‹ Le préhistorique en EuropeChapitre 6 sur 94 · CHAPITRE TROISIEME NORWICH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME NORWICH

Ressemblance des races préhistoriques avec les peuplades sauvages. — Le» pierres levées de Stonehenge. — Rochers sculptés. — Silex taillés dans la forêt submergée de Barrestupe. — Kjœkkenmœddings. — Distribution actuelle des races humaines. — Fabrication des instruments de pierre dans les temps préhistoriques. — Visite à la collection de feu Christy. — Excursion à Stonehenge

Le Congrès de Norwich (Angleterre) était présidé par sir John Lubbock, déjà connu pour ses beaux travaux sur les sciences préhistoriques. Dans son discours d'ouverture, le président a jeté un coup d'œil d'ensemble sur les sciences qui font l'objet de ses études, et fixé à larges traits les grandes époques qui partagent les temps préhistoriques, en insistant sur les caractères spéciaux qu'elles présentent en Angleterre.

Parmi les nombreuses communications qui ont été faites au Congrès, je citerai seulement quelques-unes des plus intéressantes.

M. Tylor, comparant les races préhistoriques auxjoeuplades sauvages actuelles, a cherché à démontrer combien sont nombreux les points de ressemblance qui existent dans les mœurs, les coutumes, la manière de vivre, l'industrie. Poussant plus loin cette comparaison, M. Tylor retrouve la même analogie dans les croyances religieuses et les rites funéraires.

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STONEHENGB 29

Les sauvages actuels honorent leurs morts en déposant près d'eux les objets qui leur ont servi pendant leur existence. N'obéissent-ils pas aux mêmes idées que les peuplades préhistoriques qui enterraient auprès des cadavres de leurs chefs des bijoux, des instruments et même des aliments qu'on retrouve dans les tumuli ? L'homme agissait sans doute, à ces époques reculées, comme il le fait encore aujourd'hui, afin que l'esprit du mort pût avoir ces objets à sa disposition pendant la nouvelle vie qui allait commencer.

Une discussion intéressante s'est engagée à l'occasion de l'origine et de la destination des pierres levées^ M. Stuart les considère comme des monuments funéraires ; les grands et les petits cercles de pierre ont dû avoir la même destination, comme les grands et petits tombeaux.

Les cists, tombes faites de dalles de pierre, découverts dans l'Aberdeenshire et le Rosshire, renferment des squelettes, des urnes, des ossements calcinés et des fragments de silex. Partout en Ecosse, dit-il, on trouve des exemples d'incinération des corps dans les cists isolés et dans les groupes d'urnes, ce qui prouve que cet usage funéraire s'est longtemps continué. Tel n'est pas l'avis de M. Lewis. Suivant lui, les pierres levées qu'on rencontre dans la vallée deWhite-horse, en Berkshire, disposées en lignes irrégulières sur six cents yards de longueur et trois cents de largeur, rappellent les alignements de Carnac et des Sheetlands, et, lorsqu'on considère la ressemblance qu'offre leur disposition avec celle des pierres plus petites qu'on emploie dans l'Inde pour les sacrifices, on a peine à comprendre que ces deux ordres de monuments puissent être l'œuvre de deux races complètement étrangères l'une à l'autre, et avoir eu deux destinations différentes.

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