CE ORTE
qu’il compare des grandeurs par trop disparates, quand il nous représente Dieu séparant les eaux de dessous l'étendue d'avec: celles de dessus. « Qu'est-ce que ces nuages , » direz-vous, « qui volent au-dessus de nos têtes, auprès de ces fleuves impétueux qui coulent sur la terre, auprès de ces mers immenses qui couvrent lès deux tiers de notre globe ? C’est comme si je comparais notre lac avec un verre d’eau. »
Ah ! chers enfants, voilà encore où nous devons admirer la sagesse divine de la Bible ; car elle donne ici aux eaux de dessus l’étendue une importance dont les anciens ne se doutaient pas, et que la science des modernes a pu seule constater. — Vous n’avez pas l’idée de l’immensité des eaux qui flottent audessus de l'étendue. Le savant M. Arago disail dernièrement avoir calculé que la force employée annuellement pour la formation des nuages est égale à un travail que toutes les nations de la terre, quand elles seraient réunies, ne feraient qu’en 200,000 ans. Avezvous pensé à toutes les grandes rivières du globe, à ces fleuves plus larges souvent que notre lac n’est à Rolle , et dont plusieurs ont
1599 Z 1,000 lieues de cours , PAmazone, le Mississipi, le Niagara , le fleuve Jaune ? Avez-vous pensé seulement à tous les fleuves de la Suisse, le Rhône, l’Arve, l’'Aar, la Reuss, le Rhin, et tant d’autres qui coulent depuis tant de milliers d'années? Le Rhône roulait déjà Pabondance de ses ondes sous les ponts de notre île 1l y a 1900 ans, 50 ans avant Jésus- Christ, quand Jules César vint à Genève. — D'où viennent toutes ces eaux ? — Des montagnes. — Oui ; mais d’où les montagnes les ont-elles reçues ? — Des nuages. — Vous le voyez donc, tous ces fleuves, Aar, Rhône, Reuss, Rhin, etc., coulent sur nos têtes dans étendue avant de couler sur la terre ; et l’on a même reconnu qu’en France, par exemple, le tiers seulement de l'eau descendue du ciel coule par les rivières. |
. Ah! chers enfants, l'heure nous presse ; mais j’eusse bien désiré pouvoir vous décrire encore les merveilles de l'air : les merveilles des vents, par exemple, et de leurs admirables circuits si bien décrits par Salomon ; les merveilles des nuages, que l'atmosphère soulève de dessus toutes les mers pour les transporter d’un bout du globe à lPautre sur les
0 400 ailes du vent; les merveilles des pluies :
Vatmosphère et les nuages faisant descendre ainsi du haut des cieux , comme par un arrosoir à grille, la masse épouvantable des eaux supérieures , qui sans cela ne manqueraient pas d’écraser nos maisons et nos plantes, de déraciner nos plus puissantes forêts et de ravager toutes nos campagnes ; les merveilles des neiges que cette même bienfaisante atmosphère vient déposer chaque hiver sur toutes nos hautes montagnes pour en nourrir, pendant les chaleurs de L'été, les grands fleuves de la terre. C’est l'atmosphère, dit le capitaine Maury (1), qui, recevant les vapeurs de la terre et des mers, les enlève dans ses hauts lieux , bien au-dessus: des espaces où laigle emporte ses petits , les retient ou dissoutes dans ses profondeurs , ou suspendues en citernes de nuages, et les promène d’un hémisphère à l’autre pour venir les verser en neiges sur nos montagnes , en pluies sur nos vallées, en rosées sur toutes nos campagnes. C’est l'atmosphère qui courbe les rayons du soleil pour leur faire produire les
(1) Voyez Maury, Géographie physique de la mer, n° 88.
teintes embrasées et charmantes des aurores du malin et des crépuscules du soir ; car sans l'atmosphère, les rayons du soleil éclateraient sur nous le matin tout d’un coup à son lever, et nous feraient aussi, à son coucher, passer tout d’un coup des éblouissantes clartés du plein jour dans les ténèbres de la nuit. C’est encore l'atmosphère qui apporte à nos poumons le gaz nécessaire à la vivification de notre sang , et qui entretient ainsi la flamme de notre vie de la même manière qu’il entretient le feu de nos foyers. C’est l'atmosphère qui emporte au loin l’air que nous avons gâté par la respiration, l’acide carbonique qui sort de nos poumons à chaque souffle pour s’en aller demain sur les ailes du vent nourrir les plantes de la campagne. En effet, si les animaux ont des jambes et des bouches pour aller au loin saisir leur nourriture et pour la dévorer, les plantes de la terre sont forcées d'attendre qu'un aliment invisible, répandu dans l'air, aille les chercher sur place, et que Patmosphère vienne elle-même verser tour à tour daps leurs pores, sous la forme la plus subtile , l’hydrogène, le carbone, l'oxygène et la vapeur d’eau dont elles doivent chaque jour être nourries,
Mais c’en est assez de cette admirable création du deuxième jour; l'heure a sonné, et je ne dis plus qu'un mot. Demandez à Dieu, chers enfants, que sa divine présence soit pour votre âme ce qu’est pour votre corps cetle atmosphère qu’il a créée avec tant de sagesse, de bonté et de puissance, Oh! oui, que comme cet air vous environne et vous presse de toutes parts sans que vous puissiez le voir et sans même que vous sentiez son énorme poids; comme cet air, en même temps, vous nourrit, vous fait respirer et vous vivifie, ah! qu’il en soit ainsi pour vous de la présence de votre Dieu! Oui, demandez-lui tous qu'il soit-pour votre âme ce qu'il est, comme l’a dit un apôtre, pour tous les vrais croyants, «un même Dieu et père de vous tous, sur vous tous, parmi vous tous et en vous tous » (Ephés,., IV, 6); en sorte que vous viviez tous en lui, tous par lui, tous pour lui. AO
On apprendra pour dimanche prochain les cinq versets qui suivent, en y joignant aussi les huit premiers versets du psaume CEV: