Grundlagen des XIX lahrhunderts
Nous aurons donc l'occasion de revenir plus loin sur sa théorie.
Français d'origine et Allemand d'adoption, Gobineau a eu l'honneur et la gloire incomparables d'inspirer maints écrivains et savants et d'influer ainsi vivement sur la vie de tout un peuple. Il a créé un foyer d'idées qui est loin de s'éteindre.
L'humanité, toujours plus sensible au mal qu'au bien, toujours plus attentive aux voix qui prêchent la haine qu'à celles qui clament l'amour, a suivi et suit docilement les doctrinaires de l'inégalité.
Constatons pourtant que la théorie soutenue par Gobineau manquait décidément de vernis scientifique. Les ouvrages de Darwin n'avaient pas encore paru. Grâce à lui, la méthode scolastique de Gobineau -sera vite galvanisée.
ni
La sélection avec ses corollaires va ainsi rentrer en scène chez Galton^ qui proclamera l'influence exclusive du facteur de la race dans l'évolution humaine. Ses études l'amèneront même à une sorte de croyance fataliste : les races inférieures constitueront pour lui un malheur humain qu'il faudrait combattre à tout prix. C'est à lui que nous àevons « l'aristocratie d'eugéniques », de ces hommes aux
\. Inquiries into human FacuUj.
crânes privilégiés, rejetons des familles supérieures, appelés par le destin à tous les bonheurs dans le banquet de la vie. L'Etat devrait veiller tendrement sur leur multiplication, encourager leur mariage, faciliter leur existence, et même assurer l'avenir à leur progéniture !
Derrière Galion et la théorie de Darwin se rangeront de nombreux savants anglais et américains qui feront leur évangile de la survivance du plus apte el des bienfaits de la sélection. 11 ne rentre pas dans notre programme de donner l'analyse de tous ces auteurs plus ou moins réputés, plus ou moins populaires, car leur nombre ne cesse de grandir, tandis que la direction de leur pensée prend des routes de plus en plus fantaisistes. Mais, pour caractériser la valeur de leurs tendances, nous parlerons des plus influents d'entre eux, au hasard. C'est ainsi par exemple, que pour le professeur Haycraft* les différences entre hommes correspondent à celles entre les animaux. Par sélection on pourra produire des races humaines aussi dissemblables que le bouledogue et le vieux chien Sussex, le culbutant et le pigeon sauvage. En tout cas il ne faudrait reproduire l'humanité qu'en s'appuyant sur les meilleurs parmi ses spécimens. L'auteur vantera par conséquent les maladies contagieuses, l'alcoolisme et autres plaieg dont souffre l'humanité, qui pour lui auront le mérite de faire périr les plus faibles et de
l . Daiwinism and Racé progress.
nettoyer ainsi la place pour les produits aristocratiques de l'humanité.
Mais si les écrivains anglais ou américains en ont surtout tiré des conséquences pratiques au point de vue de l'amélioration de la santé publique, en France et en Allemagne, l'évangile de l'inégalité humaine a pris des aspects encore plus étranges.
C'est Vacher de Lapouge qui passe chez nous à juste titre pour le représentant le plus autorisé de la doctrine nouvelle. Fidèle à ses principes, convaincu de leur justesse, il les défend dans tous ses ouvrages ^ avec uneâpreté et un talent dignes d'estime. Juriste, zoologiste, psychologue, physiologiste, anthropologiste, l'auteur fait appel à toutes les sciences pour leur demander des arguments en faveur de sa doctrine. Venu après Gobineau,, il s'appuie sur la théorie de la sélection qui brille encore par son absence d?insV Essai de r Inégalité. En M. Vacher de Lapouge, la nouvelle doctrine retrouve un défenseur des plus éloquents, et il suffit d'examiner ses livres pour connaître toutes les armes dont se serviront ensuite ses coreligionnaires, adeptes et élèves.
D'après Lapouge et ses fidèles, les différences morphologiques et caractéristiques des races ou espèces principales sont égales et même supérieures à celles qui existent entre les espèces les plus
1. Voir entre autres ses Sélections sociales (cours professé à l'Université de Montpellier en 1888), ses Mémoires sur Vllérédiié dans la Science 'politique, origines des Ombro-latinSy Pygmées néolithiques de Soubès, etc., etc.
distinctes de canidés, de félidés ou de coléoptères. Les deux éléments fondamentaux des populations actuelles de l'Occident, l'homme européen et alpin, ont ainsi des dissemblances nettement tranchées.
Pour le premier l'indice céphalique va de 72 à 76, celui du crâne sec de 70 à 74, en voie d'élévation par élargissement de la partie antérieure du crâne. Conformation générale longiligne. Nous avons en somme devant nous un dolichocéphale dans toute sa beauté.
Il a de grands besoins et travaille sans cesse à les satisfaire. « Il s'entend mieux à gagner qu'à conserver les richesses, les accumule et les perd avec facilité. Aventureux par tempérament, il ose tout et son audace lui assure d'incomparables succès. Il se bat pour se battre, mais jamais sans arrière-pensée de profit. Il est logique et ne se paie jamais de mots. Le progrès est son besoin le plus intense. En religion il est protestant et ne demande à l'État que le respect de son activité. On le trouve dans les Iles Britanniques, il forme encore l'élément dominant de la Belgique (maritime), de la Hollande, de l'Allemagne voisine de la mer du Nord et de la Baltique, en Scandinavie. En France, en Allemagne surtout, il entre comme élément secondaire, mais encore important, dans les populations des plaines ; au-dessus de 100 mètres, il devient rare* ».
1. Notons que la description de Lapouge est basée sur celle de Linné {Systema naturale). Ainsi pour l'Européen : Albus, sangui-
Pour parler d'une façon plus concrète, il a pour synonymes les races indo-germaines, race européenne et indo-européenne, race aryenne^ race kymrique, race galatique. Il y en a environ 30 millions en Europe et 20 en Amérique. Le nombre des métis très rapprochés du type est égal ou un peu supérieur.
Laissant de côté l'appareil trop technique emprunté à la zoologie, nous nous en tiendrons aux termes les plus généraux, aux caractères les plus tranchés, les plus obligatoires, qui par cela même donnent une idée plus nette de la valeur de cette division.
Prenons l'homme alpin : sa taille moyenne masculine est de 1"^,60 à 1"^,65, indice céphalique moyen du vivant 85 à 86, du crâne sec 84 à 85. Trapu, bréviligne, brachycéphale, coloration brune ou moyenne de la peau, des cheveux, de l'iris et de la barbe. Frugal, laborieux, économe, remarquablement prudent, il ne laisse rien à l'incertain. Rarement nul, il atteint plus rarement au talent. Il est très méfiant, mais « facile à piper avec des mots », il est l'homme de la tradition et de ce qu'il appelle le bon sens. Il adore l'uniformité. En religion il est volontiers catholique; en politique, il n'a qu'un espoir, la protection de l'État, et qu'une tendance : niveler tout ce qui dépasse sans éprouver
nens, torosus, pilis, ilavescentibus prolitis, levis, argutus, inveulor, etc., etc.
le besoin de s'élever lui-même... Les frontières de la patrie sont souvent trop grandes pour sa vue... 11 aboutit à tous les vices reprochés à nos bourgeois. Il correspond aux Celto-Slaves et aux Touraniens. La race des Alpins purs ne dépasse pas 50 à 60 millions. Pour la plupart ils se présentent à nous sous la forme métisse, résultat des croisements entre IH. Alpinus et Europeus.
Ne désespérons pourtant point : son caractère fort est l'élargissement de la partie postérieure du crâne avec un aplatissement plus ou moins marqué de la même partie et il s'accuse dès le troisième mois de sa vie fœtale. Un croisement opéré avec un alpin donne un résultat significatif et manifeste : le racourcissement de la longueur et l'exagération de la largeur du cerveau et du crâne.
Se borner à présenter l'humanité divisée en ces deux sections capitales, l'homme alpin et européen, ne serait pas digne d'un anthropologiste qui se respecte. Et M. Lapouge, en savant consciencieux de ses devoirs, insiste également sur l'homme contractus^ une petite race dont la face et le crâne sont en discordance et dont l'indice du crâne sec ne serait que de 77 à 78. Il daterait de l'époque néolithique. C'est lui qui a précédé VH, Alpinus en lui donnant naissance par ses croisements avec VAcrogonus. Les Contractus subsisteraient du reste encore dans l'Italie moyenne. Quant à VAcrogonus^ c'est une des créations exclusives de M. Lapouge. 11 est même fortement convainu que les humains de cette espèce
avaient existé à réi>oque quaternaire. Et les preuves? Il ne faut point douter de leur valeur décisive, car M. Lapouge nous affirme en posséder certains échantillons aux a formes très tranchées ». Leur caractéristique : l'élargissement de la partie postérieure du crâne, le relèvement des bosses pariétales et la chute à peu près verticale du profil sous-obéliaque. Sous sa forme adoucie de Acrogonus cehennicuSy ce type se rencontrerait fréquemment dans l'Ardèche, dans le Gard, dans la Lozère et dans TAveyron, et il n'y en aurait pas moins d'un million !
Quel que soit le nombre de divisions et de subdivisions humaines, nous dira Lapouge, tous ceux qui en font pai^tie se trouvent sous l'influence de la loi d'hérédité, sans merci. « Son étendue est aussi universelle et sa foixe aussi irrésistible que celle de la pesanteur. » Cette hérédité s'exerce à l'infini, comme le prouvent les cas si fréquents d'atavisme. Dans l'évolution embryogénique d'un homme, il n'y a que la répétition de l'évolution ancestrale aussi lointaine que possible. Avant de prendre la forme humaine, celle d'un mammifère ou d'un ver, chaque être organise a été une simple bulle à deux feuillets ou plutôt une simple cellule à noyau incomplet.
En tirant la conclusion de l'unité du monde et d<i la parenté intime qui lie la matière organique, on nous enseignera môme que tous les phénomènes de l'hérédité qui se font jour dans le monde animal et végétal se manifestent, également, dans l'évolutioii de l'humanité.
Or comment mesurer la valeur respective des races en vue ?
Cela dépendra avant tout de ce qu'on cherche à perfectionner chez l'homme : sa beauté et sa vigueur physique, de même que sa capacité crânienne, qui équivaut pour les anthropologistes à la capacité intellectuelle. En s'emparant des conquêtes plus ou moins certaines de la paléontologie, de la géologie et de l'anthropologie historique, on nous démontrera que les races dont l'indice céphalique était au-dessous de 70 se irouvèrent toujours au sommet de l'humanité, suivies des races dont l'indice céphalique arrivait jusqu'à 90 et même 95. Or l'indice céphalique idéal s'accompagnait presque toujours de cheveux blonds, de grande taille et autres signes de supériorité.
Les peuples doués de ces qualités idéales ont laissé des traces bienfaisantes dans l'histoire de l'humanité. Ce furent, dans le passé, les anciens Grecs et les Romains. Aujourd'hui ce rôle appartient aux peuples anglo-saxons.
En général les couches supérieures de chaque nation portent les traits distiî^etifs de leur noblesse d'origine, tandis que les couches inférieures se signalent surtout par l'absence de ces qualités. Entre les deux extrêmes flottent les classes ce incer-
taines », ayant hérité de plusieurs vertus des uns ou ayant gardé beaucoup de vices des autres.
La philosophie de l'histoire ainsi que le problème de la politique humaine, si complexe, se trouvent par cela même très simplifiés. Toutes les préoccupations et les efforts tendant vers le perfec- (ionnement de Thumanité se réduisent à cette donnée : augmenter le nombre des types supérieurs au détriment des types inférieurs.
Or que se passe-t-il en réalité? Écoutons les doléances des anthropologistes de cette école :
Par une fatalité cruelle, les éléments impurs ou inférieurs éliminent presque toujours les éléments purs ou supérieurs. C'est ainsi que les brachycéphales chassent les dolichocéphales qui émigrent de plus en plus de l'Europe et s'en vont vers le Nouveau- Monde. Les Aryens cèdent la place aux Touraniens. Dans le vieux monde il ne reste plus que l'Angleterre avec le type noble des Européens primitifs.
Cette disparition des éléments supérieurs, due à l'émigration et à l'épuisement, est le prélude des grands malheurs qui menacent l'humanité *. La
1. Remarquons du reste que, nageant en pleine fantaisie, les anthropologistes de cette école arrivent facilement à subjuguer leurs conceptions scientifiques aux intérêts et aux passions du moment. La branche allemande de l'école, surtout après les victoires de 1870, a retrouvé le type « noble » dans l'Allemagno des vainqueurs. De même les nationalistes français, dont les partisans scientifiques subissent Tinfluence de Gobineau et de ses élèves, considèrent avec désespoir l'avenir de la France! Ses éléments supérieurs, nous diront-ils, sont noyés dans l'immigration d'autres éléments anaryens et par cela même vils et inférieurs.
nNOT. 3
décadence de l'Europe nous guette, décadence inéluctable. L'avenir d'un peuple, comme du reste de tous les peuples, ne dépend-il pas de la qualité de ceux qui le composent? Rien de plus naturel. Dès le moment où baisse le niveau moral et intellectuel de la population d'un pays, dès le moment où ses destinées dépendent des éléments ethniques « inférieurs » , son étoile pâlit et menace de s'éteindre ; car le facteur race, nous diront les prophètes de l'inégalité humaine, l'emporte sur tous les autres facteurs de l'évolution. Il traîne, il est vrai, derrière lui une filière d'autres éléments, tels que climat, passé historique, degré de civilisation. Mais leur influence se fond dans le sein du facteur dominant : race ; comme la volonté des courtisans s'évanouit en celle d'un roi autoritaire, leur maître. Pourquoi, par exemple, la Grèce moderne ne ressemblet-elle point à la Grèce ancienne? C'est que, nous diront-ils, l'indice céphalique des Grecs modernes est monté de T6 à 81 et ils ne peuvent plus fournir de grands hommes ! Et si, ajoutera M. Lapouge avec cette assurance qui caractérise ce genre de science, les anciens Grecs (à l'indice de 76 !) pouvalent soudain revivre, en moins de cent ans le foyer de la civilisation serait revenu autour de l'Acropole. Comme les Grecs d'Homère disparus entraînèrent la chute de la Grèce, de même les Romains « aryens » de Tite-Live, avec leur indice céphalique idéal, cédant la place aux brachycéphales, ont amené la ruine de l'empire romain.
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L'ÉVANGILE DE LINÉGALITÉ Eï SES PROPHÈTES 35
L'histoire universelle se réduit à l'histoire des variations de la structure cérébrale. Celles-ci font époque. Là où arrivent les dolichocéphales, naissent la prospérité et une grande civilisation, la maîtrise sur les peuples environnants et celle même du monde. Lorsque les éléments « inférieurs », les brachycéphales font irruption dans un Etat, ils deviennent des précurseurs infaillibles de la décadence sous toutes ses formes.
Pourquoi la France tomba-t-elle sous la domination i-:i Romains? C'est que l'aristocratie gauloise fut détruite par ces derniers. A sa place, des brachycéphales accoururent en Gaule. Et il en sera ainsi au courant des siècles. Leur invasion incessante dégradera le génie français et diminuera sa supériorité. A mesure que la société française baisse au point de vue physiologique et intellectuel, le pouvoir tombe entre les mains des individus sortis du peuple, de brachycéphales de plus en plus accentués. L'intelligence française décline et l'irrémédiable décadence de sa noblesse mène ce malheureux pays vers la servilité et la disparition.
Que voulez-vous faire d'une race dont le crâne accuse une largeur scandaleuse I
Et M. de Lapouge de nous peindre l'avenir sous des couleurs bien farouches.
<( Je suis convaincu, s'écrie-t-il S qu'au siècle prochain {c'est-à-dire au xx® siècle I) on s'égorgera
1. L'Anthropologie et la Science politique. (Uevue d'Anthropologie, 1887).
par millions pour un ou deux degrés en plus ou en moins dans Tindice céphalique. C'est à ce signe, remplaçant le shiboleth biblique et les affinités linguistiques, que se feront les reconnaissances de nationalité et les derniers sentimentaux pourront assister à de copieuses exterminations des peuples. » Ce signe manifeste, qui devra servir de distinction entre massacreurs et massacrés, nous fait rêver I On sait que lorsqu'on examine à l'œil nu des sujets qui se soumettent avec toute la bonne grâce désirable à nos investigations, on se trompe quand même de plusieurs degrés, et lorsqu'on le fait à l'aide des instruments les plus précis, on se trompe tout autant, si l'on n'a pas pour guide une méthode sûre appuyée sur une expérience de nombreuses années. D'autre part, il faudrait savoir s'il s'agit des dolichocéphales bruns ou blonds, à visage long ou court ! Mais ces considérations n'arrêtent point l'auteur de L Aryen. C'est là surtout que M. de Lapouge donne libre cours à ses appréhensions pour l'avenir des Germains. Effrayé devant l'invasion des brachycéphales, qui ont supplanté la race noble des cerveaux étroits « comme la mauvaise monnaie chasse l'autre, » il prédit une Europe cosaque et la fin prochaine des peuples brachycéphales, comme la France, la Pologne, la Turquie ou l'Italie. Consolons-nous, du reste, car l'Amérique du Nord est destinée également à avoir une fin prompte et douloureuse. Mais celle-ci devra cette catastrophe, d'après M. de Lapouge, au « féminisme » qui y sévit avec fureur.
Avec un courage touchant, avec une simplicité de sentiments qui désarme, les antliropologistes français de cette école insistent surtout sur les malheurs qui menacent la France, destinée à devenir l'esclave des autres peuples.
11 n'y a que deux peuples qui trouvent grâce devant la sérénité impitoyable de ces juges. Ce seront tantôt les Anglais et tantôt les Allemands. La chaleur persuasive avec laquelle on commente leurs origines, leur évolution historique, et prédit leur avenir de plus en plus brillant, rappelle sous beaucoup de rapports les prévisions des tireuses de cartes, renseignées sur la situation du client. Toutes ces théories, nées pendant le xix® siècle au moment du plus grand épanouissement de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne, ne font que consacrer le fait de la prospérité de ces deux peuples parvenus au sommet de la fortune. On a fait rentrer ainsi toutes les données de la prospérité anglaise ou allemande dans le domaine anthropologique, comme on apporte des pierres pour la construction d'une bâtisse. Chaque fait historique, chaque triomphe du peuple anglais ou germain ont servi de matériaux pour le vaste édifice de l'inégalité humaine. On nous enseignera, par exemple, d'après les études de Bernard Davis et
Rolleston, en se basant sur des crânes retrouvés en Angleterre, que les insulaires néolithiques étaient des dolichocéphales dans le meilleur sens du mot. Leur indice céphalique variait entre 70,3 et 72,8. Ils étaient en outre des blonds. Les tribus qui vinrent s'adjoindre à cette élite des peuples (entre 155 et 900 avant Jésus-Christ) accusaient également la môme noblesse d'origine. C'étaient des peuplades gauloises dolicho-blondes. Et admirez cette injustice du sort : les invasions successives n'ont fait qu'augmenter la proportion de ce sang privilégié. Comme les eaux vont à la rivière et les rivières à la mer, les rejetons dolicho-blonds se dirigent vers cette terre promise. Ils y arrivent d'abord avec les Romains, ensuite avec les invasions des Anglais, des Danois, des Norvégiens et des Saxons. Il est vrai que la conquête normande amena plus tard un nombre respectable de brachycéphales et de dolichocéphales bruns, bien inférieurs aux dolichocéphales blonds, mais ceux-ci ont été peu à peu éliminés par l'élément supérieur, et à mesure que les dolichocéphales blonds reprennent le dessus, l'Angleterre devient conquérante et colonise des mondes entiers. Dans l'intérieur du pays, partout où les dolichocéphales bruns dominent, on constate la pauvreté et l'arrêt intellectuel des habitants. Il y a cependant un danger qui menace ce paradis terrestre : l'émigration. Celle-ci enlève surtout les dolicocéphales blonds. A mesure que leur nombre diminue, la proportion devient très avantageuse
pour les maudits brachycéphales et les dolichocéphales bruns. Et si jamais ces derniers prennent le dessus, ce sera la fin de la Grande-Bretagne I
Cet abrégé impartial de l'inégalité cérébrale des humains se réduit donc à ceci : il y a un peuple ou plutôt une race élue, ce sont les Aryens. Ils concentrent en eux toutes les bonnes qualités humaines au moral et au physique. La grandeur d'un peuple répond d'une façon directe au nombre de ces mortels exceptionnels qui se trouvent sur son territoire.
Le problème de la politique nationale à résoudre consiste tout simplement dans l'augmentation du type bienfaisant et dans l'élimination du type « régressif » et nuisible. Un État bien organisé devrait aller jusqu'à instituer des primes et des encouragements spéciaux pour la reproduction des dolichocéphales blonds. En appliquant le principe bien compris de la zootechnie, on n'hésitera même pas devant certains moyens ingénieux destinés à venir en aide à la sélection sociale.
M. Lapouge *■ conseillera ainsi aux Aryens ou, comme il les appelle, aux « Eugéniques », de se grouper pour la défense de leur race. Ailleurs 2 il leur donne des leçons de sélection sévère afin d'obtenir, en un temps limité, des individus répondant à l'idéal anthropologique. Il ira même jusqu'à la reproduction zootechnique et scientitique. On
1. iicrcaue dam la Science politique. Revue d'Anthrop., 1888.