‹ Le préjugé des racesChapitre 15 sur 122 · RAGES ANIMALES ET RAGES HUMATNRS · texte numérisé non relu

RAGES ANIMALES ET RAGES HUMATNRS

les côtés problématiques ou incomplets. En transportant dans le domaine vital de l'humanité ses enseignements et ses conclusions, ils ont appliqué sans merci toutes les déductions faites par Darwin en ce qui concerne les animaux et les plantes. Or, comme nous le verrons, la théorie principale ayant reçu quelques coups mortels, les généralisations anthropologiques qui subsistent surtout grâce à Fappui de la doctrine endommagée, sont par cela même menacées de ruine.

Constatons, du reste, que le principe de l'évolution ou du transformisme est sorti presque indemne de toutes les luttes qui ont surgi autour de la science darwinienne. Créé primitivement par Lamarck et Geoffroy Saint-Hilaire, il est aujourd'hui universellement adopté.

C'est Lamarck qui, le premier, soutint d'une façon scientifique * la descendance des espèces ^ Une nombreuse série de savants se rangèrent à la suite de Lamarck à cet avis, mais ce sera la gloire de Darwin d'avoir su démontrer la véracité du transformisme et de l'avoir imposé au monde savant.

Sans vouloir le considérer comme un^ loi malhé-

i . Philosophie zoologique, 1801.

2. Darwin signale, dans sa notice historique qui précède ÏOrifjiae des espèces, que le D-" Erasme Darwin, son grand père, avait dans sa Zoonomie (1794) devancé dans cette voie Lamarck. Ajoutons que Gœthe et Geoffroy Saint-Hilaire soutenaient, vers la môme «•poqueles mêmes idées. Mais tous ces précurseurs avaient plutôt le pressentiment de cette vérité sans pouvoir la démontrer scientifiquement, lis jouent à l'égard do la théorie évolutionniste lo m<^me rôle qui appartient à Raspail à l'égard de la science de Pastour.

Î2 LINEGALITÉ DES HUMAINS

matique inébranlable, la science moderne l'accepte surtout comme une hypothèse inévitable pour expliquer l'essence même de l'évolution des espèces.

Mais tout en admettant cette base première jusqu'à preuve du contraire, les naturalistes ne se trouvent point d'accord lorsqu il s'agit d'expliquer le comment et le pourquoi du transformisme. La plus grande originalité de la théorie darwinienne, ce fut d'en trouver la clef dans la sélection naturelle.

La sélection d'un côté et l'hérédité fixe des caractères acquis par un être vivant au cours de son existence, voici les deux leviers de cette théorie qui a révolutionné les sciences naturelles de même que la sociologie depuis un demi-siècle.

Or, grâce aux observations méthodiques faites après l'apparition à^ V Origine des Espèces de Darwin, cette conquête de sa théorie a été d'abord contestée et puis complètement rejetée.

Pour nous rendre compte des changements survenus dans cet ordre d'idées, prenons l'exemple classique de la girafe et voyons comment l'école darwinienne et ses successeurs expliquent l'apparition de son long cou ou la longueur de ses jambes de devant.

On connaît la thèse de Lamarck. Les modifications se montrent avant tout comme résultats de l'usage ou du non-usage des organes.

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