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VARIATIONS HUMAINES ET DES AUTRES RÈGNES

moment reculé où nous suivons ses traces sur la terre, il n'a presque point varié au point de vue morphologique. Sans vouloir approfondir les raisons de sa persistance organique, il nous suffit de constater que l'homme est loin de présenter autant de fractions entièrement dissemblables de son tronc primitif, que nous en reconnaissons en examinant les représentants des autres règnes. Nulle part on ne voit chez l'homme ce phénomène si général ailleurs. Si partout le nombre des variétés tend à augmenter et à se différencier de plus en plus, l'espèce humaine seule fait exception à cette règle.

Or qu'est-ce que les variétés, sinon des espèces en voie de formation ? Jl suffit de transporter une société animale ou végétale dans un pays nouveau pour voir avec quelle rapidité change sa structure morphologique dans la voie de l'adaptation à ses conditions d'existence changée. En est-il de même chez rhomme?

On admet généralement que chaque être tend à progresser, c'est-à-dire à se perfectionner. En quoi consiste le progrès? Les êtres vivants en évoluant se mettent en harmonie de plus en plus intime avec le milieu ambiant. Envisagé à ce point de vue, l'homme ne fait point exception à la règle admise pour toutes les créations organiques. Ce qui varie, c'est la forme du progrès. Chez presque tous les êtres organisés, il se restreint, d'après la définition de von Baer, à la spécialisation des différentes parties du corps, conformément à leurs fonctions, de même

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qu'à rétendue de ces parties différenciées. En un mot, tout se réduit à l'augmentation de membres différenciés et devant se spécialiser dans les fonctions qui leur sont attribuées dans l'économie de l'organisme. Seulement, étant donné que pour les vertébrés, le progrès se borne surtout au perfectionnement de leur intellectualité, il en serait de même à fortiori pour l'homme. N'est-il pas l'être intelligent par excellence? De plus sa royauté dans la nature, qu'il avait conquise au cours de son existence, lui étant venue grâce à ce facteur unique, il est très naturel que le progrès chez lui se manifeste presque uniquement dans ce domaine.

Ayant acquis d'autre part une organisation morphologique apte à lui rendre les plus grands services dans sa lutte pour la vie, l'homme n'a qu'à veiller à son fonctionnement normal. Et c'est ici que, de nouveau, son intellect lui devient un guide et un régulateur sûr. C'est ce qui nous explique pourquoi, depuis les premiers vestiges de l'homme préhistorique, nous constatons chez lui si peu de changements. Les crânes, qui, de même que les organes masticateurs, ont servi surtout pour la distinction des humains, ne présentent presque point de différences sensibles.

Les humains des époques écoulées n'ont point donné lieu à la naissance d'espèces analogues à celles du domaine animal ou végétal. Comme nous le verrons plus loin, les bases de distinction entre les humains sont tantôt fictives, tantôt superficielles

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