CADIX
^t surtout de Vespada; mais ce qui ma frappé, c'est <;ette foule si impressionnable, si ardente dans ses manifestations, c'est l'aspect de cette vaste arène remplie de monde, éclairée par un soleil splendide et laissant voir à l'horizon, par une brèche qu'on aurait dit faite exprès, la haute tour.de la Giralda dont les fenêtres mauresques, découpées à jour, se détachent si nettement sur l'azur du ciel I
Rien d'intéressant comme une promenade faite au hasard, dans les rues de Se ville. Les palais anciens, les constructions élégantes, attirent à chaque pas l'attention. Presque toutes les maisons possèdent un joa^io; c'est une cour intérieure entourée de colonnes, rafraîchie par des fontaines d'eau vive, garnie de plantes rares, de statues, de tableaux et de meubles précieux, recouverte d'un vélum qui la protège du soleil, et fermée du côté de la rue par une grille en fer, ouvragée avec art et toujours très variée dans la disposition de ses ornements. En été, les habitants passent toute leur journée dans cette partie de leur demeure; le soir, \e patio, éclairé par des lustres et des lanternes de couleur, sert de salon de réception.
Je serais volontiers resté quelques jours de plus à Séville, mais notre temps était compté, et il fallait partir. Avant d'arriver à Lisbonne, je désirais visiter encore trois villes, Cadix, Grenade et Malaga.
Cadix est à quatre heures de Séville : le chemin de fer traverse de beaux vignobles, passe devant Jerès, puis «'engageant sur une étroite bande de terre que la mer borde à droite et à gauche, atteint le promontoire rocheux sur lequel la ville est bâtie. Cadix, avec son ciel bleu d'une inaltérable pureté, ses jolies promenades, ses jardins plantés d'orangers et de palmiers, ses rues droites,
ouvertes souvent sur la mer à chacune de leurs extrémités, ses maisons blanches, ses balcons garnis d*arbustes et de fleurs, offre un aspect des plus séduisants» C'est une ville de plaisir, cosmopolite, presque moderne, et qui passe pour une des plus agréables de l'Andalousie,
A Grenade^ nous retrouvons partout, comme à Séville et à Gordoue, les traces de la domination arabe. La situation de la ville est délicieuse: d'un côté, s'étend une plaine fertile couverte d'une végétation luxuriante ; de l'autre, s'élève le massif imposant de la Sierra-Nevada, dont les cimes neigeuses étincellent au soleil. Traversée par les eaux torrentueuses du Darro, Grenade s'étage sur trois collines ; celle du milieu, la plus haute, est occupée presque tout entière par les vastes constructions de VAlhambra, cet antique et splendide palais dçs rois maures, et par les jardins du Généralife, qui en sont la dépendance.
Une route ombreuse, rafraîchie par des eaux limpides qui descendent en cascades, bordée d'arbres séculaires dont les branches s'entre-croisent et forment une voûte impénétrable au soleil, conduit au palais, par une pente assez rapide. La première impression que j'éprouvai, en arrivant, fut presque une désillusion. J'avais devant moi de hautes tours massives, des murailles de briques sans caractère architectural; à l'intérieur, ce fut à peu près de même; rien de monumental et de grandiose, point de perspective, point de coup-d'œil d'ensemble* Mais que de détails merveilleux et admirablement conservés ! Gomme ces salles, ces galeries, ces cours intérieures sont intéressantes à parcourir I Que d'ornements variés et d'un effet ravissant! Ici, c'est la salle des Ambassadeurs, la plus grande de toutes: le plafond, en bois de cèdre, est fouillé avec un art infini : les murailles
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