ET EE
urner jui a nnée
*s Al-
leur Nous petit
qui
lent la
ressemble aux versets des anciens bardes d’Ecosse, on voit revenir un continuel refrain. On est anxieux de savoir quelle est la pensée des Huronset des Algonquins. Depuis si longtemps, en effet, que ces deux nations alliées faisaient la petite guerre aux [roquois, la paix semblait difficile à conclure. L'âme des parents massacrés demandait vengeance. ‘ J'ai passé, disait Kiotsaeton, auprès du lieu où les Algonquins nous ont massacrés ce printemps, dans le combat où les captifs ont été pris. J'ai passé vite, ne voulant point voir le sang des miens, qu'on a répandu, ni les corps qui sont encore sur la place ; j'ai détourné les yeux pour ne pas exciter ma colère.” Puis, frappant la terre et se penchant comme pour écouter, il continuait : * J'ai entendu les voix de mes ancêtres massacrés par les Algonquins. Leurs voix aimées m'ont crié : Mon petit-fils! mon petit-fils ! assieds-toi; n’entre point en fureur; ne songe plus à nous: il n'y a plus moyen de nous arracher à la mort.
Pense aux vivants; sauve ceux que le fer et le feu poursuivent. Un homme vivant vaut mieux que plusieurs trépassés. J'ai entendu leurs Voix, j'ai passé outre, et je suis venu à vous pour délivrer ceux que vous tenez captifs.”
Cependant la paix si nécessaire à la colonie
était enfin conclue. C'était le premier traité de paix solennel que l’on eut jamais arrêté avec les Iroquois. Les négociations, il est vrai, n'étaient engagées qu'avec un seul des cantons, la tribu des Agniers, mais c'était un commencement « d'apprivoisement. Guillaume Couture y avait ( pris la principale part.
C'était maintenant au tour des Hurons d’aller porter des présents chez leurs ennemis d’hier. , À Les envoyés, après avoir fait escale à Québec, s'embarquèrent le vingt-deux de septembre | € pour le pays iroquois. Couture les accompagna. Quand il fallut doubler la rivière Richelieu, les ; Hurons jusqu'alors pleins de sécurité retournèrent sur leurs pas. Tous les pourparlers de paix si bien commencés se seraient rompus | sans la persévérance de Couture qui engagea | | trois Hurons à le suivre lui et les Agniers :.”
en
sn,
La colonie depuis si longtemps en proie aux incursions sauvages pouvait respirer un peu. La rivière n'étant plus infestée de partis de guerre, le commerce reprit quelque vigueur. | On profita de ces instants de calme pour faire passer de nombreux convois dans les missions lointaines. Les fortifications de Montréal et les |
1 Journal des Jésuites. |
redoutes du Richelieu furent terminées. On commença des défrichements.
Quelques Algonquins ayant été tués pendant l'hiver, on craignit d'abord que ces meurtres ne fussent l’œuvre des Agniers. Quelques blessés, rappelés à la vie à force de soins, firent connaître que les assassins étaient des Sokokiois.
Au mois de mars, ‘un Français et un Huron arrivèrent aux Trois-Rivières avec sept Agniers apportant des lettres de Couture. Celui-ci, ayant passé l'hiver chez les Agniers, avait assisté à leurs conseils et il confirmait les bonnes intentions de cette tribu. L’amnistie promettait de se prolonger. Jamais on n'avait joui d'une pareille quiétude ?.
Aussi quand, au mois d'avril, Couture arriva aux Trois-Rivières avec le père jésuite Pijart, on voulut lui faire une splendide réception pour le remercier de ses services. Le père le
1 Le 10 mars 1646-——/Journal des Jésuites.
2 La paix si heureusement conclue par Couture dans l'automne de 1645, devait être honteusement violée un an après, le 18 octobre 1646, par le massacre de son ancien compagnon, le père Jogues, que l'on accusa d’avoir fait manquer la récolte du maïs et d'être la cause d’une maludie contagieuse qui se répandit parmi les sauvages.
| nil