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n’y faut pas penser. Bien plus : Moïse ne nous dit même pas la longueur des temps qui suivirent ce commencement ; car ils sont tels peut-être qu’on ne saurait non plus les exprimer. — Mais n’importe ; quelle que soit cette distance des temps , toujours est-il que les cieux et la terre ont eu un commencement. I n’y à que Dieu seul, dans sa sainte Trinité, qui n’en ail point eu , parce que « d’éternité en éternité il est le Dieu fort. » C’est pour cela que le Père est appelé « Jéhovah, » le Fils « Jéhovah, » le Saint-Esprit « Jéhovah. »
Cest pour cela que Paul écrivant aux Hébreux (IX, 14), appelle le Saint-Esprit « Esprit Elernel ; » et c’est également pour cela que Jean , parlant de l'éternité du Fils, ouvre son Evangile comme Moïse avait ouvert sa Genèse, par ce même mot, si important etsi mystérieux : Au commencement. — Quel’un de vous nous en lise les deux premiers versets.
(Un enfant lit). — « Au commencement » élait la Parole, et la Parole était avec Dieu, » et la Parole était Dieu. Elle était au com- » mencement avec Dieu; toutes choses ont » été faites par elle , et sans elle rien de ce » qui à été fail n’a été fait. »
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Vous l’entendez. — Au commencement , dit Moise, Dieu créa les cieux et la terre ; au commencement, dit saint Jean, la Parole créa toutes choses ; elle était au commencement avec Dieu et elle était Dieu, et toutes choses ont êté faites par elle. — Y avait-il donc quelque chose avant ce commencement ?
— Non, il y avait Dieu, et il y avait la Parole qui était avec Dieu et qui était Dieu.
— Très-bien, cher enfant. Et qu'est-ce que le Père dit au Fils dans le psaume CII, d’après VEpiître aux Hébreux ? - Lisez-le-moi : c’est au chap. [, 10, en y joignant les premiers mots du verset 8.
— « Et au Fils il dit: C’est toi, Seigneur, » qui as fondé la terre dès le commencement, » et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. Ils » périront, mais tu es permanent; ils s’envieil- » liront tous comme un vêtement, mais toi tu » es toujours le même, et es années ne fini- » ront poiné. »
Vous l’entendez, chers enfants, c'est ce que le Père dit au Fils au psaume CI.
Aussi notre Seigneur avant la pâque, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, lui disait-il dans sa prière :
= JE « Et maintenant , toi, Père, glorifie-moi au- » près de toi de la gloire que j’ai eue auprès » de toi avant que le monde füt fait» (Jean, XVII, 5).
Mais je me hâte de passer au deuxième mot de notre verset, le mot créa. — Je l'appelle le deuxième, parce qu’il y a littéralement dans le texte hébreu : Au commencement créa Dieu les cieux et la terre. Je suis donc le même ordre.
Créa, c’est-à-dire, fit de rien. Ces choses n'étaient pas ; mais Dieu dit , et elles furent. « C’est par la foi, nous à dit saint Paul, » que nous savons que les choses qui se voient » n’ont pas été faites de choses qui parussent. » Il faut, en effet, bien distinguer lidée de créer davec celle de faire, et vous pouvez voir avec quel soin Moïse observe cettedistinclion, lorsqu'il dit (au chap. Il, 3): «Et » Dieu se reposa des œuvres qu’il avait créées » pour être faites.» — Un horloger de Genève fuit une montre, mais il ne la crée pas. Il en a puisé l'or et le cuivre, et le zinc, et l'émail , et l’acier, dans le sein de la terre; puis il Pa faite. — L’homme peut faire, Dieu seul peut créer ; et nous ne saurions, non plus que
| N —% — tous les anges des cieux, donner l’être seulement au moindre grain de poudre.
Oh! que cette pensée (n’est-ce pas, chers enfants ?) que cette pensée, Dieu créa, est propre à nous remplir d’adoration ! C’est par là que je voudrais finir. Comme elle nous révèle la distance incommensurable , infinie , qui sépare le Créateur, non-seulement de nous, pauvres vers de terre, mais d’un ange, mais d’un séraphin, mais de la plus sublime de toutes ses créatures! IlLy a moins loin d’un grain de poudre au premier des archanges que de cet archange au Dieu qui la créé, au Dieu qui de rien a fait et l’archange et le grain de poussière. Aussi est-il écrit du Fils qui a créé les anges, que « tous les anges de Dieu ladorent » (Col., [, 16. Héb., Ï, 6).
Mais encore, chers enfants, comme cette pensée nous révele et ce qu’est Dieu et ce que nous devons être pour Dieu!
Ce qu'est Dieu, ce Dieu qui est tout, tandis que nous ne sommes rien ; ce Dieu qui peut tout, puisqu'il tire tout du néant; ce Dieu qui connaît tout, puisqu'il a tout fait, l'intérieur des cieux et l’intérieur de la terre ,
AA (rl l'intérieur de Phomme et intérieur de ange; ce Dieu. qui a compté les cheveux de notre tête, le sable de la mer et la poudre de la terre, comme il a compté les soleils sans nombre qui roulent dans l’immensilé des cieux ; ce Dieu surtout qui gouverne toules choses ; car il les maintient de seconde en seconde par la même puissance qui leur donna lêtre au premier jour du monde. Elles ne subsistent toutes d'heure en heure que par lui, et leur conservation n’est qu’une création continuelle. Aussi Jésus-Christ disait-il : « Mon Père tra- » vaille continuellement, et Je le fais aussi » (Jean, V, 17). « Toutes les créatures s’aiten- » dent à Lui. Caches-tu ta face, Ô Dieu ! elles » sont troublées ; retires-tu leur souffle ? elles » défaillent et retournent en leur poudre ; mais » si tu renvoies ton Esprit, elles sont créées et » tu renouvelles la face de la terre » (Ps. CEV, 29 , 30).
O mes amis! que de raisons de vous donner à lui, de vous abandonner à lui! « Bienheu- » reux, ditle Psalmiste, oh ! bienheureux celui à qui le Dieu fort est en aide, et dont Pattente estenPEternelson Dieu quia fait lescieux etla » terre, la merettoutcequiyest!»(Ps. CXLVE,
5, 6.) Aussi verrez-vous toujours dans tout le cours des Ecritures les hommes de Dieu, les prophètes , les apôtres, que dis-je ? les anges de lumière et le Fils de Dieu lui-même revenir constamment à cette pensée. — Ecoulez Moïse ; que de fois il y revient ! Ecoutez David ; ses Psaumes en sont pleins. Ecoutez Job ; il en parle sans cesse. « Qui est-ce qui » se trouve jamais bien de s'opposer à Dieu » (s’écrie-t-il) ; à Dieu qui a fait le Chariot et » Orion, les Pléiades et tous les astres ; à Dieu , » qui fait des choses si grandes qu’on ne les » peut sonder, et tant de choses merveilleu- » ses qu’on ne les peut compter ? » — Ecoutez les apôtres ; ils nous y ramènent sans cesse ; ils s’en fortifient dans la prière : « Seigneur ! » s’écrient-ils, « tu es le Dieu qui a fait le ciel et » la terre, et la mer et toutes les choses qui y » sont!» — Etdans leurs prédications : «Con- » vertissez-vous au Dieu vivant, » s’écrient-ils encore, « au Dieu vivant qui a fait les cieux et » laterre. » — Ecoutez enfin , dans leurs ado: rations sublimes, les vingt-quatre anciens adorant Celui qui est vivant aux siècles des siècles et jetant leurs couronnes devant le trône : « Seigneur, tu es digne de recevoir la gloire ,
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» l'honneur et la puissance ; car tu as eréc » loutes choses , et c’est par ta volonté qu’elles » Subsislent. »
Où me récitera out les cinq premiers versets de la Genèse , et l’on y Joindra les sept premiers versets du psaume VII,