ODE AUX GRACES A DIANE
Si (pour vrai) sur la lyre.
Sait mon doigt bien appris
Elire L'ode mieux chère aux Ris ;
Si de main bien touchante, Roi du plectre aux beaux sons,
J'enchante L'ourse avec ses oursons ;
Ou de cire encore ointe, Qu'à bouts irréguliers
Conjointe, L'aveine en six «[osiers,
Par ma bouche éloquente Aux pertuis musicaux,
Incante Les rebelles échos ;
A moins que tu ne veuilles Que je prenne au mûrier
Ses feuilles Pour t'en tresse un collier ;
(Quatre guignes pareilles, Double en faire un pendant
D'oreilles, Suis-je pas entendant ?
S'il n'est que la génisse Qui soupire aux taureaux,
S'unisse Par mes soins pastoraux
Et qu'en prix de ma peine.
Je ne scelle à cent pots
La pleine Mamelle des troupeaux :
Si ma foi n'est intruse Au bocage attentif,
La iMuse Sois de mon chant votif
Et si toute ma joie J'ai mise à ton amour,
M'octroie Ta tendresse en retour
Car (le Ciel m'en soit pleige) Tes seuls biens me sont chers,
Chorège Des Jeux seuls point amers 1
Je t'adjure, ô Charité, Si bien sus-]e observer
Ton rite, Au flanc me reno:raver :
Tel qu'instruit de ta grâce, Bouche aux clairs ramagers,
Je passe Les oiseaux bocagers !
Et Toi qui, bondissante, Vas par tout l'environ
Forçante La lynce à l'ongle prompt,
Pour, le soir, aux cadences, Régler, hoche-tymbons,
Les danses D'une troupe aux doux bonds .:
Fais que mon arbalète Soit la sœur de mon luth, Athlète
De toi digne aux deux lutt's !
Toi par quelle Hippolyte Virbius, dieu des bois,
L'inclyte Sort eut d'homme deux fois
Fais qu'amie aux Faunesses.
Mon âme, du trépas^
Renaisse Entre leurs beaux ébats !
O Diane ! fidèle Honneur olympien,
Modèle Mon esprit sur le tien 1
Qu'à trop haut entreprendre, Mon sein présomptueux
N'engendre Quelqu'enfant monstrueux,
Et que, fortes des armes De l'orgueil toujours prêt,
Mes larmes Aient pudeur et secret!
Phébé, sœur de l'étoile Qui traîne à l'horizon
La voile De mon frère Jason,
Tiens en brise seconde Mes marins liardements,
Qiielqu'onde Batte mes bâtiments !
Dame aux monstres revèche, Si droit j'ai trait au flanc
Ma flèche Au Centaure insolent.
Emprunte d'Atalante L'arc pour ton champion.
Sanglante Fille etiVoi du lion !
Et pour prix de ta grande Aide, je te vouerai
L'otiVandc Du bulin exécré
Où mon bras jette, opimes, Thessali' sur Gabon,
Victimes De son fer vagabond 1
Car vous sais-je mieux brave, Bouche de ma beauté !
Que bave L'impi' sous toi dompté,
Pour m'avoir ri, dents franches, Le jour qu'à tes yeux j'ai,
Aux branches, Marsyas écorché !