ROBENUAUSIEN. — POTERIES ET PARURES
§ 1. Poteries. — Dans tout l’ouest de l’Europe, du midi au nord, la poterie n’apparaît qu’avec l’époque robenhausienne. Il n’y en a pas trace dans les époques précédentes. C’est donc une importation.
Les poteries robenhausiennes sont généralement en terre assez grossière, pourtant on en rencontre en terre relativement fine. Ce qu’il y a de singulier, c’est que les plus laides, tout comme les plus belles poteries, proviennent des sépultures, sans se mêler pourtant. Elles sont toujours localisées. Ainsi les sépultures mégalithiques
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du Morbihan fournissent les poteries les plus fines (Musée préhistorique , n°* 531, 532), sans mélange d’éléments grossiers. Gela se conçoit très bien dans des monuments aussi grandioses. 11 en est de même des poteries sépulcrales du Danemark (n0s 526, 528), du Hanovre et des régions voisines (n° 530). Au contraire, dans le centre de la France, la Vienne, les Deux-Sèvres, Seine-et-Oise, Seineet-Marne, Marne, etc., des monuments non moins grandioses, dolmens et grottes artificielles sépulcrales, n’ont donné que des vases très irréguliers et à pâte fort grossière (Musée, iv 5 523, 524). Ce fait ne peut s’expliquer qu’on admettant que ces poteries grossières n’étaient que des simulacres, de simples vases votifs, tandis que les autres étaient des vases de luxe.
Les vases, surtout les plus grossiers, ont souvent leur face extérieure fendue ou plutôt gercée. Pour éviter autant que possible ces gerçures de dessèchement, on introduisait dans la pâte des graviers ou mieux encore de la pierre triturée. Ces fragments pierreux étaient parfois du spath calcaire et plus souvent encore des débris de coquilles d’unio ou moule de rivière.
Les vases ont tous été façonnés à la main, sans le secours du tour à potier, aussi sont-ils peu réguliers. On les a fait cuire à l’air libre, d’oii il résulte qu ils sont mal cuits. Les parois extérieures seules sont rouges, l’intérieur des cassures est toujours noir.
Quant à la prétendue cuisson au soleil, c’est une de ces naïvetés qui font leur chemin, grâce à la légèreté et à l’inattention de ceux qui les répètent. Le soleil, quel qu’il soit, dans nos pays surtout, peut bien sécher de la terre, mais la cuire jamais ; sans quoi tout le sol se transformerait en brique. Ce serait joli.
Les bases sont généralement peu larges. Beaucoup de vases même n’ont pas de base ou pied. Ils sont arrondis
en dessous (Musée préhistorique, nos 525, 526, 530). Évidemment, ils étaient faits pour être posés dans des creux ou pour être suspendus. Ce sont des imitations de l'œuf. On a même rencontré des coupes ou tasses qui ressemblent exactement à une calotte crânienne humaine qui aurait été sciée au pourtour (n° 522)
Les vases très grossiers des sépultures, dont il est question plus haut, affectent généralement la forme du pot à beurre ordinaire (n° 523).
Un Lype très caractéristique des vases fins est la forme en tulipe ou en grand gobelet, se rétrécissant un peu au milieu et s’élargissant à l’ouverture (Musée, n3 531). Ce type, très commun dans le Morbihan, se retrouve en Angleterre, dans le Hanovre, en Bohème, en Hongrie, en Sicile et en Portugal.
Les poteries sont plus ornées dans le Nord, Angleterre, Hanovre, Scandinavie, qu’en France. Les ornements du nord consistent en empreintes profondes, formant des groupements de lignes et des motifs variés. Dans le Morbihan, ce sont des rubans ou zones et des dents de loup, presque toujours tracés, quadrillés et hachurés au pointillé (Musée, nos 537 à 540).
Les poteries usuelles sont généralement tout unies. Elles portent pourtant, parfois, un semé de coups d’ongle produisant autant de petits croissants (n° 534). L’ornementation la plus ordinaire dans les grands vases est une série d’impressions, faites le plus souvent avec le doigt. Ces impressions forment une couronne autour du cou du vase et mieux encore constituent une espèce decrénelagc tout au pourtour de l’ouverture (n° 535).
Les véritables anses, assez largement percées pour passer un doigt, sont exceptionnelles. Les anses sont presque toujours représentées par de simples petits mamelons horizontaux, souvent percés d’un trou de part en
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part. Parfois aussi les mamelons percés, au lieu d’être horizontaux, sont perpendiculaires. C’est dans ces trous que passaient les cordes destinées à suspendre le vase.
Quelques poteries spéciales sont à signaler ; par exemple les cuillères. On en trouve en terre cuite tout à fait semblables aux cuillères actuelles en bois ou en métal. Il en a été recueilli un certain nombre de ce genre au camp de C h assey (/I/wsee^reA fstar/ç'we , n° 5 33 ) . Il y a va i t au ssi d ’au t res cuillères beaucoup plus grandes, de véritables poches.
Certaines lampes en terre cuite (n° 544) sont très voisines de ces poches, mais elles ont plus d’épaisseur et un manche plus court et plus trapu.
La terre cuite servait également à fabriquer des poids coniques, percés au sommet, destinés à faire tendre les tils de la chaîne sur les métiers à tisser (n° 603).
Enfin, on fabriquait aussi, en terre cuite, des espèces de rondelles (n° 604), perles ou boutons, au pourtour arrondi, percé d’un trou assez large au centre. Ce sont des volants ou pesons de fuseau. On les nomme fusaïoles, mot qui a été emprunté aux Italiens. Ces fusaïoles à partir du robenhausien deviennent fort abondantes et leur emploi se prolonge pour ainsi dire jusqu’à nos jours. Dans les premiers temps, il y en avait beaucoup en pierre (n° 603). Quelques personnes ont pris à tort les fusaïoles pour des grains de collier ou des objets de parure.
§2. Parures en coquilles. — Les coquilles marines étaient très recherchées comme objet de parure. Dans la sépulture de Cro-Magnon, on a trouvé tout un collier en Litlonna liltorea , coquille de 1 Océan. Le squelette des Baoussé-Roussés, qui est dans la galerie d’anthropologie du Muséum de Paris, avait la tète couverte d’une coiffure garnie de Nassa neritæa, petite coquille très brillante de la Méditerranée.
En 1849, on découvrit, aux portes de Dijon, une sé-
pulture dont le squelette était orné: 1° d’un bracelet formé avec une énorme coquille de pétoncle, dont on avait enlevé tout le dessus, ne laissant qu’une large zone au pourtour ;
2° d’une bague également en coquille, avec un renflement formant chaton ( Musée préhistorique , n" 6 1 ü) ; 3° d’un collier composé d’environ trente-huit coquilles de cardes, taillées en triangle et percées d’un trou (n° 620).
Une autre parure analogue, entièrement en coquille, fut trouvée près d’Arvier, dans la vallée d’Aoste (Italie). Elle se composait d’un bracelet en pétoncle analogue au précédent (n° 618), et de deux arcs de cercle en ou
Cylherea islanclica, percés aux deux bouts.
La grotte ou Cueva de la Muger, près Alhama de Grenade (Espagne), a aussi fourni un bracelet en pétoncle et un arc de cercle percé à un bout, qui parait un fragment d’un autre bracelet.
Des coquilles marines, entières ou diversement taillées, mais toujours percées d’un trou de suspension, ont été signalées dans de nombreuses sépultures. Il n’y avait pas seulement des coquilles marines, il y avait aussi des coquilles d’eau douce. La nacre si brillante des unios ou moules d’eau douce avait attiré l’attention et on l'utilisait. Les grottes sépulcrales artificielles de la Marne ont donné de ces unios mêlés avec des coquilles marines. Une grotte sépulcrale, rive gauche de la Moselle, sous le plateau de la Treiche, a fourni avec des Cardium edule et des Pectunr.ulus marmoralus , coquilles marines, trois valves d Unio sinuatus, percées d’un ou de deux trous.
§ 3. Parures en «lents. — Les dents percées à la racine pour être suspendues sont fréquentes. Ce sont généralement des canines de carnassiers, parmi lesquelles les canines de chiens domestiques ( Musée préhistorique , n° 630) prédominent beaucoup. U y a aussi quelques canines de loup cl de renard. Les canines d'ours ne sont
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pas rares. Habituellement, elles sont plus usées que les autres; usées non parle grand âge de l’animal, mais par leur emploi comme pendeloque. Cette usure s’observe non seulement dans les palafittes de la Suisse, mais aussi dans les dolmens de l’Aveyron. Cela prouve que ces canines étaient des trophées très glorieux ou plus probablement encore des amulettes fort recherchées, qui se portaient constamment et se léguaient religieusement : de là leur usure considérable et leur polissage général par le frottement, usure telle que ces canines finissaient par devenir presque méconnaissables.
Les canines de cerf étaient aussi recueillies et percées. L’homme des Baoussé-Roussés avait sa coiffure de Nnssa nei'itæa toute bordée au pourtour de canines de ce’rf. Les palafittes de la Suisse en ont également fourni.
Entre toutes, ce sont les dents de sangliers et de cochons qui ont été les plus employées, à l’époque robenhausienne. Nous avons déjà vu qu’on s’en servait comme d'outils. En fait d’incisives, celles décochons seules, à ma connaissance, ont été percées à l'époque robenhausienne. On en a recueilli dans les palafittes et en grand nombre dans les grottes sépulcrales artificielles de la Marne. M. de Baye dit même qu’elles tombaient une ceinture à un squelette de Courjeonnet.
L’emploi des canines, surtout des canines inférieures ou défenses de sanglier et de cochon a encore été bien plus considérable. On en trouve, un peu partout, d’entières ou de refendues en long, percées à la base d’un trou, ou bien portant, en ce point, des coches pour permettre la suspension. En outre, ces canines ont été taillées de diverses manières, depuis l’arc de cercle très mince et très allongé (Musée préhistorique , n° 628) jusqu’au rectangle ou à l’ovale, court, large et épais (n° 627).
De grandes défenses de sanglier ont été refendues dans
toute leur longueur. Elles forment ainsi de très belles lames, très arquées, ayant l’apparence de hausse-cols. Ces lames percées aux deux extrémités sont parfois groupées en certain nombre. Le Musée de Saint-Germain possède un de ces groupes composé de vingt-six éléments (n° 617). Il provient des tourbières de Crouy, près Picquigny (Somme). On voyait bien que c’était un ensemble, mais on ne savait pas comment les divers éléments étaient arrangés et quel genre de parure ils formaient. M. Morel Fatio vient de résoudre ce problème. 11 a découvert des parures de ce genre dans des sépultures du canton de Vaud (Suisse). Les plaques de défenses superposées formaient un double plastron, sur la poitrine du squelette.
§ 4. Anneaux en pierre. — Une des parures les plus intéressantes du robenbausien sont des anneaux en pierre, dont les bracelets en coquille nous ont déjà donné une idée. Ces anneaux bracelets sont de deux types.
Le premier est à pourtour relativement peu large et épais. Ce pourtour a les bords à peu près à angles droits. {Musée préhistorique , n° 613).
Le second type a le pourtour large et mince, avec un léger méplat à l'intérieur, et finissant d une manière plus ou moins aiguë à l’extérieur (n° 6L2).
Les anneaux du premier type sont généralement en schiste ou en calcaire, roches peu dures.
Les anneaux du second type sont en roches plus dures et plus belles, serpentines, jadéites, etc.
Ces anneaux sont des bracelets ; l'Yonne nous en a fourni un en calcaire, encore passé à l’humérus d’un squelette. Us se cassaient facilement; aussi a-t-on cherché aies raccommoder. Parfois les morceaux étaient percés de trous obliques pour les attacher l’un à l’autre ; parfois ils portaient sur le dos une ou plusieurs rainures pour lier tout le pourtour et maintenir les fragments (nps 614, 615).
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Les fragments, ne constituant plus que des arcs de cercle plus ou moins développés, ont été gardés avec soin et percés d’un ou de deux trous pour être suspendus. On en rencontre assez fréquemment dans les sépultures (n° 6IG). Évidemment ces morceaux étaient des amulettes. Le bracelet, considéré comme porte-bonheur, passait pour conserver son action et sa puissance quoique cassé. C’est pour cela qu’on trouait et portait ses fragments. M. de
Fig. 63. Fragment d'anneau plat en roche talqueuse. Pendeloque. Mont-Ganelon, près Compiègne (Oise). 1/2 gr.
Baye a recueilli dans les grottes sépulcrales artificielles de la Marne trente et un fragments d’anneaux en schiste, sur lesquels vingt-quatre ont deux trous, six un trou et un seul n’est pas percé, pourtant il a été religieusement mis dans le tombeau. On a signalé, en France, une centaine d’anneaux ou de fragments disséminés dans vingt-trois départements :
Bassin de la Seine: Oise, Seine-et-Oise, Seine, Seineet-Marne, Marne, Yonne, Seine-Inférieure, Eure, Manche, Calvados.
Bassin de la Loire : Morbihan, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Loiret, Allier, Puy-de-Dôme.
Bassin de la Charente: Vienne, Charente.
Bassin de la Gironde : Dordogne.
Bassin du Rhône : llaules-Alpes, Savoie, Saône-et- Loire, Côte-d’Or.
Bassin du Rhin: Alsace, Hautet Bas-Rhin.
Italie : Piémont et Ligurie. On en a aussi trouvé dans des dépôts anciens du Cambodge.
§ 5. Pendeloques. — Les fragements d’anneaux à trou de suspension ne sont pas les seules pendeloques usitées à l’époque robenhausienne. Il en existe un grand nombre d’autres, parmi lesquelles plusieurs n’ont rien de brillant, rien de beau, rien de décoratif ; c’étaient donc évidemment des amulettes.
Les pierres percées, naturellement, étaient considérées comme envoyées par la divinité pour être portées ; c'était des pierres prédestinées à être suspendues ; aussi les recueillait-on avec soin. Le seul dolmen de la Justice (Seineet-Oise) en a fourni, plusieurs exemples. Avec de petits cailloux noirs et assez brillants, qui jouaient assez bien la perle, se trouvait un fragment de calcaire altéré par l’air, muni d’un grand trou naturel ( Musée préhistorique, n° 621), d’un aspect plutôt désagréable que joli, par conséquent n’ayant pas été recueilli comme ornement.
On rencontre aussi de petits os percés qui n’offrent rien d’élégant ni de brillant. Nous pouvons citer des os longs d’oiseaux et surtout des métacarpes et métatarses de chiens ou renards. (n° 629).
Une autre pendeloque assez fréquente est une petite hache polie, avec trou au sommet. Ces petites haches sont généralement en roches brillantes, mais tendres, trop tendres pour avoir constitué des instruments usuels (n° 622). Ce qui montre bien que ce sont de simples pendeloques, c’est que parfois on ne s’est pas même donné la peine de façonner complètement la hache, on s’est contenté d une grossière ébauche (n° 623). La hache étant l’outil par excellence de l’époque robenhausienne, l’outil nécessaire à la vie, l’outil qui pouvait servird’arme pour se défendre, a été considérée comme un don delà divinité; c’est pour cela
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qu’elle a eu un culte particulier et qu’on la portait comme amulette.
Une autre amulette a été le croissant. Le plus connu est celui en jadéitc, trouvé dans une grotte sépulcrale naturelle de la Buisse (Isère). Le trou de suspension a été laborieusement percé au milieu du croissant (n° 644). On cite aussi des croissants en dioritede Dun-le-Roi (Cher) et de Pouliguen (Loire-Inférieure). Le croissant étant une forme difficile à tailler doit avoir un sens mystique et religieux.
Une autre forme qui peut avoir aussi un sens religieux est le triangle. Les dolmens de l’Aveyron ont donné des pendeloques trouées, en schiste ou lignite affectant cette forme (n“ 643). Les triangles du reste sont très fréquents dans l’ornementation des poteries robenhausiennes (nos o 36 à 538, 541).
Les palafittes nous ont livré diverses pendeloques eu forme de petites quilles, faites au moyeu de bouts d’andouillers de cerf, percées à leur sommet (n° 626) ou garnies d’un petit bouton à rebord. Des pendeloques de ce genre ont aussi été trouvées dans le camp de Cliassey et dans les grottes sépulcrales de la Marne.
Je ne puis passer sous silence de grandes plaques, rectangulaires eu schiste ardoisier, ornées de gravures en creux et percées d’un trou au sommet, elles se trouvent en Portugal (n° 624). Parmi les gravures de ces plaques, on remarque aussi des triangles et des dents de loup.
^ (j. Perles et boutons. — Les colliers, de toutes les parures, étaient certainement les plus répandus. Les dents, les fragments de bracelet troués et toutes les pendeloques pouvaient se rattacher aux colliers. Mais ce qui constitue essentiellement ce mode d’ornement, ce sont les perles. Ces perles peuvent se classer en quatre groupes principaux : 1° Les olives, perles plus ou moins allongées,
habituellement plus renflées au milieu {Musée préhistorique, n"8 637 à 639) ; 2° les disques ou rondelles, petites plaques arrondies (nos 633, 636) ; 3° les grains, perles plusou moins épaisses, plus ou moins globuleuses (nos 632> 643 à 647) ; 4° les formes de fantaisie, très variées, mais toujours de petit volume (nos 640 à 642).
Comme matière, les perles sont composées d’os, de test, de coquille, d’ambre, de jais, de spath calcaire et albâtre, de stéatite, de quartz rouge, de cristal de roche et de callaïs.
Les perles en os sont des grains globuleux ou des tronçons de cylindres de longueurs diverses. Dans ce dernier cas, elles sont souvent annelées par suite du creusement de profonds sillons circulaires (n03 632, 633). Ces perles sont faites habituellement avec des tronçons d’os longs de chèvre, aussi le trou, formé par le canal médullaire, est relativement très large.
Les perles les plus abondantes sont des disques ou rondelles en test de coquilles (n° 633). La presque totalité est en test de pétoncle. Pourtant, il y en a quelques-unes en autres coquilles marines et même en unios, coquilles d’eau douce. M. Leguay a recueilli de ces dernières dans le dolmen d’Argenteuil (Seinc-et-Oise). Ces rondelles, en test de coquilles, très caractéristiques du robenhausien, ont servi à démontrer que la sépulture d’Aurignac appartient à cette époque.
L’ambre brut et taillé est extrêmement abondant, à l'époque robenhausienne, en Suède et surtout en Danemark. On en faisait des grains de colliers en lui laissant ses formes naturelles (n° 647), on le polissait à peine à la surface ; ou bien on le façonnait avec soin en perles arrondies, ovales ou affectant la forme de casse-tète, de grains réni formes, de doubles cônes, etc. En France, l’ambre est excessivement rare ; on n’en cite que quelques échan-
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Li lions do la Marne, (lu Finistère, de l’Ariège, de l’Aveyron, de l’Hérault, du Gard, de l’Ardèche. Il a aussi été retiré de la palafilte de Sulz, lac de Bienne (Suisse).
Le jais a été très employé pour faire des perles en olive ou cylindriques et surtout des rondelles (n° G37).
Diverses perles ont été fabriquées en calcaire. Les grottes sépulcrales de la Marne en ont donné en craie. On en cite en spath calcaire, des dolmens de l’Aveyron; mais les plus abondantes sont en stalactite ou albâtre. 11 y a des rondelles, des grains et des olives (n° 639). 11 y a aussi des perles fantaisistes, soit des plaques réniformes, soit des grains diversement ailés (n03 640 à 642). Ces perles ailées ont été signalées comme phalliques par certains auteurs. Je crois que c'est à torL. Elles n’en constituent pas moins un type fort net et fort curieux. 11 a été rencontré dans les dolmens et sépultures de l’Ardèche, de la Lozère, de l’Aveyron, du Tarn-et-Garonne, de l’Hérault et du Gard.
Une roche très tendre, mais très résistante, la stéati te > a fourni des milliers de petites perles en rondelles. Ces perles en rondelles de stéalite se retrouvent partout, même à Chypre, même en Amérique. Il y a aussi quelques olives faites avec cette roche (nos 636, 638).
Les dolmens des environs de Paris, Argentcuil et la Justice, contenaient des perles obtenues par la perforation pure et simple de petits cailloux en quartz rouge (n° 645). Les grottes artificielles de la Marne et une sépulture du Yar ont donné des perles en cristal de roche.
Enfin, vers la fin du robenhausien, on voit apparaître des perles en callaïs (n° 646), espèce de turquoise verte. Les peLi Les sont en forme de rondelles, les plus fortes en forme de larmes ou ovoïdes, avec Lrou au sommet. Ces perles fort rares n’ont é Lé trouvées réunies en certain nombre que dans le Morbihan, les Bouches-du-Itlmne, les Hautes-Pyrénées et le Portugal.
Tel est l’ensemble des parures. On pourrait ajouter quelques boulons coniques en calcaire ou en jais, disques assez larges, légèrement coniques en dessus, plats en dessous, avec deux trous qui convergent l’un vers l’autre et se réunissent par le sommet au centre, partie la plus épaisse (Musée préhistorique , n° 648). On a rencontré de ces boutons en France, en Angleterre, en Espagne.