RAGES ANIMALES ET RAGES HUMAINES
coup de grâce final au Weissmannisme et à sa métaphysique transformiste. Grâce aux travaux de Hugo de Vries. le célèbre botaniste hollandais, une nouvelle théorie a triomphé, qui bénéficie, à l'heure qu'il est, de presque tous les suffrages des naturalistes.
Xoiis avons vu plus haut que l'impossibilité où se trouve la théorie darwinienne de nous donner des preuves convaincantes des deux bases principales de son hypothèse, a engendré des doutes sérieux sur sa véracité. Non seulement elle n'arrive pas à prouver qu'en étendant son cou, la girafe est parvenue à l'allonger (caractère acquis), mais elle ne peut pas prouver non plus que, ce cou une fois gagné, la girafe le lègue à ses descendants (héridité du caractère acquis) .
Or comment expliquer l'apparition de cette espèce si étrange des ongulés ? On a eu recours aux varialions brusques ou, comme les appelle M. de Vries, au progrès spasmodique (voir à ce sujet les travaux de Huxley, Mivart, Bateson, Clos, et en dernier lieu, la Théorie de la mutation de M. de Vries). Tous ces savants admettent, avec Agassiz, l'apparition spontanée des espèces à une époque donnée, sous l'influence de certaines conditions spéciales. C'est ainsi, par exemple, qu'avait apparu brusquement un monde animal mixte dès les premiers terrains fossilifères.
Ces variations soudaines, qui ont joué un rôle si considérable pour la formation de la faune et de la flore de toutes les époques, n'ont point disparu de nos jours. On trouvera chez Cuénot, Bateson ou Vries de nombreux exemples de la naissance explosive des variations. Parmi les Echinodermes, les espèces d'Ophiures à six, sept ou huit bras ; les Crinoïdes tétramères et trimères, les Astéries à bras nombreux, reproduisent exactement les variations brusques qui apparaissent de temps en temps chez les espèces pentamères normales (L. Cuénot). A l'époque secondaire on constate Fapparition soudaine des lézards dinosauriens gigantesques, comme le Brontosaure, de la grandeur de quatre à cinq éléphants réunis, et de tout petits ressemblant à de petits oiseaux.
Les premiers mammifères placentaliens se sont montrés au commencement de la période tertiaire d'une façon spontanée, et, après avoir donné lieu à une variété de formes presque aussi riche que celles des mammifères d'aujourd'hui, ils ont tout à fait disparu.
Vouloir expliquer l'apparition et la disparition de toutes ces espèces par voie de sélection darwinienne imposerait la nécessité de faire reculer la durée de notre planète de quelques millions de siècles.
Darwin a, du reste, lui-même entrevu cette lacune de sa théorie. Pourquoi, se demande-t-il, chaque formation géologique dans chacune des couches qui la composent, ne regorge-t-elle pas de formes inter-