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Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre

Quel spectacle imposant nous présenta AE notre lecon de dimanche ! t

Le monde, je veux dire la terre, les cieux et les cieux des cieux, qui sortent du néant au commencement, c’est-à-dire dans les profondeurs des temps passés, il y a des milliers, peut-être des cent milliers et des millions d'années. | |

Nous avons à continuer aujourd’hui ce sujet magnifique ; mais avant, je sens le besoin de répéter avec vous ces paroles du psaume VIII que vous venez de réciter dans vos groupes ; car il faut que nous apporlions tous ici des cœurs remplis d’adoralion.

« O Eternel! mon Dieu, que ton nom est magnifique par toute la terre! tu as mis ta » majesté par-dessus les cieux. — Quand je » regarde les cieux , ouvrage de tés mains , la » lune et les étoiles que tu as arrangéés , je » dis : Qu'est-ce que de l’homme , que tu te souviennes de lui , et du Fils de l’homme que Lu le visites?» (2, 4,5.) Ah ! certainement, chers enfants, si la con : templation des cieux nous ravit d'admiration , il y à une chose qui doit nous étonner plus encore que tout le reste : c’est qu’un tel Dieu se soit souvenu de vers de terre tels que nous sommes ; c'est que lui-même, s'étant fait semblable à nous, « soit venu nous visiter ! » |

Nous ne pûmes étudier dimanche que les deux premiers mots de la Genèse: le mot au commencement et le mot créa.

Ces mots, vous vous le rappelez, nous déclärent, dès l’abord, deux grandes vérités :

la première, qu'il y eut un temps appelé au commencement, où rien n’était que Dieu, ni ciel , niterre, ni matière, ni les anges, ni le moindre grain de poudre ; la seconde, c’est que Dieu créa toutes ces choses de rien : de

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rien notre soleil et tous les mondes de l’immensité ; de rien notre terre et tout ce qui y

t; de rien tous les cieux, et les cieux des cieux ; de rien les choses visibles, et de rien les choses invisibles , trônes , dominations , principautés et puissances.

Voilà ce que nous vimes dimanche ; mais il nous reste ce matin à contempler d’autres vérités non moins importantes , en étudiant les autres paroles de notre premier verset : Aw commencement Dieu créa les cieux et la lerre. Nous avons encore à considérer ces trois mots : Dieu, cieux et terre. Je commence par le mot Dieu.

Vous devez comprendre combien il importe, quand le Créateur des cieux et de la terre donne aux hommes sa Parole écrite pour la première fois, d'en étudier avec le plus grand soin toutes les expressions, mais surtout d'y prendre garde aux noms par lesquels luimême s'est voulu désigner ; car, puisqu'il nous envoie Sa Parole pour se faire connaïitre à nous, il doit avoir fait choix, entre tous les noms possibles, de ceux qui pouvaient nous donner la plus saine idée de ce qu'il est.

Or, ce nom Théos en grec ( Deus en latin ou Dieu en français ) est le terme par lequel les Grecs , dans leurs anciennes versions , et les apôtres dans le Nouveau Testament , ont rendu le terme hébreu d’Etohim employé par Moïse.

Dieu se nomme dans la Genèse, tantôt Jéhovah (Celui qui est), que nous traduisons en français par l'Eternel ; tantôt Elohim , que nous traduisons en français par Dieu. Et dans ce premier verset de la Genèse, c’est Elohim qu’il emploie. — Mais ce qu'il y a de trèsremarquable et ce qu’il faut vous faire observer ici, bien que vous ne soyez encore que des enfants, c’est que ce mot est un nom pluriel, tandis que le verbe qui Paccompagne est au singulier. — Mais pourquoi, demanderat-on, Dieu, qui s'attache si constamment dans toute la Bible à déclarer que « l'Eternel est un » seul Dieu et qu’il n’y en à point d'autre , » emploie-t-il ainsi, dès la première ligne de ses Ecritures , un nom pluriel ? — Vous savez tous sans doute ce qu’on appelle le singulier et le pluriel dans les noms. Aucun de vous n’ignore que ce sont les deux formes différentes que prend chaque nom, suivant qu’il dési-

Le 48, = one un seul objet où qu’il en désigne plusieurs. Ainsi, par exemple , en français , il est üh bel animal qu’on äppelle cheval au singulier ; mais si ce même animal se présente en nombre, on ne l'appelle plus cheval, mais che- : vaux ; on ne dira plus : « Jai vu trois cheval, mais j'ai vü trois chevaux. » — Et de plus, ceux de nos jeunes amis ici présents qui apprennent déjà le grec vous diraient aussi qu'il y a des langues où les noms, outre le singulier et le pluriel, ont uné troisième forme qu’on appelle le duel, et qui s'emploie seulement lorsqu’au lieu dun seul objet ou de plusieurs objets on n’en désigne que deux. Ainsi, par exemple, pour le nom de Dieu, les Grecs ont trois formes : singulier, Théos (un Diet) ; duel, Théô (deux dieux) ; pluriel, Théoi (plusieurs dieux). — De même chez les Hébreux, pour désigner Dieu, on à aussi le singulier £loha, le pluriel Elohim et le duel Elohaim.

Eh bien ! chers enfants, remarquez maintenant la manière dont le Seigneur notre Dieu, lorsqu'il nous a donné les Ecritures pour la première fois dans la langue des Hébreux, qui à un singulier ( Eloha) pour

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“désigner une seule personne en Dieu, n’a voulu cependant prendre ni ce singulier, ni lé duel (Elohaim), qui en désigne deux; mais le pluriel Elohim , en ayant bien soin toutefois de le construire avec un verbe singulier. Il n’a pas dit: Au commencement Eloha créa, pi (comme on aurait dû s’y attendre) : Au commencement Elohim créérent; mais Au commencement Elohim créa (Elohim au pluriel , el créa au singulier).

Que parait-il de 14? [1 paraît de là que dans celte façon si extraordinaire de S’exprimer, Dieu avait un but important, et quil voulait, dès l’entrée de sa Parole écrite, enseigner aux hommes qu'il n’y a qu'un seul Jéhovah , un seul Dieu éternel et tout-puissant ; mais que dans cette unité mystérieuse de l'essence divine il yaune pluralité mystérieuse de personnes , le Père, le Fils et le Saint- Esprit. — Et c’est aussi pour cela que vous trouverez , au chapitre VI du Deutéronome , cette parole si remarquable, que les Israëlites rappelaient constamment dans leur culte et que Jésus a nommée le premier de tous les commandements : Ecoute, 0 Israël ! et mets bien celle parole en ton cœur; C'est que Jéhovah,

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notre Elohim, est un seul Jéhovah.— Jéhovah signifie Celui qui est, l'essence de Dieu ; c’est donc comme sil eût dit : « Ecoute, Ô Israël! et mets bien cette parole en ton cœur : c’est que l’essence des trois personnes de notre Dieu , Père , Fils et Saint-Esprit, est une seule essence. »

Le mot même d’Eloha ou d'Elohim a, dans la langue des Hébreux , un sens qui paraîl se rapporter à l'alliance éternelle de grâce traitée par le Pere, le Fils et le Saint-Esprit pour la rédemption des élus. Je vous en parlerai dans la suite, mais je n’en ai pas le temps aujourd’hui.

Et maintenant, qu'est-ce que cette zerre et qu'est-ce que ces cieux que Dieu créa au commencement ? — Les cieux, c’est le monde entier, excepté la terre; la terre, c’est cette pauvre petite planète sur laquelle nous vivons, planète si grande comparativement à l’homme, mais si minime comparativement au monde, devant limmensité duquel elle n’est que comme un grain imperceptible de poussière.

Mais comme dans cette immensité c’est sur la ierre que nous demeurons, Dieu qui, dans ses Ecritures, parle pour des hommes et s’ac-

At ES commode toujours à leur faiblesse, leur dit : « J'ai tout créé , j’ai créé l’immensité , et j'ai créé aussi ce petit grain de poudre qu’on appelle la terre et sur lequel vous marchez. »

Disons donc d’abord quelques mots d’après PEcriture sur ce qu'est la terre , et disons-en aussi quelques mots d’après les connaissances que l’homme en à pu récemment acquérir par la science.

Dans l’Ecriture, comme dans l’usage ordipaire, on appelle £erre deux choses très-différentes : tantôt c’est le globe entier sur lequel nous sommes, tantôt c’est uniquement la croûte ou surface solide dont ce globe est recouvert, et qui n’a tout au plus, à ce qu’il paraitrait, que 5 ou 4 lieues d'épaisseur.

J'ai dit d’abord que l’Ecriture appelle terre notre planète tout entière. Vous le voyez ici, dès notre premier verset: Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ; et aussi au quarantième chapitre d’'Esaïe (verset 22), et encore au viugt-sixième de Job (verset 7), où elle nous dit que « le GLOBE de la terre est suspendu dans le vide. » — Mais j'ai dit, en second lieu , qu’elle appelle également du nom de {erre la croûte solide et rocheuse dont notre

ES a globe est partout recoüvert el sur laquelle repose le vasté amas des mers. C’est Ce que vous pouvez voir ici-mêine. Qu’est-cé que Dieu y homine ferré aû vérset 10 ? = Cest le sec par oppôsition à là rer ; ce Sont les continents et les îles qui sé trouvent où w’apparaissent pas les eaux. |

EL dé même que par la terre l’Ecriture entend deux objets différents , de même aussi , elle désigne par Les cieux trois objets très-distincts : le premier ciel, lé deuxième ciel et le troisième ciel. |

Le premier ciel, c’est lé ciel des oiseaux, le ciel des nuages, l'atmosphère ; et c’est dans ce Sens qu’elle nous parle de la rosée des ciéux, des nuées des cieux, des quatre vents dés ciéux , des oiséaux des cieux.

Le second ciel, c’est le ciel des astres, dü soleil, de là lune , des plänètes, des étoiles fixes ét des nébuleuses.

Lé troisième ciel enfin, c’est limmensité qui est par delà; c’est cé ciel du ciel, ces cieux des cieux, où résident les Anves, où est allé notre Seigneur quand «il a traversé les cieux». (Héb., IV, 14) et où $e manifesté la majesté du Très-Haut, l

Es Tu Mais l’heure va sonner; je n’ai le temps £ aujourd’hui de parler que de notre globe , et je voudrais, avant de finir, vous avoir dit avec plus de précision ce qu'est celte ferre que Dieu fit au commencement.

Premièrement, vous <avez qu’elle est ronde.

Dieu Pavait dit dans sa Parole ; mais plus tard aussi la science des hommes a pu s’en assu- rer ; car des centaines de navires en font le tour toutes les années. Des milliers de nawvigateurs partant par exemple d'Europe par la gauche, et s’en allant toujours vers le soleil couchant sans reculer jamais, finissent, après de longs mois et des années de navigation , par se retrouver ramenés par la droite dans les régions mêmes dont ils étaient partis.

Secondement, on S’est encore assuré que notre terre court chaque année dans un cercle immense autour du soleil, en roulant sur ellemême toutes les vingt-quatre heures comme ferait une boule. Ælle roule même si vite, qu’elle fait à l’équateur plus de 6 lieues par minule, ou de 375 lieues par heure ; et tout en roulant ainsi, elle courten même temps au- {our du soleil avec une vitesse de 7 lieues par

LORS seconde. Quelle admiration n’éprouveriezvous pas si, placés à 100 lieues en dehors de la terre, vous pouviez la voir passer devant vos yeux, pendant qu’elle court dans les profondeurs de l’espace avec une vitesse soixante fois plus grande que celle d’un boulet de guerre sortant du canon !

Troisièmement, on a mesuré ses dimensions : elle a 9,000 lieues de tour, c’est-à-dire près de 3,000 lieues de diamètre. Et vous pourrez juger de cette grandeur, quand je vous dirai qu’on a calculé que le mont Blanc, la plus haute montagne de l’Europe , n’est guere sur le globe terrestre que ce qu'est sur votre tête l’épaisseur d’un de vos cheveux, ou ce que serait un grain de sable sur une maison de 20 pieds. — Vous en pouvez juger encore par un autre Calcul. Imaginez qu’on voulût vous faire accomplir une revue.rapide de toute la terre et que dans-ce but on vous plaçât , pour une heure, sur une éminence d’où votre vue s’étendrait à 15 lieues dans tous les sens. Ce serait déjà certes un vaste paysage , et ce serait bien peu d’une heure pour en prendre connaissance , puisqu'il comprendrait 2925 lieues carrées, ou 45 fois le territoire de notre

LS OT république ; mais aprés tout, cet espace, malgré son étendue, ne serait que la 40,000° partie de la surface de la terre. — Supposez donc qu’ensuite on vous transportât d'heure en heure dans quelque nouvelle scène de la même étendue, en vous faisant consacrer à ce travail 42 heures par jour : combien pensezvous qu’il vous fallüt de temps pour achever , à ce compte, la revue du globe entier ? — Pas moins de 9 ans et 48 heures !!

Quatrièmement enfin (et vous savez que la Bible nous laditlongtemps avant que les hommes s’en fussent assurés par la science), cette terre, bien que recouverte partout d’une croûte solide, est tout en feu dans son intérieur.

C’est une masse ardente de métaux fondus et incandescents , de gaz embrasés et de laves bouillonnantes. La Bible le disait positivement, il y a trois mille ans, au vingt-huitième cha: pitre de Job; elle nous parlait ailleurs trèssouvent de montagnes fondues comme de la cire, sautant comme des moutons, et soulevées des profondeurs de la terre par les ardeurs du feu ; mais la science des hommes ne s’est assurèe de ces grands faits que dans ce dernier siècle: Je vous ai dit que la couche solide qui

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recouvre ce feu paraît wavoir pas plus de 3 ou 4 lieues d'épaisseur. Aussi toutes les fois que cette croûte se fendille , il en sort des laves, des feux, des roches fondues, des gaz impétueux, des cendres assez abondantes pour engloutir des villes entières ; et lon voit encore de temps en temps la terre qui tremble ou qui s’entrouvre, et des montagnes qui s'élèvent en un jour. | à

Aussi la Bible nous disait-elle depuis trentetrois siècles ce que les savants viennent de découvrir dans ces derniers jours, C’est que les plus grandes montagnes de la terre (par exemple notre mont Blanc, et presque toutes nos plus hautes Alpes) ont été formées, longtemps après la création de la terre, par les soulèvements qu’opère ce puissant feu. Cest aussi pour cela que, dans notre Suisse et ailleurs, toutes les fois que des sources sont profondes, elles apportent à la surface de la terre des eaux chaudes où vous savez que les malades viennent chercher des remèdes ; et l’on s’est assuré que, pour chaque centaine de pieds de profondeur que vous creusez en terre, la lempérature monte d'un degré du thermomètre ; en sorle que si l’on creusait à 7,000 pieüs,

ALU en c’est-à-dire à une demi-lieue de profondeur , on ne trouverait plus que des eaux bouillantes ; et à 4 lieues et demie , plus que des roches fondues. |

Tel est donc l’état de la planète où nous sommes , mes chers enfants ; et vous n’avez pas oublié que la Bible nous déclare aussi comment au dernier jour la terre périra par ce feu intérieur, et comment alors « elle Sera brülée avec tout ce qui est en elle. »

Mais il faut que je arrête. J'en ai dit assez de cette merveilleuse création de la terre; et que de sujets d'admiration ne nous présente pas déjà le peu que je viens de vous en dire! Mais que serait-ce si nous en venions à considérer qu’elle était destinée à devenir enfin, après un grand nombre de milliers d'années , la demeure de l’homme, pour être alorsle théâtrede sa rédemption par le Fils unique du Dieu tout-puissant ? œuvre infiniment plus étonnante encore et plus glorieuse que tous les prodiges de la création : la Parole faite chair, qui était au commencement avec Dieu et qui était Dieu. devant descendre elle-même en personne sur la terre, pour sauver les élus qui lui ont été donnés du Père avant la fonda-

— 49 — | tion du monde, pour les ressusciter au dernier jour , et pour les faire régner éternellement avec leur Rédempteur.

Mais je ne parle pas ici de ces miséricordes divines : et même je n’ai rien dit encore de la création des mers, des plantes , des poissons, des reptiles, des oiseaux et de tous ces animaux qui devaient être produits sur la terre pendant l’œuvre des six jours, avant l'apparition de l’homme.

C’est ce que nous verrons plus tard.

En attendant, on me récitera de nouveau, pour dimanche prochain, le premier verset de la Genèse, en y joignant les onze premiers versets’du psaume XIX.

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