LES VARIATIONS BRUSQUES DES CRANES
Fétranger et transplantés aux Etats-Unis est, à l'âge de 5 ans, de 85.0 et à 12 ans de 84.6, le même indice céphalique chez les enfants nés aux Etats-Unis est de 83 à l'âge de 5 ans et de 82.3 à l'âge de 12 ans. Pour les enfants d'origine sicilienne la proportion est la suivante :
Un Sicilien né à l'étranger accuse à l'âge de 5 ans 80.8, à l'âge de 12 ans 78.9 ; mais lorsqu'il vient au monde aux Etats-Unis, son indice céphalique sera à l'âge de 5 ans de 80.1 et à 12 ans de 82.1.
Comparons ces chiffres significatifs et nous nous aper-
Bô
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Fig. 1. — La ligne d'en haut représente les têtes des Juifs nés à l'étrangor, La ligne d'en bas représente les tètes des Siciliens nés à l'étranger. Elles partent de 1, et suivent en se rapprochant vers le chiffre 3. Si différentes que ces têtes soient au début, elles tendent peu à peu vers une movenne américaine.
cevrons combien ces deux types si distincts, tendent à se rapprocher, une fois placés sous l'influence identique du milieu américain.
Car tandis que le Sicilien et le Juif nés au dehors accuseront, le premier, un indice céphalique de 80.8 et le second de 85.0 ; venus au monde aux Etats-Unis, ils se rapprocheront en ce sens que le premier n'aura que 80.1 et le second 83.0 ; mais à l'âge de 12 ans, tous les deux feront un saut prodigieux et le Sicilien remontera à 82.1, tandis que le jeune juif descendra à 82.3 I Et tous les deux, ainsi modifiés dani leur forme craniologique, se rapprocheront de la moyenne américaine.
La formation de la tête des enfants des immigrés venus
au monde aux Etats-Unis se rapproche du type am^icain en proportion directe des années de séjour de leurs parents dans leur nouvelle patrie. Les enquêteurs le prouvent en s'appuyant sur une série de mensurations faites sur les enfants nés de parents ayant demeuré aux Etats-Unis plus ou moins de dix ans.
Le diagramme et le dessin ci- joint illustrent éloquemment la thèse soutenue par la Commission d'immigration. Le graphique (fig. 1) montre clairement comment
t^ig. 2. -- 1, La forme de la tête des Juifs nés à l'étrangtT. — 2. La forme de la tète des Siciliens nés à l'étranger. — 3. La tête moyenne des Juifs et des Siciliens nés aux Etats-Unis, auprès un séjour de plus de six ans de leurs parents.
les deux types, si distincts en Europe, tendent à se rapprocher aux Etats-Unis. Notons que les enquêteurs ont opéré sur environ douze cents enfants. Le dessin (fig. 2) représente le changement général subi par la forme de la tête. D'un côté, le dessin n^ 1 représente la tête moyenne d'un Juif né au dehors ; n^ 2 celle d'un Sicilien né dans les mêmes conditions ; n^ 3 une tête moyenne d'un enfant juif ou sicilien, né aux Etats-Unis, de parents immigrés?, qui y ont séjourné plus de dix ans. On y relèvera, entre autres, ce phénomène curieux : tandis que la longueur de la tête des jeunes Juifs Augmente, sa largeur diminue. Chez les Siciliens, un phénomène contraire se produit : la longueur diminuée cède la place à la largeur qui aug-
LES V*aUTIONS BRUSQUES DES CRANES Ml
mente. Et cette concra diction flagrante dans révolution craniologique tend à produire une moyenne où disparaissent les diffère aces essentielles qui séparaient autrefois les deux types craniologiques, venus de pays différents et ayant évolué dans des conditions opposées.
Ces changements, survenus chez les enfants à l'âge tendre, se maintiennent du reste d'une façon permanent<i durant toute l'époque de leur croissance. Des mensurations nombreuses opérées sur des adultes siciliens et juifs, jusqu'à l'âge de vingt ans, ne laissent persister, sous ce rapport, le moindre doute.
Suivant la loi de la coordination organique, les autres parties de la tête se trouvent également modifiées. Donc à côté de l'indice céphalique, la largeur ou la longueur de la tête et du visage tendent à se rapprocher du type américain moyen.
11 serait inutile d'insister sur l'augmentation du poids ou de la taille des enfants. Leur variabilité d'après les conditions d'existence est un fait prouvé depuis longtemps. Les conditions économiques du pays agissent d'une façon tellement sensible sur le développement physique des habitants, que d'après les enquêteurs américains, la crise et la panique de l'année 1893 ont eu des effets désastreux sur les dimensions corporelles des immigrés.
Ce qui impressionne surtout dans ces rapports bourrés de chiffres et de mensurations, c'est la disparition, sous rinfluence du milieu ambiant, des traits considérés comme les plus persistants.
Lorsqu'on ajoute en outre que ces modifications forment une des bases essentielles de la division des humains en races ou variétés, on s'aperçoit facilement que l'adaptation aux conditions du milieu peut atteindre des proportions insoupçonnées.