‹ Le premier colon de Lévis [microforme]Chapitre 13 sur 33 · CES · texte numérisé non relu

CES

Quelque peu réparé, l’ancien collège aurait duré encore cent ans. Nos pères bâtissaient pour leurs arrière-neveux ’.

Couture avait maison et terre, il ne lui manquait plus pour être un vrai colon que de prendre femme.

Dans leurs courses aventureuses, les voyageurs n'avaient guère le temps de choisir une compagne. (C'était hasard quand, dans l'année, ils pouvaient stationner dix ou douze jours au milieu des leurs. Parfois, cependant, quelques-uns de ces rudes pionniers, de passage à Québec ou aux Trois-Rivières, à l’arrivée des vaisseaux portant les filles de France, rêvaient au foyer. Et, entre deux courses, dans une halte pour prendre haleine, ils contractaient mariage L'expédition se continuait à la grâce de Dieu. La noce se fétait au retour et l’enfant prodigue mettait dans la corbeille de l’épousée

1 En compulsant les greffes des anciens notaires, j'ai cherché quelque marché, devis ou spécification pour connaître quels étaient les modes de construction du temps, les dimensions, les bois employés, le prix des ouvriers. Dans l'inventaire des minutes d’Audouard, je trouvai un rapport de charpente pour la maison de Guillaume Hébert. Ce document n'aurait pas manqué d’intérêt vu que la maison d'Hébert fut la première habitation de colon construite dans Québec. Hélas! cet acte, avec mille autres, manque à l'appel! On trouvera à l’appendice un marché de construction pour Jean Bourdon.

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les colliers de porcelaine et les riches fourrures des bois. Le doigt, qui devait porter l'anneau des fiançailles, pouvait être disparu dans le calumet d’un Iroquois manssade, mais le cœur était intact.

Les uns, comme l'ancêtre de lantiquaire Viger, se laissaient prendre aux grands yeux noirs de la Huronne gentille, et sur la natte du wigu am s'étalait la sagamité des noces. Ceuxà, naïfs enfants des bois, calculaient le temps par les lunes de miel.

D'autres se préparalent de longue main un établissement amassé au prix de vingt expéditions périlleuses, et quand le nid était prêt, ils s’en allaient, comme les chevaliers d'autrefois, chanter leurs prouesses à la dame de leur cœur.

Au retour de son dernier voyage chez les [roquois, au printemps de 1646, Guillaume Couture semble avoir eu idée d’enterrer son célibat. En effet, deux jours à peine après son arrivée avec le père Pijart, les jésuites tinrent consultation pour son mariage ‘ qui fut approuvé à l'unanimité. Approbatur ilem omnium consensu, nous dit le Journal es Jésuites.

3 Le ?6 d'avril.

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