‹ Le préjugé des racesChapitre 26 sur 122 · VARIATIONS HUMAINES ET DES AUTRES REGNES · texte numérisé non relu

VARIATIONS HUMAINES ET DES AUTRES REGNES

et toujours trompeuses. Le pourquoi de ce phénomène est évident. L'homme a évolué sous Tinfluence des facteurs intellectuels et psychiques. Le progrès qui s'est accentué dans ce domaine a laissé presque intact le domaine morphologique. Lorsque les modifications apparaissent, elles sont de nature passagère et, en tout cas, réalisables parles autres hommes, placés dans les mêmes conditions.

La vie animale de l'homme, sous n'importe quelle latitude, a toujours eu à compter avec son cerveau ou son àme, dont l'influence avait neutralisé Faction dirigée contre son unité physiologique. L'homme s'efforça de tout temps de dominer les obstacles extérieurs et de les subjuguer au profit de son individualité. Et ces efforts de sa mentalité commune lui ont donné ses traits d'analogie ou plutôt d'identité. Ce sera une des raisons principales qui feront l'humanité une et indivisible. Ses distinctions porteront toujours sur des détails de surface. Survenus à la suite de circonstances momentanées, ils disparaissent avec elles. Une preuve de plus qu'elles n'atteignent pas l'essence de son être.

C'est ainsi que tant de phénomènes qui caractérisent dans les autres règnes l'apparition des races et des variétés, se brisent contre la résistance humaine. On sait, par exemple, l'action prépondérante qu'exercent les parasites sur la naissance des races nouvelles. Sous l'influence de certains insectes agissant sur les plantes, celles-ci se transforment en variétés nouvelles. D'après les observations de

L'INÉGALITÉ Dl<:S HUMAINS

M. Marin Malliard*, les fleurs du Mutricaria inodora^ lorsqu'elles sont atteintes par le Peronospora Radïï^ pFennent l'aspect des fleurs doubles des Radiées.

Nous pourrions varier à l'infini ces exemples.

Toutes ces variations des végétaux trouvent leur contre-partie dans des changements anatomiques des organes végétatifs ou floraux. Et l'ensemble de ces modifications va jusqu'à constituer des espèces ou des races nouvelles.

On sait le nombre imposant des maladies de nature parasitaire qui ravagent l'humanité. Et pourtant, ni sous l'influence des bactéries de la fièvre jaune, ni de celles de la syphilis ou de la diphtérie, l'homme comme espèce ne dégénère ou ne s'élève jusqu'à la formation d'une variété nouvelle. Si l'individu est lésé ou bien détruit, l'espèce humaine reste intacte. Lorsque la pluralité de ses membres se trouvent atteints par l'action de certains parasites meurtriers, un peuple finit naturellement par accuser des signes de décadence physique. Mais il suffit que la cause du mal s'évanouisse pour que cette décadence apparente disparaisse à son tour. Nous l'avons vu chez les peuples victimes de la, malaria, lorsque les marais ont été desséchés et les parasites dé cette maladie anéantis. Quelle que soit la virulence du mal, celui-ci n'a jamais pour résultat l'apparition d'une espèce nouvelle d'hommes et la désagrégation de l'humanité.

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