STËATOPYGIE, LONGUEUR DES SEINS, TABLIER
Si cette information était exacte, nous trouverions peut être une explication plausible de ce phénomène au moins bizarre dans les conditions du milieu. Il serait intéressant de faire une contreexpérience et de soumettre des femmes stéatopygiques à l'influence d'un milieu différent. D'après toutes les prévisions probables, ce phénomène disparaîtrait auboutdequelquesgénérations. L'expérience n'ayant pas été tentée, il nous paraît impossible d'adopter l'opinion des anthropologistes, dont plusieurs, aussi circonspects que l'est Topinard, voudraient voir dans la stéatopygie une démarcation anthropologique profonde entre les races.
Elle séparerait les humains de même que se trouvent séparés le chien du loup, la chèvre de la brebis ! Rien que la rareté de ce phénomène rend celte conclusion excessive ; l'exemple des femmes boers l'affaiblit en outre singulièrement, et le manque absolu d'une contre- expérimentation dans le sens signalé plus haut lui enlève toute valeur scientifique. Ajoutons qu'il ne s'agit là que d'une augmentation de graisse locale sujette à gradation, mais non point de Tapparition d'un organe ou trait irréductible. Elle nous frappe lorsqu'elle est poussée à un degré excessif, mais elle existe néanmoins à l'état intermédiaire chez maintes femmes blanches. Rappelons, du reste, que certaines images retrouvées dans les ruines de Pompéï nous présentent ce genre* de « croissance » plutôt comme un signe de beauté I
Nos goûts esthétiques peuvent, d'ailleurs, être cho-
qués à loisir à la vue de ces ballons flottants de graisse ; ceux des femmes de là-bas n'en restent pas moins en plein désaccord avec nous. Elles y trouvent, au contraire, un trait de beauté de plus et l'exhibent avec la même fierté que les femmes blanches leur faux chignon, leurs faux seins.
Quant à rallongement exagéré des seins et du tablier, on les rencontre bien plus rarement chez les mêmes femmes boschimanes. Les voyageurs nous^ signalent, il est vrai, qu'il y a des femmes qui peuveat entourer de leurs seins leurs épaules, comme il y en a qui auraient les petites lèvres de leur organe génital tellement allongées, que celles-ci forment presque un tablier. 11 atteindrait chez certaines femmes boschimanes de 15 à 18 centimètres.
Sans vouloir insister autrement sur ce sujet délicat, remarquons que ces trois phénomènes se retrouvent dans le même type humain vivant dans les mêmes conditions du milieu. Ils ne s'y rencontrent pas en outre d'une manière générale et obligatoire, mais sporadique. Chose plus importante : envisagés au point de vue de la transition des traits humains, ils ne peuvent être considérés comme des caractères irréductibles et exceptionnels de certains peuples et races.
L'allongement exagéré des seins s'explique même facilement par le procédé regrettable de tirer les seins, que pratiquent certaines femmes boschimanes et holtentotes. D'après Ranke, on voit des femmes
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paysannes du nord de la Hollande, de même que certaines femmes dalmatiennes, accusant pour la même raison une longueur excessive des seins.
D'autre part, le « tablier » se rencontre plus fréquemment qu'on ne le pense chez des jeunes filles blanches. Une étude comparative, qu'on ne manquera pas de faire un jour, nous réserve sans doute quelque surprise à ce sujet. Nous ne pouvons pour le moment nous empêcher de constater qu'au point de vue simiesque, considéré par maints anthropologistes comme critérium de beauté, l'existence du tablier constituerait une préférence bien enviable ! Chez les femelles gorilles, les petites lèvres restent presque absolument invisibles. Il faudrait logiquement apprécier comme Irait de supériorité le spectacle frappant que nous offre le tablier I