‹ Le préjugé des racesChapitre 11 sur 122 · Vœlkerkunde, IL · texte numérisé non relu

Vœlkerkunde, IL

kl L'INÉGALITÉ DES HUMAINS

d'inégalité a poussé de telles racines dans la conscience indienne qu'on y a signalé des cas fréquents de gens morts de faim, parce qu'ils n'avaient pas voulu toucher aux aliments ayant subi le contact impur des Pulayas. Avec le temps le sentiment d'exclusion grandissant, les castes primitives se sont multipliées en de nombreuses sous-castes, dont l'entrée et la sortie présentaient des difficultés insurmontables. La Kchatriya (l'ancienne caste guerrière) a été morcelée en 590 sections divisées par des haines et des questions de préséance et de supériorité. Les sous-castes des brahmanes atteignent un chiffre fabuleux, et entre ceux, superbes et orgueilleux, de Bénarès et les gueux d'Orissa qui se promènent presque nus, il y a tout un monde.

Or quel fut le résultat de cette séparation « idéale » de la population, de ce culte effréné du sang des ancêtres et de la pureté excessive de la race et des races?

La vaste terre indienne a été de tout temps la proie de ceux qui voulaient s'en emparer. Depuis Alexandre qui l'avait humiliée et conquise, ses maîtres n'ont fait que changer de nom. Les Scythes (i^^ siècle), les Arabes (vu®), les Afghans (xii«), les Mongols (xiv*) ensuite les Portugais, suivis des Hollandais et ceux-ci cédant leur place aux Français, supplantés par les Anglais, voilà la série des conquêtes faites sur le dos de centaines de millions d'hommes par des envahisseurs dont le chiffre n'atteignait souvent que 1/1000 de celui de ses habitants.

Impuissante au point de vue de la résistance aux ennemis du dehors, l'Inde se signala par une sorte d'immobilité intellectuelle. Ce fut un véritable pays de malheur et de mort. L'espoir de l'Inde se trouve précisément dans l'invasion des idées modernes qui contribuent à briser son organisation aristocratique de castes et à faire prévaloir les principes de fraternité et d'égalité humaines.

L'histoire est riche en exemples démontrant que toutes ces divisions entre habitants s'accompagnent toujours d'un affaiblissement des sentiments de solidarité et de l'absence de tout patriotisme. Il en serait sans doute de même de l'Europe si les idées sur les fatalités qu'entraînent l'origine ou les origines anthropologiques arrivaient à triompher un jour.

Pourtant, malgré les facilités que rencontre toute propagande de haine entre humains, cette inégalité organique entre gens descendant et vivant de la même civilisation devra tôt ou tard se briser contre un obstacle insurmontable.

Les gens blonds, aux cerveaux étroits, les dolichocéphales en somme, n'étant qu'environ une cinquantaine de millions, sur quatre cents qui peuplent actuellement l'Europe, comment arriver à imposer leur domination ?

Que faire surtout des brachycéphales et des doli-

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chocéphales bruns qui s'obstineraient à ne pas disparaître ?

Que faire de leur progéniture? Dans leur désir ardent de sauver l'avenir de l'humanité, les prêtres de ce nouveau culte vont juqu'à interdire absolument à la majorité des hommes et des femmes de procréer des enfants. Les plus cléments d'entre eux se bornent à admettre, sinon à imposer, l'avortement et l'infanticide. Ici leur courage s'an^ête. Là pourtant où les anthropologistes français reculent^ ceux d'Allemagne les remplacent avec un zèle délirant. Des savants, comme Ammon, conseillent d'employer à l'égard des « dégradés » comme race, les mêmes moyens dont se servent les civilisateurs européens à l'endroit des nègres et des peuplades sauvages. On les noiera dans Teau-de-vie, mise gratuitement à leur disposition ; on les attirera dans les endroits où la débauche coule à pleins bords. On les amènera même à contracter toutes sortes de maladies. Exténués, dépravés et affaiblis, ils disparaîtront ainsi finalement de la terre.

Certains anthropologistes se laissent pourtant envahir par le désespoir. M. R. Collignon*, par exemple, tout en étant convaincu que la loi d'Ammon s'applique également à la France, nous menacera de la certitude de la victoire des brachycéphales. Oui, il est vrai, nous dira-t-il, que la lutte des classes dans la société moderne n'est que la lutte des races aux

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