Sélections sociales
choisira un petit nombre de reproducteurs d'hommes d'élite et on se servira de leurs spermatozoïdes pour une génération artificielle chez des femmes supérieures dignes de cet honneur.
Dans sa précision rigoureuse et scientifique, l'auteur évaluera jusqu'à WO.OOO naissances que pourra assurer, grâce à ce système, un reproducteurhomme K
Admettons un millier de ces mâles privilégiés et il y aura de quoi réformer au bout de deux générations tout un vaste pays !
Il va sans dire que pour conserver ce sang précieux et à sa suite l'indice céphalique des blonds si chèrement acquis, il ne faudrait pas reculer devant l'établissement des classes « spécialisées » et « séparées ». En se basant sur l'exemple des Juifs ne se mariant qu'entre eux, on pourrait facilement réaliser l'idéal de la procréation des eugéniques. On se passerait même du concours des législateurs. Il faudrait toutefois que ces derniers n'arrivassent pas à entraver la régénération pratiquée par la fine fleur « eugénique » du peuple !
Dans leur désir ardent de trouver un nouveau mode de salut, les anthropo-sociologues gobinistes ont complètement oublié que celui-ci avait existé et fait ses preuves depuis des siècles. L'Inde n'a-t-elle
1. D'après Lapouge le sperme peut être dilué impunément dans certains liquides alcalins. La solution au millième, dans m\ véhicule approprié, reste efficace à la dose de deux centimètres cubes injectés dans l'utérus.
pas réalisé depuis des temps immémoriaux les conceptions les plus hardies des réformateurs des races modernes? C'est là qu'on a érigé un vaste champ d'expérimentation dont les résultats dispensent les peuples européens d'une imitation qui serait au moins superflue.
Les castes indiennes n'ont eu dans leur exclusivité cruelle rien d'analogue sur la terre. Les Sudras^ qui se trouvaient en bas de l'échelle humaine, ont été traités de tout temps comme jamais les brachycéphales n'auraient pu être traités en Europe. Le mariage avec les Sudras était strictement prohibé et même le simple contact avec ces malheureux était considéré comme un péché mortel. La lecture des livres saints leur était rigoureusement interdite et il fallait éviter jusqu'à leur respiration néfaste pour celui qui avait le malheur de les approcher. RatzeP nous dira même que certaines de ces castes ont été l'objet d'un mépris plus grand que des animaux. Les Pulayas de Travankor n'avaient pas le droit de regarder des Brahmanes au delà de 96 pas. Employés aux travaux publics, ils étaient obligés de porter des indices manifestes de leur caste, afin de pouvoir être reconnus à distance et d'éviter de la sorte un rapprochement dangereux aux hommes d'extraction plus noble. En traversant de grandes routes, les Pulayas étaient forcés de se cacher à l'approche des voyageurs d'autre caste. Ce sentiment