I.e Grenache G"Il**0'o
Le Teintuiier C^'ll^O»"
Le Petit Bouschel C*W0"
Le Gamay C^-H^^O*», etc.
cépage (variation) possède une matière colorante spécifique, matière qui lui est propre et qu'on peut distinguer à la fois par ses caractères chimiques et par sa composition centésimale. Leurs différences ne se bornent pas là, car les changements intérieurs qui accompagnent l'apparition des races nouvelles de vigne sont des plus nombreuses. Si on examine les matières colorantes des différents cépages, on s'aperçoit que certaines d'entre elles sont solubles dans l'eau pure (le Petit Bouschet), tandis que les autres restent insolubles. Les unes deviennent, après leur préparation, insolubles dans l'alcool (Carignan) ; les autres précipitent l'acétate de plomb en bleu indigo (Teinturier ou Garignan) ; d'autres, en vert foncé (Aramon).
On trouve des phénomènes semblables en examinant les autres plantes. Prenons, par exemple, différentes espèces de pins et nous nous apercevrons également des modifications intérieures essentielles qui les divisent. Ainsi le pin maritime des Landes donne une résine déviant à gauche le plan de la lumière polarisée ; celle du pin australien dévie à droite. Les différentes espèces d'acacias produisent des gommes spéciales comme d'autres arbres do différentes variétés donnent des tanins différents. D'après les observations faites par MM. Charabot d Ebray, la variété de menthe poivrée dite basiliquéc produit une essence dextrogyre dont l'odeur est toute autre que celle de l'essence lévogyre de la menthe ordinaire. On pourrait multiplier à l'infini les
exemples fournis par la comparaison des matières colorantes, gommes, etc. Ces principes caractérisent les espèces et les variétés. Que signifient ces diftérences essentielles qui les séparent ? C'est que les plasmas cellulaires d'où tous ces principes sont issus ont également subi des variations profondes. La modification des plasmas cellulaires provoque à son tour la modification des cellules qui en dérivent.
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Faisons un saut dans le monde animal et nous constaterons un changement analogue dans la composition de leur plasma, variant d'après l'espèce et la race. L'analyse comparée de leurs matières albuminoïdes fait éclater cette vérité flagrante qu'espèce ou race veut dire ici également changement du plasma, de même que les vignes changent de matière colorante. C'est ainsi que les albumines du cheval et du mulet varient de même que varient celles du singe et de l'homme.
Les études récentes sur les antitoxines et anticorps ont encore confirmé et élargi cette thèse. L'hémoglobine du sang en passant d'un animal à un autre diffère chaque fois, comme le démontrent ses formes cristallines, ses propriétés secondaires, et les hémathènes qui en dérivent. (P. Cazeneuve, cité par A. Gautier.) Qu'est-ce à dire, sinon que les variations qui caractérisent l'apparition de l'espèce
OU de la race sont très profondes. En agissant sur le plasma albumine, le sérum du sang chez les animaux ou les tanins, matières colorantes ou catéchines des plantes, elles arrivent à impressionner l'être tout entier. Toutes les molécules constituantes de l'individu en sont atteintes. Il ne s'agit pas, en un mot, d'un changement extérieur, mais d'une révolution profonde subie par tout l'être.
Si nous passons aux prétendues races humaines, nous verrons que cette condition essentielle de la formation des variétés y fait complètement défaut. Les anthropologistes ne sont point arrivés à retrouver des variations essentielles dans la composition du sang entre les hommes de couleur jaune, noire ou blanche, au crâne large ou étroit, à la capacité crânienne minime ou stupéfiante par sa grandeur !
Chose non moins concluante : on sait le rôle que joue la composition du sang pour démontrer la différence de la race et de l'espèce. Il n'y a que le sang des êtres appartenant à la même variété, à la même race qui puisse leur être impunément injecté. On peut ainsi infuser le sang d'un lièvre dans l'organisme d'un lapin ; de la souris, dans l'organisme d'un rat ; on ne peut pas injecter le sang d'un homme dans l'organisme d'un chien, d'un cheval, ou d'un autre animal quelconque. On ne peut pas non plus injecter le sang d'un animal dans les veines d'un homme. Dans tous ces cas, le sang étranger, ne pouvant pas fusionner, va être détruit ou détruira l'organisme qui en a reçu l'infusion. Par contre, on
peut infuser dans l'organisme d'un homme jaune, le sang d'un blanc ou d'un nègre, ou dans celui d'un nègre le sang d'un blanc ou d'un jaune. Il va sans dire que la forme du crâne, de même que les autres bases de division anthropologique des humains, y joue un rôle aussi nul que la couleur de leur peau.