III. — Le N'ez
Sa forme capitale de même que ses nombreuses variations ont été très étudiées et les résultats de
es études ont servi à des généralisations des plus contestées.
Broca, en se basant sous le rapport de la largeur
;iaximum du nez à sa hauteur totale, a été jusqu'à
--ayer de diviser l'humanité en trois sections différentes : les hommes au nez long et étroit, les leptorhinniens^ correspondant à la race blanche ; les platyrrhiniens au nez large et bas, caractère particulier aux races noires, et enfin les mésoirhiniens embrassant les races jaunes.
C'est, à vrai dire, la plus importante des constatations faites dans le domaine nasal. Les mesures de Broca ont été prises sur 1200 têtes humaines,
mpruntées aux races diverses. Voici sa façon de procéder: après avoir multiplié par 100 la largeur du nez, prise à l'ouverture des fosses nasales, il l'avait ( omparée à la longueur comprise entre l'épine et l'articulation naso-frontale. Le résultat exprime ce qu'il appelle l'indice nasal. La moyenne de l'indice nasal serait de 50,00; mais il s'échelonne, d'après les races, de 42,33 (Esquimaux) jusqu'à 58,38 (Hou-
juanas). Notons pourtant que dans la série des
Blancs de Broca rentrent les Esquimaux ; dans les mésorrhinniens, les Blancs allophyles, les Finnois, les Esthoniens de même que les Papous. D'autre part, les différences individuelles sont ici également bien plus grandes que celles qui diviseraient les races. Chose plus essentielle : Broca ne nous donne pas l'âge de ses sujets. Or, l'indice nasal, d'après ses propres évaluations, varie avec les années. Il serait de 76,80 chez un embryon ; de 62,18 chez un fœtus à terme ; de 50,20 chez un enfant de six ans.
Les anthropologistes, s'étant ensuite servis de différents procédés de mensuration, devraient naturellement trouver des écarts considérables entre les races humaines. Constatons qu'en général les mensurations se font d'une façon peu rigoureuse. Avec le manque d'unité dans les procédés, on se heurte à une variété infinie de points de départ. Les résultats de tous ces travaux restent dans ces conditions peu concluants. Tout ce que nous savons sur ce sujet se réduit surtout à des impressions visuelles. Nous voyons ainsi que les nez se trouvent souvent développés chez les blancs en saillie, tandis qu'ils sont aplatis et développés en largeur chez les noirs et les jaunes. Topinard indique une série de considérations qu'il faudrait faire entrer dans les mensurations du nez afin d'arriver à des résultats sérieux. On devrait avant tout insister sur la hauteur maximun (l'indice transversal) qui se mesure avec un compas à glissière, verticalement delà racine
du nez à sa base ; la largeur du nez (indice antéropostérieur) des points les plus écartés des ailes du nez; la saillie du nez, qui va de sa pointe au poinS -ous-nasal, etc., etc.
La base, les narines, le dos du nez sont également des plus importants. Ainsi, pour le dos, Tangle ie son inclinaison, sa direction rectiligne, coudée 3u bosselée, convexe (variété aquiline) ; concave retroussé) ; sa forme en toit, arrondie, épatée ; pour ies narines leur forme elliptique, spéciale ou arrondie ; leur plan en avant, en bas, en arrière, en dehors ; la direction de leur axe, antéro-postérieure, oblique ou transversale, etc., etc., autant d'éléments qu'on ne pourrait point négliger comme principes de comparaison. La multiplicité de toutes ces données, donlchacune a sa valeur caractéristique, rend pourtant difficile leur application, et le nez, comme trait typique de l'humanité comparée, attend encore un -avant patient, rigoureux et persévérant, qui voudrait, peut-être au prix d'une vie humaine, lui consacrer un travail définitif.
En' attendant nous avons des monographies de ♦létails qui nous apprennent les différences dans Findice nasal transversal, antéro-postérieur, etc. N'oublions pas que toutes ces opérations laissent encore beaucoup à désirer, surtout en ce qui concerne le nombre insuffisant d'individus .représentatifs des races ou des variétés humaines. Ainsi Topinard ^Uablit son indice nasal transversal après avoir utilisé pour ses mensurations un Papou, un Australien
un buste cochinchinois, etc. E. de Mérejkovsk^ après avoir étudié le dos du nez sur une série de crânes humains, est arrivé à la conclusion que celuici est bien plus plat chez les peuples primitifs que chez les peuples civilisés. Son indice embrasse la hauteur du nez de la racine en ligne droite jusqu'à l'angle de son inclinaison. Les Polynésiens suivent en ce cas les Blancs ; viennent ensuite les Américains^ les Mélanésiens, les Mongols, les Malais et les Nègres.
Topinard distingue également : «) la profondeur de l'échancrure de la racine, qui, considérable chez les Mélanésiens, assez prononcée chez la plupart des Européens, est faible chez les Mongols, chez les Arabes et dans l'ancien type grec (Vénus de Milo) ; b) les nez épatés et écrasés, autrement dit les nez aplatis, spéciaux aux Chinois, aux Malais, aux Nègres, etc. ; c) la voussure du nez spéciale comme brisée et coudée (chez les Bourbons), plus générale chez les Américains et qui prend une forme aquiline, particulière aux Juifs, aux anciens Assyriens, aux Arabes avec de nombreuses sous-divisions, etc.
Le nez fournit en somme un caractère descriptif assez intéressant. Mais l'insuffisance de ses mensurations, de même que leur méthode défectueuse, ne permet point de baser sur sa diversité une division raciale entre humains. Il ne faut pas oublier non plus que la morphologie nasale dépend avant tout de la configuration de la face et du crâne. En vertu de la loi de la coordination des traits, il fau-
(irait admettre qu'avec révolution du crâne change aussi la structure du nez.