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LA MESSE

La grand'messe fut chantée par Sa Grandeur Mgr Taché, archevêque de St-Boniface, Manitoba, et doyen des évêques du Dominion. js

Les cérémonies, faites avec ensemble, exactitude et une merveilleuse aisance par les élèves ecclésiastiques du Séminaire de Québec, étaient sous la direction du maître des cérémonies de Son Éminence, M. l'abbé C.-Octave Gagnon. La Basilique de Québec a été, de tout temps, renommée pour la beanté de ses cérémonies ; et l’on sait combien toutes les dispositions du Cérémonial Romain y sont en honneur. Aussi, dans cette circonstance, on eût pu facilement croire assister à une fête pontificale dans Saint-Pierre de Rome ou à Saint- Jean-de-Latran. Ce qui a contribué beaucoup à la pompe des cérémonies, c’est la richesse des ornements des ministres sacrés. Les ornements de la Basilique de Québec, faits sur le modele de ceux qui furent donnés par Louis XIV, sont d’une beauté qu'on trouve rarement à un degré égal dans les vestiaires des églises d'Europe.

Un chœur puissant, composé de nos principales sociétés musicales, sous la direction de M. Gustave Gagnon, exécuta magisiralement la messe du Saere de Charles X de Chérubini. M. Ernest Gagnon tenait l'orgue avec le talent sympathique qu'on lui connait.

A l'épître, Mademoiselle Eugénie Tessier, la touchante et étonnante aveugle que l'Hospice de Nazareth de Montréal a

donnée à l’art canadien, et qui s'était fait entendre déjà la veille au Festival, a merveilleusement rendu l’Ave Maria de Chérubini: de l’aveu de tous, elle ne l’a pas simplement chanté, elle l'a prié ; car la voix de Mademoiselle Tessier remue les cordes les plus intimes du cœur. Au Credo, Mademoiselle O'Brien a chanté avec beaucoup de talent le solo Et incarnatus est.

Le succès musical de la messe a été incontestable ct fait le plus grand honneur aux exécutants et aux artistes qui l'ont préparée.

Enfin nous ne saurions passer sous silence deux morceaux, Panis angelieus et Domine Salvum fac regem, exécutés par des voix d'enfants placés dans une chapelle écartée, et qu'on aurait pris pour un chœur angélique chantant dans le lointain.

Après la messe, Mgr Gravel, évêque de Nicolet, a donné le sermon de circonstance. Sa Grandeur a été admirablement inspirée, et tout l'auditoire n'a eu qu’une voix pour reeonnaître qu'Elle avait touché la note juste. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ce magnifique discours.

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