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CHAPITRE II

Les Débuts d’une Carrière :

Jacques de La Grange, Commissaire des Guerres

Jacques de La Grange arrive à Ath, en qualité de commissaire des Guerres, à la fin de juillet 1671. Son rôle sera de mettre cette ville en état de défense et d'y faire exécuter les grands travaux conçus par Vauban.

Ce dernier est chargé de fortifier les places de Flandre et du Hainaut. En septembre 1671, il s'occupe à la fois de Charleroi, Ath, Oudenarde, Tournay, Lille, Commines et Dunkerque. Il va constamment d'une ville à une autre, passe son temps en inspections répétées. Entre La Grange et lui règnent d'excellents rapports, le commissaire faisant de son mieux pour s’employer à l’avancement des travaux. Une fois, seulement, Vauban marque à Louvois un certain: mécontentement vis-à-vis de son subordonné: «La fondation de la grande écluse [d’Ath] est considérablement avancée, écrit-il, et, avec un peu de beau temps, cet ouvrage sera bientôt hors de page. Une chose, seulement, m'y a chagriné, c'est que l’on n’a pas encore travaillé à la charpenterie du radier qui, cependant, est un ouvrage long à faire. J'en ai un peu tempêté Messieurs de La Grange et de La Lande et j'ai eu raison. Au reste, le premier se met aujourd'hui en campagne pour en avoir les

bois. » (1).

{1). — D. G. Vol. 262: Lettres-Mémoires de Vauban à Louvois, datés de Dunkerque, le -8 septembre 1671, et de Lille, le 27 septembre.

Rechercher les matériaux de pierre, de brique ou de bois, se les procurer aux conditions de prix les plus avantageuses, les faire parvenir au lieu de leur utilisation et surveiller leur emploi en conformité des ordres reçus, telles sont les attributions du commissaire au début de son séjour. Un grand nombre de défenses s'élèvent, mais le temps, mauvais en cet été et cet automne de 1671, gêne les travaux (:). L'eau ameublit à l'excès le terrain fraîchement remué. Des poussées se produisent annihilant les efforts dés terrassiers, emportant les ouvrages de maçonnerie. Les bastions de Bourgogne, de Namur et de Hainaut s’écroulent en partie ou se lézardent. La pluie ravine le glacis de Montferon (?). Presque journellement, La Grange rend compte à Louvois de l'état d'avancement du travail. Celui-ci donne des ordres d'une précision extrême. Pour fixer le sol, on sème du gazon sur les contre-glacis, on plante des haies vives et des arbres en quinconce. Le ministre prescrit d'utiliser des ormeaux. On devra les trouver dans la région, les arracher et les repiquer en trois jours. Les trous, d’une dimension indiquée, devront avoir été creusés d'avance. L'opération aura lieu après la Toussaint, les plantations d'automne étant meilleures que celles du printemps (°). Qu'un propriétaire terrien donne à ses gens de telles instructions, c'est chose naturelle, mais qu’un homme comme Louvois, aux attributions innombrables, ait trouvé le loisir de s'occuper de détails aussi menus, .cela déconcerte un peu.

Autour des fortifications, on a creusé des fossés. Ils sont presque terminés en septembre 1672, si l’on en croit cette lettre de Louvois à Vauban: « Je suis bien aise que vous soyiez content de la grande écluse d’Ath. Il faut, dorénavant, laisser l’eau aller dans les fossés et donner ordre que, quoi qu'il arrive, on ne l'ôte plus et que, quelque débordement qui puisse survenir, l’on ne donne point cours à la rivière (“) par dedans lesdits fossés » (°).

A l'intérieur de la ville, s'élèvent des casernes pour la construction desquelles La Grange s’est procuré de la brique cuite. Le ministre, toujours prévoyant, lui recommande de faire peindre à l'huile les portes, fenêtres, balustrades, enfin tout ce qui est en bois pour en assurer la conservation (°). Quant à l'arsenal, Louvois ordonne qu'on y travaille de jour et de nuit. Si les entrepreneurs et

(1). — D. G. Vol. 261 et 262: Lettres de La Grange d'août à décembre 1671. (2). — D. G. Vol. 261: Lettres de La Grange des 6 et 30 août 1671.

G). — D. G. Vol. 261: Lettres de Louvois à La Grange, du 3 septembre 1671. (4). — Cette rivière est la Dendre, affluent de l'Escaut.

(5). — D. G., Vol. 294: Lettre de Louvois à Vauban, du 11 septembre 1672. (6). — D. G. Vol. 261: Lettre de Louvois à La Grange, du 22 septembre 1671.

les ouvriers d’Ath ne suffisent pas à la tâche, il faut s'adresser à ceux de Tournay (1). Les moulins, dont l'existence est nécessaire pour que la place puisse soutenir un siège, sont devenus inutilisables du fait des travaux qui ont modifié le cours de la Dendre. Les échevins s’en plaignent. Le commissaire, en transmettant leurs doléances à Versailles, déclare qu'il s’efforcera de les résoudre à bâtir des moulins à vent, bien que « Messieurs du Magistrat » aient argué, pour ne pas le faire, de la pénurie de leurs moyens financiers (2).

Ces travaux sont exécutés tantôt directement, en régie, selon l'expression moderne, aux frais et risques du Roi, ou bien ils sont confiés à des entrepreneurs auxquels ils ont été adjugés à forfait. Quelquefois, les deux systèmes existent simultanément: les entrepreneurs utilisent de la main-d'œuvre militaire ou des matériaux fournis par le commissaire des Guerres. Lorsqu'une adjudication doit avoir lieu, les bans sont publiés à l'avance. Vauban vient, généralement, la présider en personne (%). Elle est faite au rabais. L'adjudicataire est tenu de fournir une caution. Le délai d’exécution des travaux varie avec leur importance. Il est souvent de six mois (*). On s'efforce, autant qu’on le peut, de faire coïncider cette période avec la belle saison, aussi passe-t-on les marchés dé préférence au mois de mars, dès que le ministre a fait savoir au commissaire des Guerres la somme affectée pour l’année à ce genré de dépenses. Toutes ces règles sont suivies aujourd'hui, avec des formalités identiques.

En 1672, le devis estimatif du coût des travaux à effectuer pour les fortifications se monte à 148.881 livres. Louvois écrit à La Gränge qu'il pourra disposer, en plus des crédits alloués, de tous ceux qui ont recu cette affectation, dans les exercices antérieurs, et qui n'ont pas été consommés (°). Cette pratique, encore, est courante de nos jours. Grâce à la récupération de ces disponibilités, des travaux supplémentaires sont entrepris et le total de la dépense atteint 230.024 livres (°).

Il arrive parfois que des terrains inutilisés en totalité ou en partie soient remis en vente. C'est ainsi que, le 5 février 1672, Louvois écrit à Vauban: « Je mande à La Grange de vendre autant de

(1). — D. G. Vol. 261: Lettre de Louvois à La Grange du 20 août 1671.

(2). — D. G., Vol. 296: Lettre des Echevins d'Ath à Louvois du 13 décembre 1672. Lettre de La Grange à Louvois du même jour.

(3). — D. G., Vol. 310: Lettre de La Grange à Louvois du 16 janvier 1673.

(4). — D. G. Vol. 310: Lettre de La Grange à Louvois du 31 mars 1673.

(5). — D. G., Vol. 292: Lettre de Louvois à La Grange du 6 février 1672.

(6). — D. G., Vol. 271: Lettre de La Grange à Louvois du 10 juillet 1672. Le

devis est joint à la lettre.

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places qu'il pourra à Ath, pourvu qu'il n’en reçoive pas moins de sept écus la verge carrée » (:). Dix jours après, le commissaire reçoit l’ordre d’affecter le produit de ces aliénations au pavage des avenues conduisant aux portes de Bruxelles et de Tournay, ces menues recettes étant presque toujours employées sur place (?).

Pour mener à bien la grande tâche entreprise, il fallait à Ath une main-d'œuvre nombreuse. Toutes les semaines, La Grange envoie au ministre l’état des ouvriers présents. Le nombre en est élevé en été. Il diminue progressivement jusqu'en hiver pour augmenter ensuite avec les journées plus longues. Dans la première moitié d'octobre 1671, il y a, dans la ville, 2.322 travailleurs, dont 977 terrassiers, 232 tailleurs de pierre, 195 macons, 448 manœuvres (5). Au mois de janvier suivant, ce chiffre descend à 186, dont 86 terrassiers occupés au bastion d'Artois (“). Lorsque les équipes sont directement sous ses ordres, le ccmmissaire des Guerres leur procure lui-même les outils et instruments nécessaires. Au printemps 1673, il fait faire ou réparer, pour leur usage, 10.664 hotes et 2.500 bretelles de sangle de corde avec leurs ficelles (5).

Avant que deux années se soient écoulées, les efforts conjugués de Vauban et de La Grange ont un beau résultat, si l’on en croit une missive que le premier expédie à Louvois le 10 mars 1673, à propos des casernes d’Ath: « Les choses (les adjudications) ont été faites dans toutes les formes requises et les prix ravalés aussi bas qu'ils puissent aller. M. de La Grange vous en doit envoyer le marché et je crois, Monseigneur, que vous en serez content et qu’à votre première tournée vous demeurerez d'accord que le plus beau bâtiment de gens de guerre, que vous ayiez encore fait faire, sera celui-là ». Et il ajoute: « Ath n’est pas une place à pouvoir être traitée brusquement, tant qu'il y aura une garnison tant soit peu raisonnable » (5).

Fortifier la ville où il était envoyé n'était pas la seule attribution de Jacques de La Grange. Il devait, en outre, approvisionner la garnison en vivres, en vêtements, en fourrages. Il devait alimenter son arsenal et faciliter ses communications avec l'extérieur. Le 17 mars 1672, Louvois lui ordonne de prendre à « Messieurs les fermiers généraux » 2.400 setiers de blé pour la fourniture en pain

(1). — D. G. Vol. 292: Lettre de Louvois à Vauban du 5 février 1672. Lettre à La Grange du même jour pour dire la même chose.

. G., Vol. 292: Lettre de Louvois à La Grange du 15 février 1672.

. G., Vol. 262: Lettre de La Grange à Louvois du 18 octobre 1671. . G., Vol. 292: Lettre de La Grange à Louvois du 17 janvier 1672.

+ G., Vol. 310: Lettre de La Grange à Louvois du 13 avril 1673.

. G., Vol. 338: Lettre de Vauban à Louvois du 10 mars 1673.

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des troupes d’Ath, pendant la campagne prochaine, à partir du 17 mai. Chaque soldat doit avoir une ration journalière de « vingtquatre onces poids de marc» (:). Des lettres analogues sont envoyées à tous les intendants et commissaires des Guerres. Quelques mois plus tard, la provision diminue. La Grange propose de mélanger pour moitié de la farine de seigle à celle de froment. La bonne nourriture des troupes est, pour lui, une préoccupation constante. La revue mensuelle qu'il passe des compagnies lui fournit l'occasion d'envoyer au ministre un rapport circonstancié sur leur état. Dans l'hiver 1672, il signale la mauvaise situation du Régiment de Carignan. Les soldats y sont mal habillés et mal nourris. Les officiers en prennent trop peu de soin. Il y en a beaucoup de malingres. Pour les rétablir, il faudrait créer une « marmite commune », où ils auraient du bouillon et de la viande (?).

Les cantines étaient, dès ce temps-là, mises en adjudication et, pour recevoir la licence de vendre dans les casernes, les négociants candidats devaient prendre certains engagements (®). Des difficultés étaient fréquemment soulevées soit par les fermiers du Domaine, soit par les magistrats des villes, qui prétendaient soumettre les cantiniers aux impôts généraux ou locaux, selon leur avantage propre. C'est La Grange qui a la police en cette matière. Pour apaiser un conflit, il prend, en novembre 1671, une ordonnance pour le mesurage des liqueurs (<). Il intervient auprès des brasseurs, afin d'éviter des prix trop élevés. Ceux-ci s'engagent à fournir la bière aux cantines au taux de « deux patars la forte, un patar la moyenne et la petite à deux liards, pour la commodité du soldat » Ce

Le commissaire des Guerres fait faire des vêtements militaires et, notamment, des capotes (5). La fourniture des corps de garde en bois et chandelle incombe au magistrat, c’est une charge de la communauté. L’avoine, les fourrages nécessaires à la cavalerie sont conservés dans les magasins du Roi. L'effectif des chevaux est assez important, il atteint deux cents bêtes dans l'hiver 1671- 1672 ("), et il se trouve souvent augmenté, lors des passages de troupes. Les magasins étant insuffisants, La Grange, sur le conseil

de Colbert, réquisitionne des greniers appartenant aux habitants.

G., Vol. 292: Lettre de Louvois à La Grange du 17 mars 1672.

G., Vol. 261: Lettre de Louvois à La Grange du 14 août 1671. G., Vol. 292: Lettres de Colbert à La Grange du 16 janvier 1672 et et de La Grange à Colbert du 21 janvier.

(2). — D. G. Vol. 296: Lettre de La Grange à Louvois du 2 décembre 1672. (3). — D. G. Vol. 262: Lettre de Louvois à La Grange du 24 novembre 1671. (4). — D. G., Vol. 262: Lettre de La Grange à Louvois du 28 novembre 1671. (5). — D. G., Vol. 294: Lettre de La Grange à Louvois du 27 septembre 1672. (6). — D. G., Vol. 29%: Lettre de La Grange à Louvois du 27 novembre 1672.

A côté de ces approvisionnements, il en est d'autres qui visent le cas où la place aurait à se défendre. Le commissaire entreprend de nombreux voyages pour se procurer de la toile, avec laquelle on fabriquera des sacs à terre. En février 1672, il en achète pour en faire 75.000. Louvois lui avait écrit ces sages recommandations: & Il n'est pas nécessaire que-la toile qui y doit être employée soit à beaucoup près aussi fine que celle qui a servi pour les sacs à blé et vous en devrez acheter la plus grosse qui se pourra trouver... » (1). Enfin, l'arsenal, achevé dès la fin de septembre 1671, est garni de boulets, de poudre et de grenades (2).

Pour que Ath puisse être facilement ravitaillé, La Grange fait réparer des bateaux. Il commande les ancres et les cordages nécessaires (). Les chemins de terre sont améliorés. Il oblige le maître de poste à acheter trois chevaux en plus des neuf qu'il possédait déjà. Quant au loueur, qui en a six, il ne devra plus les donner aux bourgeois, comme jadis, mais les réserver pour les courriers (“). L'imminence des opérations militaires qui allaient être entreprises justifiait cès mesures. Il ne fallait pas que la ville pût rester isolée, sans nouvelles.

Comme toutes les places du pays, Ath n'abritait pas seulement sa garnison. Les troupes de passage s’y arrêtaient. Elles y faisaient des séjours plus ou moins longs, suivant le besoin qu'elles avaient de reconstituer leurs effectifs. La Grange devait, selon le terme encore employé aujourd'hui dans l'administration militaire, les « prendre en subsistance », c’est-à-dire leur procurer, au moins au point de vue nourriture, tout ce qui leur était nécessaire.

Alors que le rôle de nos modernes intendants d'armée atteint à peine les attributions que nous venons d’énumérer, celui du commissaire des Guerres est beaucoup plus large. Il doit rendre compte au ministre de l'état dans lequel se trouvent les troupes, au point de vue tenue, habillement, discipline. Il n’est pas seulement question des soldats dans ses rapports. Il s'occupe tout autant des officiers. Il exerce un contrôle sur leurs actes et, par lui, Louvois sait exactement ce qui se passe dans les moindres fractions d'unités. Si le ministre, ainsi renseigné, a une injonction à adresser, le commissaire sera son délégué naturel. La Grange écrit, le 29 septembre 1672, qu'il réunira, le lendemain, dans la « salle », les capitaines, pour leur mander ce que Louvois désire leur faire entendre, au sujet du rétablissement des compagnies, et qu'il rendra compte de

(1). — D. G., Vol. 292: Lettre de Louvois à La Grange du 5 février 1672. (2). — D. G., Vol. 261: Lettre de La Grange à Louvois du 27 août 1671. 6). — D. G., Vol. 310: Lettre de La Grange à Louvois du 16 mars 1673. (4). — D. G. Vol. 338: Lettre de La Grange à Louvois du 4 juin 1673,

leurs résolutions (1). Lorsque les observations ne produisent aucun effet, des sanctions efficaces sont prises contre les officiers récalci-

trants: on ordonnée au trésorier de ne plus leur verser leurs appointements (?). |

Le contrôle de La Grange s'exerce même sur les militaires les plus élevés en grade. En 1673, une dispute éclate entre le comte de Nancré, gouverneur d'Ath, et le sieur Mareschal, receveur du Domaine. Celui-ci est frappé. Il va s’en plaindre à Paris. Le commissaire des Guerres juge nécessaire d'en aviser le ministre. Il ajoute qu'on ne peut connaître l’exacte vérité, les seules personnes présentes étant des domestiques ().

Etant chargé de veiller au bon entretien des soldats, La Grange doit aussi les empêcher de faillir à leurs devoirs. Au printemps 1672, il informe contre un déserteur du Régiment de Castelnau, qui venait débaucher ses camarades. L'affaire se complique, l'homme ayant pour complice un bourgeois d’Ath, le sieur Hénin, qu'il accuse d’avoir relevé les plans de la forteresse et de les avoir portés au comte de Monterey, gouverneur espagnol de Bruxelles. L'intendant de Lille, Le Peletier, confie au commissaire le soin de faire des perquisitions dans la ville. Celles-ci, d’ailleurs, demeurent sans résultat (<).

Pour reconstituer leurs unités, les officiers sont obligés de chercher des recrues dans lé pays même (5). La Grange signale ceux qui y mettent le plus de diligence. Il se préoccupe des soins donnés, dans les hôpitaux, aux soldats malades ou blessés, dont le nombre va augmenter à la reprise des opérations militaires. Aux infirmes et incurables, il donne des certificats, pour permettre leur entrée à l'Hôtel des Invalides (S).

En période de guerre, le rôle du commissaire est plus actif encore. Pendant l'été 1672, il accompagne les troupes devant Utrecht ('). En juin 1673, Louvois rejoint l’armée assiégeant Maëstricht. Il envoie, aussitôt, ses instructions à La Grange: « Ce mot n'est que pour vous dire de m'avertir ponctuellement, tous les jours, de ce que vous apprendréz des démarches des Espagnols, des remaniements de troupes et changements de garnison, qu'ils pourraient

(1). — D. G. Vol. 294: Lettre de La Grange à Louvois du 29 novembre 1672.

(2). — D. G. Vol. 293: Lettre de La Grange à Louvois du 6 juin 1672.

(3). — D. G., Vol. 310: Lettre de La Grange à Louvois du 23 avril 1673.

(4). — D. G., Vol. 292: Lettres de La Grange à Louvois des 29 et 30 mars 1672. Lettre de Le Peletier à Louvois du 1° avril 1672.

(5). — D. G. Vol. 339: Lettre de La Grange à Louvois du 2 octobre 1673.

(6). — D. G., Vol. 296: Lettre de La Grange à Louvois du 8 novembre 1672.

(7). — D. G. Vol. 276 et 278: Lettres de La Grange à Louvois des mois de juillet, août et septembre 1672.

faire, et des assemblées, en cas qu'ils en fassent, et que vous n'épargniez rien pour en être bien ponctuellement averti, c'est-à-dire que vous envoyiez tous les jours dans les lieux où il y aura quelque assemblée de troupes ou quelque préparatif, pour en avoir aussitôt avis et me le donner, en même temps, en chiffre » (:). La Grange obéit. Des agents vont partir pour toutes les places espagnoles. Pour ses rapports, il utilisera normalement les « ordinaires » et les « courriers »: mais, en cas d'urgence, il enverra des « exprès » (2). Quatre jours après, Louvois insiste encore: « Soyez fort alerte sur ce que je vous ai mandé le 18 et mandez-moi tous les jours des nouvelles de ce que vous apprendrez de tous les endroits où vous enverrez des gens. Vous pourrez, ce me semble, vous servir utilement pour cela du bailli de Cambron, lequel me parut, dans le dernier voyage, fort affectionné et fort intelligent pour le service

du Roi » (%).

Le commissaire s'emploie de son mieux à satisfaire le ministre. Chaque jour, il lui envoie, par lettres chiffrées, les nouvelles et lui fait part des bruits que ses espions ont recueillis à Bruxelles, Louvain, Malines, Valenciennes, Condé, Mons. À la fin de juin, les garnisons espagnoles se remuent. On attend la jonction de leur cavalerie avec celle de Hollande. Quant à l'infanterie, elle esquisse un mouvement pour se porter au secours de Maëstricht (4). En fait, la « réduction » de cette ville empêche les ennemis d'aller plus avant (°). Leurs troupes réintègrent les places fortes, dont certaines sont médiocres, comme Bruxelles, qui n'est pas défendable « à cause de l'inégalité du terrain et des hauteurs qui joignent cette ville du côté de la porte de Louvain » (©).

La prise de Maëstricht modifie sensiblement les attributions de La Grange. Il quitte Ath aux environs du 10 juillet 1673 pour y venir résider. [Il y mène, pendant plusieurs semaines, une véritable vie d'officier. Tous les matins, il fait faire l'exercice, en particulier, à chaque escouade. Tous les huit jours, il conduit à la manœuvre deux bataillons à la fois (7). Mais son séjour dans cette ville ne doit pas se prolonger. Dès le début de septembre (5), il est chargé

(1). — D. G., Vol. 338: Lettre de Louvois à La Grange du 18 juin 1673.

(2). — D. G., Vol. 338: Lettre de La Grange à Louvois du 21 juin 1673.

G). — D. G., Vol. 338: Lettre de Louvois à La Grange du 22 juin 1673.

(4). — D. G., Vol. 311 et 324: Lettres de La Grange à Louvois des mois de juin et juillet 1673. ï

(5). — D. G., Vol. 324: Lettre de La Grange à Louvois des 2 et 5 juillet 1673.

(6). — D. G., Vol. 262: Lettre de La Grange à Louvois du 12 octobre 1671.

(7). — D. G. Vol. 311: Lettre de La Grange à Louvois du 25 juillet 1673.

(8). — D. G. Vol. 351: La première lettre de La Grange à Louvois datée de Brisach et traitant des travaux de cette place est du 12 septembre 1673.

de la surveillance des travaux en cours dans différentes places d'Alsace et s'occupe de leur approvisionnement en vivres et en matériel. Au milieu de novembre (1), il quitte Maëstricht et va résider à Brisach, où il demeurera désormais, de façon continue, pendant huit années.

(1). — D. G., Vol. 340: La dernière lettre de La Grange à Louvois est datée de Maëstricht du 4 novembre 1673.

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