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Au commencement , Dieu créa les cieux et la terre

Nous avons aujourd’hui à considérer un objet tout plein de gloire. Ce n’est pas seulement les cieux et les cieux des cieux, c’est infiniment plus: c’est la création des cieux et des cieux des cieux. — Cen’est pas seulement la splendeur , l'étendue, la lumière , les mouvements et les espaces intinis du ciel : c’est le moment mystérieux et sublime où toutes ces beautés et toutes ces grandeurs sortent du néant, et où l'Eternel les fait venir à l’existence par un seul acte de son ineffable volonté.

Au commencement, dit votre premier verset, Elohim créa les cieux. — « Les cieux, »

dit aussi l’Ecriture que vous venez de réciter

(au Ps. XIX), « les cieux racontent la gloire » du Dieu fort, et l’étendue donne à connaître » l’ouvrage de ses mains. Un jour fournit en : » abondance de quoi parler à l’autre Jour , et » une nuit montre la science à l’autre nuit, Il » n’y a pointen eux de langage, il n’y a point » de paroles; toutefois leur voix est entendue.»

Je vais m’attacher , mes amis, à vous montrer comment « leur voix est entendue. »

Elle parle à nos yeux, elle parle à nos intelligences, elle parle à nos cœurs. — Elle parle d’abord à nos yeux avec une beauté, une variété, une puissance extraordinaire autant que charmante. Elle leur raconte la gloire du Dieu fort, elle la proclame à l’ignorant comte au plus savant; au berger pieux des Ormonts, qui ouvre le matin la porte de son châlet sur là montagne, comme à lastronome de notre observatoire qui passe la nuit en silence près de ses instruments, et qui suit de l’œil avec émotion des soleils et des mondes , pendant qu’il les voit traverser comme l'aigle le champ merveilleux de son télescope.

Elle parle ensuite à nos #ntelligences ; elle leur fait entendre des révélations sublimes : elle les confond ; elle leur montre des sages-

ses, des grandeurs , des infinis dont aucun autre langage ne saurait égaler la puissance ; elle leur raconte la gloire de Dieu; un jour Pannonce à un autre jour, et une nuit lenseigne à celle qui lui succède.

Enfin, elle parle à nos cœurs un autre langage plus éloquent et plus magnifique encore, quand elle vient nous dire : « O homme ! le créateur de toutes ces grandeurs , c’est ton Dieu qui ta voulu sauver, cest ton Pere !

O homme! ce Fils unique de Dieu, sa Parole éternelle, qui était avec Dieu au commencement et qui était Dieu, qui a tout fait et sans qui rien de ce qui a été fait n’a été fait, celte Parole a été faite chair; ce Fils unique de Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, par un amour plus grand que toutes ces grandeurs, est venu vivre et mourir ici-bas pour expier tes ahominables péchés ; el quand il est venu , il n’avait pas un lieu pour reposer sa tôle ! »

Ah! certainement, nous pouvons dire à la vue des cieux, si nous voulons nous y rendre attentifs , ce que disait Jacob quant il eut sa vision de Béthel : Certainement l'Eternel est ici, el je n’en savais rien! C'est ici la mai-

ch AE son de Dieu; c’est ici la porte des cieux !

Oui, mes enfants, il y a dans les cieux une voix qui nous crie : L’Eternel est ici ! Chaque malin , chaque soir , chaque instant nous ré: vèle sa puissance et nous raconte sa gloire.

Un jour l'annonce à l’autre jour ; une nuit lenseigne à l'autre nuit. Il n’y a point en eux de langage, ü n'y a point de discours, el toutefois leur voix est entendue !

Au commencement, Elohim créa les cieux el la terre.

IL faut d’abord vous rappeler que comme :

dans la Bible le mot ferre a deux sens, de même aussi dans la Bible le mot cieux en a trois ; ou plutôt la Bible distingue trois ciels créés de Dieu. D’abord le premier ciel , quand elle dit : « Les oiseaux du ciel, les nuages du ciel, les quatre vents du ciel. » C’est ce qu'on appelleaussi l'atmosphère , mais ce n’est pas de ce ciel-là que nous parle notre premier verset; il n’en sera question que dans la leçon prochaine, où nous reparlerons de la terre. Ce premier ciel ne s'élève qu’à 14 lieues au-dessus du mont Blanc. On a pu le mesurer , soit par l’observation du lever des aurores, soit par celle du baromètre. Il y a même

TT AE déjà si peu d'air à la hauteur du mont Blanc, qu’on a beaucoup de peine à y respirer.

Mais ensuite, par-dessus ce premier ciel , à d'immenses hauteurs, il y a le deuxième ciel, le ciel des astres ; et je vais vous dire aujourd’hui quelques mots de ses magnificences et de ses immensilés , qui dépassent loultes nos pensées.

Vous verrez qu’on a pu mesurer la distance de la lune, qui est à 90,000 lieues de nous; celle du soleil, déjà si grande qu’il faudrait à un boulet de canon faisant 400 lieues par heure plus de dix ans pour y atteindre ; celle des étoiles fixes les plus rapprochées, qui sont pour le moins quatre cent mille fois plus distantes, et celle de tant d’autres qui sont des: millions et des millions de fois plus éloignées encore.

Mais outre ce second ciel, Dieu fit aussi au commencement ce que saint Paul appelle le troisième ciel ou le paradis (2 Cor., XIE, 2, 5,4), ei ce que l’Écriture appelle aussi le ciel du ciel, ou les cieux des cieux, parce que ce troisième ciel est autant au-dessus du second ciel étoilé que ce second ciel est audessus de nous. Ah! « sachez, quant à l’Eter-

nel, » écrivait Salomon au roi de Tyr, alors qu'il voulut bâtir son temple; «sachez, quant à l'Eternel, que le temple que je lui veux bätir ne peut le contenir ; car ni le ciel ni même le ciel du ciel ne le peuvent contenir.» C’est dans ce ciel du ciel que doit être le siège de la gloire de Dieu; c’est là que saint Paul nous dit « avoir été enlevé un jour (si ce fut dans son corps ou hors de son corps ,ilne sait). » C'est là que sont les anges de gloire , là le trône de Dieu et de l'Agneau ; là que seront les saints, qui sont par millions ; là les trônes , les principaulés , les puissances , les séraphins de gloire.

Eh bien! voilà ce que Dieu créa aw commencement : il créa le second ciel, et il créa aussi le ciel du ciel et tous les anges ; car ils furent tous créés longtemps avant l’homme.

Quand celui-ci, beaucoup plus tard, fut placé dans le paradis d'Eden , il y avait déjà des anges qui avaient eu le temps d’accomplir leur épreuve, « les uns ayant gardé leur origine, » et les autres, ditl’Ecriture, «ne Payant pas gardée » (Jude, 6j. — Les anges glorieux , revêlus de lumière et de félicité , y demeuraient déjà dans une innombrable multi-

tude. Vous savez qu’ils se tiennent autour du irône par milliers de milliers , qu'ils contemplent la face de Dieu , qu’ils adorent Dieu, qu’ils exaltent ses louanges et qu’ils volent à son commandement.

Oh ! quelle idée, chers enfants , toute cette création ne nous donne-t-elle pas déjà du Dieu qui l’a faite! Puissance, beauté , sagesse, richesse , grandeur ! Quelle idée aussi de la rédemption ! Quelle idée de la grandeur du Christ, notre Rédempteur ! Pensez à ce que sont les sublimes facultés des anges, leur sainteté , leur intelligence , leur pureté, leur puissance , leur gloire, et par là jugez de ce que doit être Celui qui les a tirés du néant, Celui qui les gouverne, Celui qui les remplit d’une vie impérissable et d’une sainteté sans tache , Celui devant lequel ïls adorent sans cesse !

« Tous les anges de Dieu Padorent, » est-il dit du Fils de Dieu (Héb., I, 6).

Mais j'en reviens au second ciel que nous pouvons contempler de nos yeux, et je dois vous.en dire quelques mots aujourd’hui. Certes, si je voulais vous en réciter les merveilles, du moins celles qui me sont connues , j’aurais à vous parler pendant des semaines et des

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mois. Cest le plus haut sujet d’étonnement qu’ait étudié la science des hommes ; et quand vous serez grands , les découvertes de l’astronomie vous raviront d’admiration.

La vue d’un ciel éloilé à proclamé d’âge en âge la gloire de Jéhovah ; mais, depuis deux ou trois centsannées seulement, les merveilleuses puissances du télescope et celles de la géométrie sont venues ouvrir, pour ainsi dire , les fenêtres de ce monde sur un univers nouveau , donner au ciel des anciens vingt ciels , mille ciels plus lointains et plus vastes , et créer sur ces incommensurables profondeurs les connaissances à la fois les plus étonnantes et les plus certaines. Au moyen des lunettes et des mathématiques, les astronomes ont pu mesurer les hauteurs des cieux, la distance, les dimensions et (le croiriez-vous ?) le poids même de ces énorines corps que vous-voyez briller au firmament, le poids de la lune, le poids du” soleil , le poids des planètes les plus lointaines. .

Je voudrais essayer de vous faire comprendre comment, au moyen de la science mathématique, on peut mesurer la distance des objets les plus inaccessibles et les plus lointains , sans être obligé de s’y transporter.

pont A

Vous savez tous ce que c’est qu’un triangle.

En voici un, par exemple , que je forme avec mes deux pouces placés bout à bout et mes deux index. Vous voyez qu’un triangle est une figure qui à trois côtés et trois angles. Eh bien ! en géométrie, si dans un triangle je puis mesurer seulement un seul des côlés et les deux angles ou écartements que ce côté forme avec les deux autres, je connais tout le reste.

Par exemple , si quelqu'un me disait :

« Monsieur , pourriez-vous , par la géométrie, sans sortir de la promenade de Saint-Antoine, me dire exactement à quelle distance de nous est le sommet du mont Salève ? » — je lui répondrais : Oui, monsieur, parfaitement ; et voici comment. Je mefigureun triangle dont la pointe soil au sommet du Salève, et dont la base soit la Jongueur de Saint-Antoine, Il faut seulement que je puisse , dans ce triangle, mesurer un . seul côté et deux angles. Eh bien! je me les procurerai facilement sur Saint-Antoine.

Je commencerai, pour cela, par y mesurer avec grand soin une ligne allant de la maison Vernet à l'autre bout de la promenade, du côté du lac. Voilà déjà un côté, voilà la base ;

= D elle est de 800 pieds. — Après cela, j'irai vers la maison Vernet pour y placer mon instrument à mesurer les angles. Il se compose tout simplement de deux lunettes qui se eroïsent et dont on peut mesurer les écartementis avec beaucoup de précision. Là donc je dirige une de mes luneties sur l’autre bout de Saint- Antoine , et l’autre lunette sur le sommet du Salève ; je mesure leur écartement , et voilà lun de mes angles. Puis je me transporte avec mon instrument à l’autre extrémité de la promenade , et là, de nouveau, je braque une des lunettes sur le sommet du Salève et l'autre sur la maison Vernet , je mesure également leur écartement : voilà mon second angle. Dès lors je suis maître de mon affaire ; car dans ce triangle, connaissant la base , qui a 800 pieds , et les écartements des deux autres côlés d’avec cette base, Je connaîtrai tout le reste , et je pourrai vous dire combien il y à de toises, de pieds et de pouces de la inaison Vernet au sommet du Salève. Eh bien ! chers enfants , on fait justement ainsi pour trouver la distance de la lune.

Deux observateurs , placés en différents lieux de la terre, mesurent la distance qui les

| — 53 — sépare ; puis ces messieurs, mirant la lune avec leurs lunettes, mesurent l’écartement que cette ligne doit faire avec la ligne allant à Pautre observateur : voilà un côté et deux angles ; et alors, connaissant le tout, on trouve que la distance de la lune est égale à trente fois le diamètre de la terre, lequel, je vous l'ai dit, est de 5,000 lieues. Trente fois 5,000 lieues font 90,000 lieues : voilà la distance de la lune.

Mais à présent, commentconnaîtra-t-on celle du soleil ? car la terre est trop petite pour qu’on puisse s’en servir comme de base pour mesurer cette immense grandeur, Voici ce qu’on a pu faire de très-simple , quoiqu’on ait aussi dautres moyens. — On a considéré le triangle formé par les trois lignes joignant les trois corps, terre, lune et soleil. Dans ce triangle, vous connaissez déjà l’un des côtés : c’est la distance de la terre à la lune, qui est de 90,000 lieues. On peut encore, en second lieu, mesurer facilement un des angles : c’est l’écartement des deux lunettes dirigées en même temps de la terre à la lune et de la terre au soleil. Mais il nous faut encore un second angle, et comment le mesurer ? car nous ne pouvons pas nous transporter à la lune avec

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