‹ Le préjugé des racesChapitre 16 sur 122 · RAGES ANIMALES ET RAGES HUMAINES · texte numérisé non relu

RAGES ANIMALES ET RAGES HUMAINES

L'hérédité des résultats survenus dans ces conditions, c'est-à-dire l'hérédité des caractères ainsi acquis ou perdus, achève l'œuvre de la transformation.

La girafe, qui vit dans des endroits peu fertiles, ne trouve sa pâture que sur les arbres. Elle se voit obligée de tendre son cou pour brouter leur feuillage. Son cou, à la suite de cette habitude, s'est considérablement allongé et ses jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière.

Darwin y a introduit en outre comme corollaire : la sélection des variations favorables. Les girafes, qui sont ainsi parvenues à allonger leur cou, ont seules survécu au temps de la famine. En se croisant entre elles, elles ont donné naissance à cette nouvelle espèce qui se distingue tellement des autres ongulés. Donc, d'après cette école, pour arriver à une espèce nouvelle, il faudrait admettre d'abord: a) l'apparition d'une qualité nouvelle ; b) l'hérédité de cette qualité, et être convaincu ensuite que la nature, comme un bon éleveur, se préoccupant de la persistance de cette qualité, préside à des accouplements dirigés en ce sens, afin de perpétuer la nouvelle variation I Ce qui nous rend surtout très perplexes, c'est le nombre infini de ces accouplements devenus nécessaires pour fixer la nouvelle variation. Puisqu'il s'agit de variations minimes, insaisissables, qui ne peuvent produire leurs effets qu'à la suite des siècles et naturellement en allant de mieux en mjeux, nous devrions admettre une force cons-

5i L'INEGALITE DES HUMAINS

cienle constamment préoccupée de la réalisation de son idéal, et veillant jalousement sur sa marche en avant.

Que de milliers de siècles ne faudrait-il pas pour expliquer l'apparition d'une variation d'un animal (pu d'une plante quelconque ! On se rappelle Fex- (clamation de Lord Kelvin se plaignant que la théorie darwinienne fait trop vieillir le globe déjà très vieux ! Et pourtant la géologie ne marchande point le temps à l'existence du globe. Rappelons que pour cet auteur la consolidation de la croûte terrestre a demandé de 98 à 200 millions d'années. Pour M. CroU, 60 millions d'années se sont écoulées depuis le dépôt des terrains cambriens. Cette générosité des géologues reste pourtant insuffisante pour faire honneur aux traites dont le paiement lui est imposé par la théorie darwinienne !

Or les représentants de l'école néo-darwinienne fWallace, Weismann, Galton, Pfliiger, Strasburger, Kœlliker, etc.), en analysant de plus près ce phénomène, ont trouvé que son explication, si attrayante qu'elle soit, ne répond pas à la réalité. On a contesté, avec raison, non seulement la longueur du cou de la girafe obtenue à la suite de ses efforts pour brouter le feuillage des arbres élevés, mais aussi l'hérédité du cou long acquis dans ces conditions. Cette thèse hypothétique battue en brèche, on a essayé de construire sur ses ruines une autre explication non moins invraisemblable, mais encore plus compliquée. Quelques années ont suffi pour donner le

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