‹ Le préjugé des racesChapitre 14 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

RACES ANIMALES ET RAGES HUMAINES (analogies-différences)

Lorsqu'on examine les conditions qui accompagnent la naissance de races nouvelles dans le règne végétal et animal, on s'aperçoit facilement qu'un gouffre profond les sépare des races humaines. Ni les sources de la différenciation de l'humanité, ni les traits saillants de ses subdivisions, ni leur évolution successive, ni la transplantation des races diverses et leur retour au point de départ, ni les facteurs qui provoquent les changements extérieurs chez les hommes ne sont identiques dans les trois règnes. Il y a avant tout un élément qui domine dans le règne humain, c'est l'élément moral. Conçu comme mentalité, conscience ou âme, il exerce une influence prépondérante sur la formation des divisions iiumaines et leur donne des plis spéciaux qui les distinguent. Et comme le moral réagit sur le physique d'une façon aussi puissante qu'incontestable,

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riîumanité évolue sous l'influence décisive d'un facteur qui .lui est propre et qui par cela même ne permet point de lui appliquer rigoureusement les mêmes lois, ayant cours dans les deux autres règnes.

Cet élément moral fournit à l'homme une arme redoutable dans la lutte pour la vie. Loin d'être un produit passif des circonstances extérieures, l'homme les crée souvent et il les crée surtout à son profit. Ce privilège, que l'humanité dispersée à travers le monde garde en commun, lui donne par cela même non seulement un trait d'identité abstraite, mais empêche également que les différences provoquées par l'influence des milieux ne creusent des gouffres où sombrerait l'unité humaine.

Chose plus significative : dans la longue évolution de l'humanité, nous ne rencontrons aucunement ces phénomènes étranges qui ont fait naître les théories sur la mutation des espèces ou encore mieux la « transformation explosive » de Standfuss ou le « progrès spasmodique » de Vries.

Pour comprendre les différences essentielles qui séparent les races animales, il ne sera pas inutile d'étudier l'origine et l'évolution des espèces d'après les théories nouvelles qui ont modifié celle de Darwin. Il devient d'autant plus nécessaire d'examiner ce côté de la question que presque tous les partisans modernes de l'inégalité humaine puisent leurs arguments dans les doctrines de Lamarck et de Darwin. Hypnotisés par les constructions gigantesques de l'école darwinienne, ils n'en ont point vu

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