.
A son tour, le président, M. de Pulzsky, avant de clore la séance, a adressé à l'assemblée, dans un langage sympathique et ému, quelques paroles d'adieu accueillies par d'unanimes applaudissements. « Votre Congrès, comme ceux qui l'ont précédé, a-t-il dit, vous a fait faire un pas en avant dans le domaine de la science, mais ce qui est plus précieux pour nous, c'est qu'il a noué des liens qui, je l'espère, ne seront pas rompus par le départ ou la distance. Recevez l'expression de gratitude des savants hongrois pour votre visite, qui sera le commencement d'une époque nouvelle dans les études préhistoriques de notre pays, et souvenez-vous quelquefois de vos amis de Hongrie ! »
La réussite du Congrès de Budapesth a été complète : l'intérêt des questions discutées dans les séances, l'attrait tout particulier des excursions si bien organisées, les réceptions, les fêtes qui nous ont été offertes, ont rendu cette session tout à fait digne des précédentes.
Pendant les douze jours que j'ai passés à Pesth, le temps, en dehors des séances et des excursions, a été
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