‹ Le premier livre pastoral de Maurice Du PlessysChapitre 10 sur 23 · ODE AUX GRACES A DIANE · texte numérisé non relu

ODE AUX GRACES A DIANE

Si (pour vrai) sur la lyre.

Sait mon doigt bien appris

Elire L'ode mieux chère aux Ris ;

Si de main bien touchante, Roi du plectre aux beaux sons,

J'enchante L'ourse avec ses oursons ;

Ou de cire encore ointe, Qu'à bouts irréguliers

Conjointe, L'aveine en six «[osiers,

Par ma bouche éloquente Aux pertuis musicaux,

Incante Les rebelles échos ;

A moins que tu ne veuilles Que je prenne au mûrier

Ses feuilles Pour t'en tresse un collier ;

(Quatre guignes pareilles, Double en faire un pendant

D'oreilles, Suis-je pas entendant ?

S'il n'est que la génisse Qui soupire aux taureaux,

S'unisse Par mes soins pastoraux

Et qu'en prix de ma peine.

Je ne scelle à cent pots

La pleine Mamelle des troupeaux :

Si ma foi n'est intruse Au bocage attentif,

La iMuse Sois de mon chant votif

Et si toute ma joie J'ai mise à ton amour,

M'octroie Ta tendresse en retour

Car (le Ciel m'en soit pleige) Tes seuls biens me sont chers,

Chorège Des Jeux seuls point amers 1

Je t'adjure, ô Charité, Si bien sus-]e observer

Ton rite, Au flanc me reno:raver :

Tel qu'instruit de ta grâce, Bouche aux clairs ramagers,

Je passe Les oiseaux bocagers !

Et Toi qui, bondissante, Vas par tout l'environ

Forçante La lynce à l'ongle prompt,

Pour, le soir, aux cadences, Régler, hoche-tymbons,

Les danses D'une troupe aux doux bonds .:

Fais que mon arbalète Soit la sœur de mon luth, Athlète

De toi digne aux deux lutt's !

Toi par quelle Hippolyte Virbius, dieu des bois,

L'inclyte Sort eut d'homme deux fois

Fais qu'amie aux Faunesses.

Mon âme, du trépas^

Renaisse Entre leurs beaux ébats !

O Diane ! fidèle Honneur olympien,

Modèle Mon esprit sur le tien 1

Qu'à trop haut entreprendre, Mon sein présomptueux

N'engendre Quelqu'enfant monstrueux,

Et que, fortes des armes De l'orgueil toujours prêt,

Mes larmes Aient pudeur et secret!

Phébé, sœur de l'étoile Qui traîne à l'horizon

La voile De mon frère Jason,

Tiens en brise seconde Mes marins liardements,

Qiielqu'onde Batte mes bâtiments !

Dame aux monstres revèche, Si droit j'ai trait au flanc

Ma flèche Au Centaure insolent.

Emprunte d'Atalante L'arc pour ton champion.

Sanglante Fille etiVoi du lion !

Et pour prix de ta grande Aide, je te vouerai

L'otiVandc Du bulin exécré

Où mon bras jette, opimes, Thessali' sur Gabon,

Victimes De son fer vagabond 1

Car vous sais-je mieux brave, Bouche de ma beauté !

Que bave L'impi' sous toi dompté,

Pour m'avoir ri, dents franches, Le jour qu'à tes yeux j'ai,

Aux branches, Marsyas écorché !

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