‹ Le premier colon de Lévis [microforme]Chapitre 18 sur 33 · SR DIE D D ONCE CRE · texte numérisé non relu

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laisser décourager par un premier insuccès, s'avança à travers les terres, dans un pays encore inexploré, et, un jour, il eut le bonheur d'apercevoir enfin cette mer depuis si longtemps désirée, l'objet de tant de recherches infructueuses.

Il fut le premier Français qui foula de ses pieds les rivages de ceïte mer qui devait être témoin de tant de combats, de tant de luttes glorieuses. Quel est celui qui ignore les exploits légendaires de d’Iberville dans ces parages lointains, et combien y en a-t-1l qui se souviennent de humble voyageur qui donna à son roi ce théâtre de tant d’exploits ?

N'oublions pas d’associer au nom de Couture, celui d’un autre enfant de Lévis, Duquet qui fut l’un de ses compagnons de voyage dans cette expédition heureuse.

Arrivé sur les rives de cette baie immense, fouture y planta une croix et prit possession

du peys, en mettant en terre, au pied d’un

gros arbre, les armes du roi de France, gravées

1 Dans ie rapport du comité nommé pendant la session de 1884 pour s’enquérir de la possibilité de la navigation de la baie d'Hudson, M. Royal mentionne ces deux noms.

MESA" QAR sur du cuivre, enveloppées entre Hs plaques de plomb recouvertes d’écorce :

L'histoire rappelle la mémoire des Jolliet, Nicolet, Lasalle, Marquette, de Sota, comme découvreurs du Mississipi. On chante la gloire de x Vérendrye qui aperçut le premier les Montagnes-Rocheuses. La postérité est jalouse de conserver le souvenir de ces hommes illustres. Associons à leur gloire le nom du héros oublié : Guillaume Couture ?.

1 La Potherie ; Faillon.

2 [1 ÿ a trente ans à peine, personne n'aurait osé croire qu'on pût seulement se rendre jusqu'au lac St-Jean, c'était tellement loin dans le nord ! Le pays qui l'entourait ne pouvait être que Ia demeure des animaux à fourrures, et, seuls, les Indiens étaient regardés comme pouvant se hasarder dans ces sombres retraites que protégeait la chaine des Laurentides et que défendait contre l'homme une nature réputée inaccessible ”— (Arthur Buies—Ze Saguenay et la vallée du lac St-Jean, p. ?01.)

Le père Arnaud corrobore les avancés de M. Buies (Annales de la propagation de La foi 1\RSRO— p. 147)

“ A cette époque reculée (en 1853), écrit-il, le lac St-Jean était si loin ! les difficultés pour s'y rendre si grandes!..,. que personne n'avait jusqu'alors pensé à aller s'y établir.

“ D'ailleurs, n'était-ce pas le pays des jongleurs, comme le rapportait la renommée? rien que cette pensée était un épouvantail pour bien des personnes. La triste perspective de se trouver en contac: avec des Sauvages, qui pouriaient scalper le malheureux imprudent qui s’y aventurerait, en retenait plusieurs ”

Quand on considère que nos ancêtres avaient atteint cette mystérieuse région, dès les commencements de la colonie, qu'ils s étaient nvancés bien loin au-delà, à travers les solitudes sans nom, jusqu'à la baie d'Hucson,— ce que personne n'a encore osé faire de nos jours —il faut croire, évidemment, qu'ils étaient autrement trempés que nous le sommes

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ses DA Dans l’année qui suivit cette glorieuse expédition, le dernier jour de mai 1665, l’infatigable Couture partait de Québec avec le père Henri Nouvel pour se rendre à l’île de St Barnabé, à la mission des Papinachois !.

Depuis cinq ans, le Père Nouvel avait eu en partage les tribus sauvages qui habitaient la rive nord, depuis Tadoussac jusqu'à l'entrée du golfe. C’étaient les Montagnais, les Beishiamits, les Papinachois, les Esquimaux. Chaque hiver, il les avait suivis dans leurs chasses à travers les forêts. C’est dans une de ce. courses apostoliques du missionnaire que, lors d’un naufrage vis-à-vis Rimouski, la Pointe au Père fut baptisée. Couture, vraisemblablement, hiverna avec ces tribus comme le père Nouvel avait lhabitude de Île faire.

Pendant ces excursions diverses de Couture, la métropole s'était enfin décidée à envoyer des secours aux colons décimés par les luttes incessantes des [roquois. Le régiment de Carienan-Salières avec quatre de ses meilleures compagnies était débarqué dans Québec, et M. de Tracy et Courcelles résolurent de pous-

1 Journal des Jésuites.—I1 était accompagné d'Amvot qui fut Jui aussi un habitant de Lévis

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ser vigoureusement la guerre jusqu'au milieu des nations ennemies. Les [roquois, effrayés de ce grand déploiement de troupes, demandèrent instamment à enterrer la hache de guerre. Les marchands d'Albany et de Corlar, leur ayant donné des lettres de recommandation, le viceroi voulut croire pour cette fois à leur sincérité, et la paix fut conclue. Ceci se passait le douze de juillet 1666. Les ambassadeurs étaient à peine partis depuis deux ou trois jours, lorsqu'on reçut de fort mauvaises nouvelles du fort Sainte-Anne qui venait d'être bâti sur une île située près de l'entrée du lac Champlain.

Quelques officiers, en garnison dans l'ile, voulant se donner le plaisir de la chasse, remontaient une rivière qui tombe dans le lac près de l'ile de la Mothe. Plusieurs jeunes Agniers chassaient dans les environs ; ayant aperçu les officiers français, ils ne purent résister à la tentation de leur lever la chevelure:

Ile tirèrent sur eux, tuèrent M. de Chazy: et

le capitaine de Traversy ; quatre autres, parmi lesquels était M. de Leroles, cousin de M. Tracy, furent faits prisonniers.

1 Un ‘etit village aux bords du lac Champlain, à deux pas de la frontière, porte aujourd hui le nom de Chasy. I s'élève à l'embouchure d'une rivière appelée Chasv. Les trains de l'Æudson ant Delarrar stoppent en cet endroit

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À la nouvelle de cette trahison, on rappela aussitôt les ambassadeurs. Suivant la loi des Iroquois et des Algonquins, on devait fendre la tête aux envoyés, on se contenta de les garder daus une étroite prison, pendant qu'on prenait des mesures pour tirer raison d’une si noire perfidie '.

Il fallait demander aux commissaires d’Albany des explications sur le témoignage qu'ils avaient donné en faveur des bonnes dispositions des Agniers. Guillaume Couture fut chargé de cette délicate mission.

Le vingt-deux juillet, il partait de Québec comme ambassadeur auprès des autorités de la

Nouvelle Hoilande pour se plaindre du meurtre de M. de Chazy :.

M. de Sorel reçut ordre de le suivre à quelques journées de distance, avec un parti de deux cents Français et de quatre-vingts Sauvages.

Les Anglais s'étaient emparés, l’année précédente, de la colonie hollandaise; et le gouver-

neur Nicolls, prévoyant que les autorités fran-

‘ Ferland, tome HE p. où + Journal des Jésuites.

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çaises ne laisseraient pas dans l’inaction des troupes envoyées de si loin pour punir les [roquois, craignit de se voir lui-même assailli dans ses forts. Trop faible pour résister à une attaque extérieure et surveiller en même temps les mouvements des Hollandais à l’intérieur, il songea à obtenir des secours des colonies de la Nouvelle-Angleterre. Celles-ci lui répondirent qu'elles ne tenaient pas à prendre la défense des Iroquois, pour se voir attaquer à leur tour par les Abénaquis, amis des Français.

Nicolls, voyant qu'il n'avait pas d'aide à attendre de ce côté, dut se résigner à ne point soutenir ouvertement les Agniers contre les Français.

Couture était arrivé sur ces entrefaites à Alba. ny, avec des lettres adressées aux capitaines et aux commissaires du lieu. Nicolls y monta aussitôt dans l'espérance d’avoir une entrevue avec lui, et probablement aussi, parce qu'il se défiait des commissaires hollandais d'Albany. Et, dans le fait, comme la France s'était unie aux états de Hollande contre l'Angleterre, dans une guerre qui venait d’être proclamée en Amérique, la plupart des habitants d’Albany et des villages voisins ressentaient plus d’incli-

nation pour les Français que pour les Anglais *.

Van Corlaer, l’un des hommes les plus importants de la colonie, celui-là même qui, autrefois, avait en vain tenté le rachat du père Jogues et de ses compagnons, reçut fort bien son ancienne connaissance Couture, Celui-ci retourna avec une lettre satisfaisante de la part des commissaires à M. de Tracy. Ils n'avaient pas prétendu répondre de la conduite future des Agniers, ils avaient seulement déclaré qu’ils les croyaient dans de bonnes dispositions. Ils étaient bien chagrins du malheur causé par la mauvaise foi des Sauvages ; eux-mêmes avalent travaillé à sauver les prisonniers, comme ils l'avaient déjà fait dans beaucoup d’autres circonstances. Cela était vrai, car ils s'étaient toujours empressés d’arracher les prisonniers français à leurs maîtres iroquois. Couture, lui-même, pouvait en rendre le témoignage.

Lorsque Nicolls arriva à Albany, Couture était déjà reparti pour rendre compte de sa mission. Nicolls s'adressa alors à M. de Tracy, pour se plaindre du départ précipité de son envoyé, et pour répéter les reproches contenues

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