MALAGA
grandiose. Au milieu du tunnel de Tajo, s'ouvre une crevasse dont les parois s'élèvent à une hauteur vertigineuse et plongent à plus de 25 mètres sous la voie ; au fond, gronde le Guadalhorce ; un pont, de 40 mètres de longueur, traverse cette crevasse: c'est splendide et effrayant à la fois !
A partir d'Alora, le massif montagneux s abaisse. Il existe bien encore quelques tunnels, quelques profondes tranchées, quelques pont jetés sur la Guadalhore ; mais on atteint bientôt la plaine fertile, verdoyante et admirablement irriguée, qui conduit à Malaga.
Essentiellement commerçante, Malaga est surtout remarquable par son climat presque tropical, quia permis, dans ces derniers temps, d'y cultiver la canne à sucre. La ville est animée. Ses rues, bien qu'étroites, à cause de la chaleur, sont remplies de monde, garnies de magasins et éclairées jusqu'à une heure avancée de la nuit. Les promenades sont ravissantes et plantées, ainsi que les jardins publics, de bananiers aux larges feuilles, de palmiers, de pandanus, etc. La cathédrale, de l'époque de la Renaissance, mérite d'être visitée; la façade, notamment, est d'un beau caractère. La Guadalmedina traverse la partie basse de la ville, avant de se jeter à la mer. Son lit, complètement à sec à cette époque de l'année, servait de route aux piétons et même aux voitures.
De Malaga, je me rendis d'une seule traite à Lisbonne, passant seulement la nuit à Gordoue, où l'on prend, au lever du jour, l'embranchement de Belmez qui rejoint, à la station d'Almorchon, la voie de Madrid à Lisbonne. Le chemin de fer s'élève rapidement sur les contreforts abrupts de la Sierra-Morena^ traverse plusieurs tunnels et des ponts d'une grande hardiesse; bientôt on jouit d'une vue splendide et d'une très grande étendue sur la
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campagne de Cordoue et sur la ville entière, qu'on domine d'une altitude de plus de 300 mètres. C'était un dernier regard jeté sur l'Andalousie, que nous avions parcourue bien rapidement, mais dont nous emportions» cependant, un souvenir charmant et ineffaçable.
La voie s'engage de plus en plus dans les gorges de la Sierra-Morena et atteint, au point culminant, l'altitude de 578 mètres ; puis elle s'arrête à Belmez, célèbre par ses mines de fer, de cuivre et de houille. Le bassin houiller, notamment, est d'une grande richesse et très largement développé. Ce qui en rend l'exploitation plus facile et profitable, c'est que le charbon affleure le sol et est extrait partout à ciel ouvert.
Nous étions au 18 septembre : deux jours seulement nous séparaient de l'ouverture du Congrès d'Archéologie préhistorique de Lisbonne qui, dans ce voyage, était mon principal objectif. J'avais pris pour m'y rendre le chemin des écoliers, mais je tenais essentiellement à être exact au rendez-vous. Je n'avais pas de temps à perdre, je brûlai Mérida et Badajoz, et le 19 septembre, à 6 heures du matin, j'arrivais à Lisbonne. Une heure après, j'étais parfaitement installé à V Hôtel central. De mes fenêtres, je dominais le Tage, sillonné de bateaux et tellement large en cet endroit, que la rive opposée se distinguait à peine.
Séance d'ouverture. — M. Ribeiro. — Excursion à Otta. — Silex présumés tertiaires. — Excursion de Mugem. — Kjœkkenmceddings. — Cûscaès. — Cintra. — Château de la Penha. — Fête à Cascaès. — Excursion géologique.
La séance d'ouverture du Congrès a lieu, à dix heures»