CHAPITRE IL
De la condition d'acolyte et de l'âge de saint Tharsicius.
L'Eglise honore saint Tharsicius sous le titre d'acolyte. Dans le martyrologe romain et dans les ménologes les plus anciens ce titre accompagne invariablement son nom: Sancti Tharsicii, acolythi et martyris.
Deux questions se présentent ici, dont la solution n'est pas sans intérêt. — Si saint Tharsicius n'était qu'un simple acolyte, comment se fait-il qu'il ait trouvé la mort en portant la sainte Eucharistie?1 Est-ce en vertu d'un privi-
1 Quem pagani cuui invenissent Christi Corporis Sacramenta portantem. (Martyr. Adon. Archiepisc. Yienn.) — Invenerunt milites paganorum acolytlium nomine Tharsicium, Christi Corporis Sacramenta portantem. (Act. Sanct., Act. S. Stephani, II Aug.).
lège, qui s'expliquerait par les circonstances au milieu desquelles eut lieu son martyre, ou bien en vertu d'un droit inhérent à sa condition d'acolyte, qu' il était porteur du B Sacrement du Corps du Christ? „ — Et, dans ce dernier cas, faut-il n'attribuer à notre héros que l'âge d'un enfant ou tout au plus d'un adolescent, selon qu'on le croit assez communément, et qu'on le représente d'ordinaire ?
Voici, sur ces deux points, notre opinion, telle que nous sommes parvenu à la former, en étudiant les monuments historiques et la tradition des premiers siècles de l'Eglise.
I. — Les acolytes étaient et sont encore, on le sait, des ministres inférieurs de l'Eglise, immédiatement au-dessous des sous-diacres. Leurs fonctions se bornent aujourd'hui à porter les flambeaux dans les cérémonies sacrées et à présenter le vin et l'eau qui servent au divin Sacrifice \ Anciennement ces fonctions étaient plus étendues. Les acolytes étaient tout spécialement attachés à
1 Acolythi graece, latine ceroferarii dicuntur, a deportandis cereis, quando legendum est Evangelium, aut sacrificium offerendum (Conc. Aquisg., Lib. I, c 5). — Acolythum oportet vinum et aquam ad Eucharistiam ministrare (Pontif. Boni, in ord. Acolyth.).
la personne des évêques, qu'ils servaient et accompagnaient partout : c'est pour cette raison qu'on les avait appelés acolytes,- à/.oÀouOot, du verbe ày.cAauQsiv, qui signifie suivre, accompagner l.
C'est également à eux que les évêques confiaient les lettres qu'ils adressaient à leurs églises respectives, pour éclaircir le doutes, fortifier la foi, relever les courages, signaler les erreurs, maintenir la discipline et la ferveur parmi les chrétiens. 2
1 . . . Rectius latine (acolythi) appellantur Comités, asseclae, juxta Duaremim, de Benefic. Lib. I, cap. 14, qui opinatur eos ideo fortasse sic dictos, quod episcopos quocumque proficiscerentur comitabantur.... tanquam perpetui vitae testes : boc testantur Can. 58 et 60, Caus. 2, q. 7 et Greg. Tur., Lib. VI, Cap. 36. (Ferraris, Prompt. Bibliotb. Verb. acolythus. Additiones, n. 8. — Selon d'autres auteurs, ce mot aurait pour étymologie l'a privatif et zojX'Ju, s?v, empêcber, et signifierait non empêché, sans engagement. Ce n'est, en effet, que par le sous-diaconat que le clerc est lié irrévocablement au service de l'Eglise: jusque-là, il demeure libre de retourner au monde. (Y. Dictionnaire de Trévoux — Encyclopédie catholique ; mot Acolyte).
2 Nous en avons un double témoignage dans une Lettre adressée par S. Cyprien, évêque de Carthage, au Pape saint Corneille, en l'année 252 : « Legi litteras tuas, frater carissime, quas per Satyrum fra-
Les acolytes étaient aussi chargés de porter les eulogies ou pains bénits, que les évêques envoyaient aux fidèles en signe de communion. l
Là, toutefois, ne se bornaient pas leurs fonctions. Elles s'étendaient jusqu'à porter aux diverses Eglises titulaires de la ville, la sainte Eucharistie consacrée par l' Evêque, au jour du Seigneur; et même à la porter aux chrétiens empêchés de prendre part aux divins Mystères. 2
Nul n'ignore que l'usage de la Communion quotidienne fut en honneur dès le premiers temps du christianisme. Lorsque les persécutions se furent déchaînées sur l'Eglise et que les édits des empereurs païens eurent interdit, sous peine de mort, les assemblées publiques des chrétiens, 3
trem nostram acolythum misisti ... — Nactus tamen occasionem fauiiliarissimi bominis et clerici, per Felicianum acolythum quem cura Perseo collega nostro miseras, . . . tibi scripsi. » (Coustant. Epist. Eoman. Pontif., p. 173-180).
1 et 2 V. Ferraris, ioco citato. Martène, De antiq. Eccles. rit., P. I, Lib. I, c. 5. — Martigny, Dict. des Antiq. cbrétiennes: mot Acolytbe. — Dom Cbardon. Hist. des Sacrem., T. V, Cb. IL
3 Sacratissimi Imperatores praeceperunt ne in aliquibus locis conciliabula fiant, ne coemeteria ingrediantur. Si quis boc salubre praeceptum non observaverit, capite plectatur. (Act. S. Cypr. § I).
on dut permettre à ceux-ci de communier dans leurs demeures. 1 La difficulté de réunir le troupeau du Christ, les dangers que couraient les prêtres et les pontifes, la rage haineuse des persécuteurs, la possibilité toujours actuelle du martyre ; tout rendait cette mesure nécessaire. 2 Trompant la surveillance active des païens, un certain nombre de chrétiens se glissaient, à la faveur de la nuit, à travers les sombres galeries des cimetières souterrains, où les sacrés Mystères étaient clandestinement célébrés et la sainte Eucharistie distribuée en communion. Puis, chacun des fidèles
1 Xorunt omnes qui vel exigua antiquae disciplinae ecclesiasticae notitia sunt imbtiti, solitos fuisse primos Cbristianos, non solum in publicis coetibus post celebrata sacra mysteria, sed etiam in propria domo Eucharistia refici. (Martène, De antiquis Ecclritibus. P. I, 1. I, c, V, art. 1).
2 Hujus disciplinae causa duplex fuisse videtur... Altéra causa processit ex irnminentibus persecutionibus, quae, dispersis et occisis pastoribus, omnera sacrae refectionis aditum ovibus praecludebant. Quapropter ubi soevituram in Cbristi fidèles tyrannorum rabiem praevidebant, ne quis forte sine communione obire contingeret, aut ea in longum amodum tempus privari, unicuique Eucbaristiam donmm deferendam dispertiebant. (Id., loC. cit. — V. Corblet, Hist. du Sacr. de l'Eucharistie. T. I, liv. XII, p. 522).
présents recevait dans un linge précieux, ou dans un petit vase en métal, un certain nombre de particules sacrées, qu'il emportait dans sa demeure et les y tenait en réserve pour les besoins de sa piété. *
Mais, en dehors du nombre limité de ces chrétiens intrépides, combien d'autres ne pouvaient prendre part à ces pieuses assemblées ! La maladie, l'infirmité, la crainte, mille empêchements légitimes en retenaient un grand nombre.
Du reste, à cette époque où le christianisme n'était encore, pour ainsi dire, que dans son berceau, c'était l'usage de ne célébrer qu'une messe par jour dans une même localité : nouvelle source de difficultés pour la participation aux divins mystères. 2
1 Cet usage fut aboli par les règlements du premier Concile de Tolède et de celui de Saragosse tenus dans le IVe siècle, lesquels, voulant remédier aux abus que les Priscillianistes faisaient de l'Eucbaristie, ordonnèrent à tous les fidèles, sous peine d'anatbème, de la consommer dans l'église avant d'en sortir. (V. Dom. Cbardon, Hist. des sacrements. Tome II, c. V, p. 157).
2 Cum unica olim missa dici per diem consuevisset, nec omnes semper eidem interesse quivissent. (Martène, loc. cit.).
La dispensation des Sacrements était l'attribution
Or pour satisfaire, d'une part, la pieuse avidité des premiers chrétiens à l'égard du Pain de vie, et pour suppléer, de l'autre, aux difficultés et aux impossibilités matérielles qu'un grand nombre éprouvaient à le venir recevoir, on avait dû établir l'usage d'envoyer aux absents la sainte Eucharistie.
C'est aux prêtres et, au besoin, aux diacres que revenait naturellement ce ministère. Toutefois, comme, en temps de persécution, les ministres légitimes et immédiats de ce Sacrement n'étaient pas assez nombreux pour suffire aux besoins des diverses églises, il devenait nécessaire de confier extraordinairement cet office à des ministres inférieurs.
Telle est la remarque faite par le savant cardinal Baronius, précisément à l'occasion de saint Tharsicius. C'est pourquoi, conclut-il, n'y a pas
spéciale et particulière de l'évêque, selon qu'on peut le voir dans ce passage d'une lettre de Saint Ignace, martyr, aux fidè]es de Smyrne : « OO* =;sv Igtiv /.upEç T5Ù è7rtCT/.57T0'j oÙts ftairTÎÇe'.v, oÙte à-yricTTvr/ irotsTv. » Non licet (ulli), praeter episcopum, sive baptizare, sive conficere agapas. — C'était l'évêque qui offrait régulièrement le sacrifice eucharistique pour la Communauté des fidèles. (V. Dœllinger , Origines du Christianisme, T. I, cli. XXX, p. 352, 353).
lieu de s'étonner de voir un simple acolyte porter le sacrement de l'Eucharistie. *
Le cardinal Bona va plus loin et affirme qu'il entrait dans les attributions officielles et ordinaires des acolytes de porter, ainsi que nous avons dit plus haut, la sainte Eucharistie aux prêtres, dans les différents Titres de Rome, de la part des évoques qui les y envoyaient. 2
1 Non est quod mireris, cum audis acolytbum Cbristi Sacramenta portantem: olim etenim, îngruentibus in Cbristianos persecutionibus, laicis etiam donium ferre Eucbaristiam, certis diebus sumendam (quod non esset liberum, cum vellent ad ecclesiam convenire, ac Synaxim celebrare) permissum erat^ (Baron., adnot. ad Martyr, rom. XV Aug.). — Pluribus in annotationibus explicat Baronius usitatum fuisse in Ecclesia, saevientibus prae^ertim persecutionibus, ut ea ratione Christiani prospicerentur in maxima ministrorum raritate et penuria. (Apud Act. Sanct. adnot.. act. S. Stepbani, II Aug.).
2 Olim... acolytorum erat ofpcium sacram Eucbaristiam, quae tune appellabatur fermentum, dominicis diebus per titulos ad Presbyteros missam déferre. (Card. Bona, Rerum liturgicarum Libri duo cum notis Rob. Sala, Lib. I, cap. XXV, § 18). — Cette coutume fut assez longtemps en vigueur dans l'Eglise, ainsi qu'on peut le voir par le passage suivant d'une lettre du Pape Innocent I à l'évêque Decentius, datée de l'année 416: « Quia die ipsa (nempe dominica) propter
Cette opinion du cardinal Bona trouve sa confirmation dans les anciens livres de lfturgie et les rituels sacrés des premiers siècles chrétiens, lesquels mentionnent cet office comme propre aux acolytes, ainsi que celui de recueillir dans des sacs ou des coffres destinés à cette fin les hosties consacrées par le Pontife durant le saint Sacrifice, et de les porter 'aux prêtres qui les rompaient et s'en communiaient. '
Dès lors, il est aisé d'admettre que, lorsque le nombre des chrétiens se fut accru et que celui des ministres sacrés eut diminué par le fait des persécutions, ce fut aussi aux fidèles dispersés ou retenus par la crainte clans leurs demeures que les ministres inférieurs, notamment les acolytes,
plebem sibi créditant nobiscum convenire non possunt (presbyteri), idcirco fermentuni a nobis confectum per acolythos accipiunt. (Innocent. I, Epist. 29 ad Decentium, Episcop. Egubinum).
1 Imo eamdem Encharistiam olim Pontifici ad altare procedenti (acolytbi) praeferebant in capsis, quas tenebant apertas dum Pontifex sancta adorasset, atque ex eis particulam assnmi jussisset in usum sacrificii, quod mox ab ipso celebrandum erat. Peracto postea sacrincio, sacculos ad confringendas in missa oblatas consecratas portabant, easque sacerdotibus confracturis exbibebant, ut patet ex antiquioribus li-
furent chargés de porter les consolantes douceurs et les vivifiantes énergies du Pain eucharistique. *
Le cardinal Bona, que nous avons déjà cité, a pris soin de répondre à l'objection qui pourrait être élevée sur la nature des messages confiés aux acolytes, et fait remarquer qu'ils ne consistaient pas en de simples offrandes, telles que les eulogies, mais en espèces consacrées à l'autel par l'Evêque. 2
Robert Sala, dans ses remarquables annotations
bellis Ordinis Romani. (Cardin. Bona, loc. cit. — Joan. Mabillon in Ordin. Rom., p. XXXIX).
1 . . . Consummato sacrifîcio, et communicatis qui interfuerant, per . . . acolythos Eucharistia deferebatur ad absentes, ut docet S. Justinus in Apolog. 2 ad Antoninum Pium. Atque de hoc ritu intelligenda videntur ea quae tradit Usuardus in Martyr. XVIII Kal. Sept, de Tharsicio acolytho . . . (Martène, loc. sup. cit.).
Romae corpus (Christi) ministrabat celebrans, calicem Diaconus porrigebat, ad absentes acolythus sacra dona deferebat. (Id., cap. IV, art. X, n. 5).
2 An vero istae oblationes essent consecratae. .. Sane primo intuitu suspicatus sum ne forte essent eulogiae post Missam distribuendae, vel pauperibus mittendae; sed verba (Ordinis Romani) non conveniunt eulogiis, et satis aperte indicant quod fuerint consecratae. (Card. Bona, Rer. liturg. Lib. I, c. XXVI, § 12).
sur l'ouvrage du cardinal Bona, affirme que c'est là une opinion qiC il faut tenir pour certaine. 1
Enfin, il entrait aussi dans les attributions des acolytes, durant les premiers siècles du christianisme, de tenir dans les cérémonies sacrées un chalumeau à l'aide duquel les fidèles communiaient sous l'espèce du vin contenue dans le calice que portait le sous-diacre, et la patène pour recevoir les parcelles qui auraient pu se détacher de l'espèce du pain distribuée par le diacre. 2
1 Cum inter acolytkorum munia et istud sit oblationes consecratas de manu Episcopi ad Ecclesias déferre, quod declaratur fernientum, ut . . . ex sancti Tharsicii, martyris, qui acolythus erat, facto...; cumque oblationes, quae mittebantur ad Ecclesias, ex iisdem fuerint quae ab altari sumebantur mittendae in sacculos, et praesentibus distribuendae, si illae consecratae erant, et istas consecratas fuisse pro certo censendum est. (Eob. Sala, adnot. Card. Bona, Eerliturg. loc. cit.).
2 Idem antiquitus acolythi fistulam in manu tenebant per quam fidèles Christi sanguinem ex calice baurirent, quam suo tempore, scilicet quando iidem fidèles communicaturi erant, tradebant subdiacono calicem gestanti, ut eamdem cum ipso iis porrigeret ; patenam etiam ab eodem subdiacono acceptam tenebat (acolythus) supponendam ori cujusque communicantis, ne quid de corpore aut sanguine Domini a Diacono per Hostiam, et subdiacono per calicem mi-
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On le voit, le ministère eucharistique des acolytes était, originairement, assez étendu. Dès lors, conclurons-nous avec Baronius, il n'y a pas lieu d'être étonné de voir un acolyte, surtout dans la période des persécutions, chargé de porter la sainte Eucharistie : Non est quod mireris cum midis acolythum Christi Sacramenta portantem ; dès lors aussi, on voit le cas qu' il faut faire de la légende d'après laquelle l'acolyte Tharsicius aurait, à force de supplications et des larmes, obtenu du Pontife, réfugié avec les chrétiens au sein des Catacombes, le périlleux honneur de porter le Viatique suprême à des frères détenus dans les prisons des Césars et condamnés à mourir.
IL — Aucun des Martyrologes ni des anciens hagiographes ne fait mention de l'âge de saint Tharsicius. 1 Toutefois les modernes se sont plu
nistrantibus in terrain deflueret, uti ex antiquis Bitualibns et Ordine Eomano. (C. Bona, loc. cit.).
1 Aringhi, dans son remarquable ouvrage sur Rome souterraine, donne, il est vrai, à notre béros la qualification à'homme bienheureux: bujus etiam beati viri, etc. (Borna subterranea, t. I, p. 456). Mais cette qualification, qui peut convenir aussi à un enfant et à un adolescent, est peut-être incidemment tombée
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à attribuer au saint martyr l'âge d'un enfant. C'est là une affirmation peu fondée et qui n'a, croyons-nous, d'autre appui qu'une tradition fort contestable et les données romantiques de quelques ouvrages récents, et surtout de celui que nous avons nommé au commencement de cette étude. En interrogeant la vraie tradition historique et les canons disciplinaires des premiers siècles, on est amené à embrasser l' opinion contraire, et à voir dans le martyr eucharistique, non un enfant, mais un homme, ou tout au moins un jeune homme de vingt à vingt-cinq ans.
Il résulte, en effet, de l' étude de ces monuments, que les acolytes étaient pris dans la classe des Lecteurs. — Ces derniers, il est vrai, entraient dans la cléricature dès la première adolescence, souvent même dès l'enfance. Victor de Vite, parlant des clercs de Carthage condamnés à l'exil, dit que leur nombre dépassait cinq cents, parmi lesquels, ajoute-t-il, se trouvaient beaucoup de lecteurs encore tout petits enfants: " inter quos quamplurimi erant lectores infantulî „. 1 Dans un
de la plume d'Aringhi : aussi bien ne prétendons-nous pas lui donner plus d'importance qu'elle n'en a eu dans la pensée du traducteur de Bosio. 1 Victor Vitensis, lib. I, c. 9.
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éloge du Pape saint Daniase en l'honneur de saint Laurent, au IVe siècle, on lit le vers suivant:
« Hinc puer exceptor lector levita sacerdos. »
Dans un autre éloge, qui remonte également au IVe siècle, il est dit de Saint Romulus de Fiesole :
« Qui Christi cura primis jussa servaret ab annis, Turn lectûr Domini annis quindecim justus Continuis probatusque fuit, meritoque juratus Ecclesiae sanctae diaconii est ordinatus honore. »
Saint Paulin de Noie dit de Félix, son prédécesseur : " Àpuero instituit servire Deo... Primis lector servivit in annis. 1 „ Ennodius de Pavie dit pareillement de saint Epiphane : " Cœlestis mïlitiae tyrocinium sortitus, annorum ferme octo lectoris ecclesiastici siiscipit officium. „ Enfin, Sidoine Apollinaire, racontant l'élection d'un évêque à laquelle il assista, mentionne son admission dès V enfance au grade de lecteur: * Lector Me primum, sic minister altaris, idque ab infantia. 2
1 Nat., IV, 104.
2 Ep. IV, 25.
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Ce grade de lecteur constituait le premier degré et était comme l'apprentissage de la cléricature. 1 Conféré immédiatement après le baptême aux enfants qui désiraient se vouer au service de Dieu et devenir ministres de l'Eglise, son obligation principale consistait à apprendre les rudiments de la foi: Assuescat in Domini castris, in lectorum primitus yradu divini rudimenta servitii. 2 Avant de passer à un grade supérieur, les lecteurs devaient faire une sorte de stage et donner des preuves de leur vertu et capacité. C'est ce qu'affirme nettement le texte de la première décrétale du pape saint Sirice, au IVe siècle : " Quicumq ue se Ecclesiae vovit obsequiis a sua infantia, lectorum débet ministerio sociari. 3 En 400, le Pape Innocent Ier, dans une lettre à Félix, évêque de Nocera, ordonne que l'on observe soigneusement le temps des interstices, comme ses prédécesseurs l'ont décrété, et défend que les lecteurs soient si tôt ordonnés acolytes, diacres et prêtres :... ita sane, ut in eos tempora a nmjoribus consti-
1 Tirocinio délia cléricale milizia. (De Eossi, Bullet. di archeolog. Cristiana, Ann. 1883).
2 Epist. IX, S. Sozym. Hes3'cli, Epis. Salen. Coustant. Epist, Eoin. Pontif. — Parisiis 1721, p. 970.
3 Decr. Hymerio Ep. Tarracon., C. IX, n. 13. Coustant, ibid., p. 633.
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tuta serventur nec cito quilibet lector... acolythus fiât; afin, ajoute-t-il, qu'ayant longtemps demeuré dans les oflices inférieurs, leurs mœurs et leur conduite soient bien éprouvées, et qu' après cet examen, on les puisse élever à la dignité du sacerdoce; quia in minoribus officiis si did perdurent, et vita eorum pariter et obsequia comprobentur, ut ad sacerdotium postea emensis stipendiorum meritis ventant, nec praeripiant quod vita probata meretur accipere. 1
De lecteur, on le voit par ce décret, le clerc devenait acolyte. Mais cette élévation ne devait avoir lieu qu'après un délai prolongé. Le Pape saint Sirice, que nous citions tout à l'heure, détermine dans la même décrétale la durée de ce délai : Pour ceux, dit-il, qui, dès l'enfance, se sont dévoués au service de l'Église, ils seront mis au rang des lecteurs avant les années de leur puberté, ante pubertatis annos... lectorum débet ministerio sociari. Ceux qui s'y seront consacrés dès leur adolescence, devront être acolytes, puis sousdiacres, s'ils ont tenu jusqu'à trente ans une conduite irréprochable : " qui ab accessit adolescentiae usque ad tricesimum aetatis anniim, si probabi-
1 Epist. XXXXII, Felici Ep. Nucer., Coustant., ibid., p. 912.
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liter vixerit, acolytlms et subdiaconus esse debebit „.
On s'explique cette sage lenteur de l'Eglise si l'on songe à l' importance des fonctions des acolytes, bien autrement étendues que celles des lecteurs. Nous avons dit plus haut en quoi elles consistaient ; dès lors, on le comprend, ces fonctions et surtout les périls auxquels elles exposaient, en temps de. persécution, ceux qui en étaient chargés, demandaient qu'on les confiât, non à des enfants, mais à des hommes ou à des jeunes gens d'une vertu éprouvée, d'une rare prudence, et dont la fermeté dans la foi fût une garantie de la confiance dont ils étaient honorés. 3
Vers le Ve siècle, les évêques de quelques provinces s'étant écartés de la tradition disciplinaire de l'Eglise sur ce point; nous voyons les Souverains Pontifes protester contre cet abus et rappeler les canons qui déterminent les conditions et les interstices requis pour la promotion des
1 « Praeterea magnam fuisse acolythorum fidem, ita ut, propter ecclesiastica negotia, ipsi tamquam tabellarii ab episcopis mitterentur ad episcopos, habetur ex Cypriano etc.... » (Ferrari, Prompta Biblioth., loc. cit., n. 8). A plus forte raison devaient-ils justifier cette confiance pour être chargés de porter la Sainte Eucharistie.
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clercs aux divers degrés de la hiérarchie ecclésiastique. Le Pape saint Zosynie écrivant à Patrocle, évêque d'Arles, s'élève avec une vigueur tout apostolique contre ceux qui passent, comme par bond, et sans franchir les degrés intermédiaires, de l'état laïque à la dignité du sacerdoce : " Nonnulli ex quacumque militia se ad Ecclesiam conferentes statim saltu quodam summatem locam religionis affectant l „. Dans une autre lettre adressée à Hésychius, évêque de Salène, métropole de la Dalmatie, il exhorte ce dernier à s'opposer de toutes ses forces à ceux de ses suffragants qui, de leur propre chef et au mépris des lois traditionnelles de l'Eglise, procèdent à de telles ordinations : " Obsiste talibus ordinationibus, obsiste superbiae et arrogantiae venienti. Tecum faciunt praecepta patrum, tecum ajiostolicae Sedis auctoritas '„.. Puis, après avoir flétri en termes indignés l'audace et l' impudence de ceux qui prétendent parvenir au sommet de la hiérarchie sacrée, sans avoir passé par l'apprentissage dp la cléricature inférieure : quis Me tam arrogans, tam impudens invenitiir , ut in caelesti militia , quae pensius ponderanda est, et sicut auram repetitis ignibus exploranda, statim dux esse desidcret, cum tyro
1 Epist. VII, Patroclo Epis. Arelat., n. 2. Coustant., p. 962.
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ante non fuerit eûprius velit docere quam discere ? ,, après avoir rappelé que les lecteurs doivent être faits exorcistes, acolytes, sous-diacres et diacres avant d'être élevés au sacerdoce : nec illi vile sit cxorcistam, acolytlium, subdiaconum, diaconum per ordinem fieri, et cela non par bonds, mais aux temps déterminés par les ordonnances de ses prédécesseurs, nec hoc saltu, sed statutis majorum ordinatique temporibus\ il conclut que: pour se conformer à la coutume éprouvée de l'Eglise, l'on devra maintenir parmi les lecteurs, jusqu'à sa vingtième année, celui qui aura été appliqué dès son enfance aux fonctions ecclésiastiques ; et, s'il ne s'y est voué qu'à un âge plus avancé, qu'on le maintiendra, pendant cinq ans, soit parmi les lecteurs, soit parmi les exorcistes ; qu'on l'admettra ensuite au rang d'acolyte, où il demeurera un intervalle de quatre années; u ut si ab infantia ecclesiasticis ministeriis nomen dederit, inter lectores usque ad vicesimum aetatis annum, continuata observatione perdufet. Si major jam et grandaevus accès serit .. . post baptismum . . . sive inter lectores, sive inter exorcistas, quinquennio teneatur, exinde acolytus . . . quatuor annis ... si meretur, accédât... „ l
1 Epist. IX, Hesych., c. III, n. 5. Coustant., p. 970.
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D'après la teneur de ce décret, il ne s'agit pas, on le voit, d'une innovation, mais du maintien de la discipline ordinaire de l'Eglise, statutis majorum ordinatione temporibus, ou plutôt d'un retour à la coutume traditionnelle et éprouvée : juxta probatum Ecclesiae morem. 1
En supposant donc que notre héros eût été du nombre de ceux qui s'étaient " dès leur enfance appliqués aux fonctions ecclésiastiques „, on ne pourrait lui attribuer un âge inférieur à celui de vingt ans, " inter lectores usque ad vicesimum aetatis annum perduret „.
Si l'on objecte que les décrets des saints Papes Sirice, Innocent et Zosyme sont postérieurs, l'un d'un siècle, et les deux autres d'un siècle et demi à l'époque où vécut saint Tharsicius, et permettent de supposer, pour cette époque, une discipline contraire; nous répondons que ces trois Pontifes se fondent précisément sur les décrets de leurs prédécesseurs, et sur l'autorité même des canons apostoliques.
" Si les évoques, dit Innocent Ier voulaient garder dans leur intégrité les institutions ecclésiastiques telles qu'elles ont été transmises par les bien-
1 Brev. Eom., S. Sozimi, IX Febr.
DE I/AGE de saint tharsicius 47
heureux apôtres, il n'y aurait ni diversité ni variété dans ce qui regarde la collation des ordres „. 1 Du reste, bien avant Pontifes, le pape saint Oaïus (283-296), presque contemporain de saint Tharsicius, avait confirmé par un décret Vusage établi par ses prédécesseurs, en vertu duquel les clercs devaient passer par les sept ordres inférieurs de L'Eglise, et demeurer dans chacun d'eux un temps déterminé avant de pouvoir être élevés aux ordres majeurs. 2 Plus tard, vers la fin du Ve siècle, le pape Gélase Ier, par une décrétale adressée aux évêques de Lucanie et des Brutiens, ainsi qu'à ceux de Sicile, modifia, en considération de nécessités locales, la durée des interstices pour la réception des ordres ecclésiastiques, avec cette réserve toutefois que, partout où ce serait possible, les anciens canons demeurassent en vigueur et fussent ponctuellement observés :
1 Decr. ad Décent. Eugub. Episc, 18 Mart. 416.
2 L'authenticité de ce décret a été contestée. Ni le texte original ni même aucune copie n'en sont venus jusqu'à nous. Toutefois il est dit de Saint Caius dans le Liber Pontificalis. « Constituisse ut omnes ordines in Ecclesia sic adscenderent : Si quis episcopus fieri mereretur, ut esset ostiarius, lector, exorcista, acolythus, sequens subdiaconus, diaconus, presbyter, et exinde episcopus ordinaretur. » (V. Coustant., p. 306).
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ea tamen lege, ut rébus in intègrum restituais, in ecclesiasticis gradïbus subrogandis, canontjm paternorum vêtus forma servaretur. l
Ces derniers mots nous font assez clairement comprendre que la discipline de l'Eglise s'est toujours inspirée des lois primitives, et n'a fait qu'en maintenir de siècle en siècle l' inviolable autorité, en même temps qu'en assurer la fidèle exécution.
Lorsqu'on parcourt les Constitutions apostoliques auxquelles les divers décrets que nous venons de citer font allusion, on est frappé des précautions sévères prises par l'Eglise, dès les premiers temps, pour éloigner du sanctuaire les indignes et déterminer les conditions requises pour y entrer. Ces Constitutions montrent combien devait être grande et éprouvée la sainteté de ceux qu'on admettait même aux ordres inférieurs. 2 Or,
1 V. Ferrari, Prompta Bibl. Voc. Aco ly tlrurn, n. 16.
2 D'après le saint Concile de Trente, dès les origines de l'Eglise, les noms et les fonctions particulières du sous-diacre, de Vacolyte, de l'exorciste, du lecteur et du portier furent en usage : ab ipso Ecclesiae initio sequentium ordinum nomina, atque uniuscujusque eorurn propria ministeria, subdiaconi scilicet, acolythi, exorcistae, lectoris et ostiarii, in usu fuisse
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nous le demandons, ces ordonnances eussent-elles eu leur raison d'être et obtenu leur effet si l'on avait pu conférer ces ordres à de simples enfants ? Quelle peut être, quelle pouvait être, même aux âges de foi, la sainteté éprouvée d'un enfant? Quelle garantie sérieuse offre sa vertu, si remarquable soit-elle? Et, en exigeant de la part de ses ministres inférieurs recrutés parmi l'enfance des dispositions si parfaites, l'Eglise, toujours si discrète et si sage, n'eût-elle pas trop demandé? Enfin, à ces arguments d'autorité nous ajouterons une induction que nous tirons du texte même du Martyrologe romain, où se trouvent résumées les circonstances du martyre de saint Tharsicius. Il y est dit, en effet, au xvm des Calendes de septembre, que des païens (selon les Bollandistes, ces païens n'étaient autres que des soldats
cognoscuntur. (Conc. Trid. Sess. XXIII, c. II). — Benoît XIV dit pareillement: « Ordines diaconatu inférieures... semper, ab Ecclesiae primordiis, in Ecclesia fuisse, semperque constanter retentos, scimus. (De Synodo dioeces., Lib. VIII, c. IX, n. 6). » Toutefois certains auteurs pensent qu'il ne faut pas interpréter ces paroles dans un sens absolu, et entendre par là les temps apostoliques; selon eux, l'institution des ordres inférieurs, de l'acolytat entre autres, ne date que du milieu du IIIe siècle.
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de l'empereur Valérien), x ayant rencontré l'acolyte Tharsicius, voulurent savoir ce qu'il portait sous sa tunique. Sur son refus et, sans doute aussi, sur sa résistance, ils prirent des pierres et des bâtons et l'en frappèrent jusqu'à ce qu'il eût succombé sous leurs coups.
Or, nous le demandons, si saint Tharsicius n'eût été qu'un enfant ou même un adolescent, eût-il été nécessaire que des hommes, des soldats, recourussent à ces moyens pour lui arracher le divin trésor qu'il portait? N'eût-il pas suffi d'un seul de ces hommes pour avoir raison de lui? Quelque résistance que puisse opposer un enfant, qu'est-elle lorsque son adversaire est un homme, surtout un homme à la taille athlétique, tels qu'étaient la plupart des soldats romains?
Pour expliquer sans difficulté l'usage de ces pierres et de ces bâtons, il faut, nous semble-t-il, que l'héroïque martyr ait opposé à ses agresseurs une de ces résistances désespérées qui rendent un homme redoutable, et cette résistance, prolongée du reste, si l'on prend les termes du texte dans toute leur rigueur, 2 ne peut elle-même s'expli-
1 Alia die invenerunt milites paganorum (nenipe iraperatorum) acolytlium nomine Tliarsicium. (Act. Sanct., act. S. Stephani, II Aug.).
2 Quem... taradiu mactaverunt quousque exhala-
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quer qu'en attribuant à saint Tharsicius l'âge d'un homme ou tout au moins d'un robuste et vigoureux jeune homme,
C'est là, selon nous, la seule hypothèse rationnelle, la seule interprétation satisfaisante du texte du Martyrologe cité plus haut, et sur lequel, du reste, nous aurons à revenir.
Le P. Pierre Coustant, docte Bénédictin du XVIIIe siècle, célèbre par ses remarques et annotations sur les Lettres des Pontifes romains, fait au sujet des portiers de la primitive Eglise une judicieuse observation que nous pouvons à bon droit et a fortiori appliquer aux acolytes, et qui trouve ici sa place. Que des enfants, dit-il, désireux d' appartenir à la milice sacrée, fussent, même dans un âge fort tendre, mis au rang des lecteurs, il n'y a en cela rien qui doive surprendre : mais il n'en va pas de même pour l'ordre des portiers dont les fonctions consistaient à refuser l'entrée de l'église aux indignes : des enfants évidemment n'auraient pas pu s'acquitter de ces fonctions. u Non tam cito fielant vdlidi et ad implenda ostiarii munia idonci. Eorum quippe erat ab JEcclcsiae aditu indignos repellere... oui muret spiritum. (Martyr. Adon. Episc. Vien. XVIII Kal. Sept.). Dans le Martyrologe romain, le mot quousque est remplacé par l'équivalent donec.
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neri impares erant infantes. » x Ne doit-on pas en dire autant des acolytes, dont les fonctions, nous l'avons vu, étaient si délicates et si saintes et réclamaient tant de prudence et de fermeté?
Allèguera-t-on que, au fort de la persécution, une dérogation à la coutume traditionnelle était possible et pouvait même être réclamée par la prudence, par la force des choses? Cette présomption, accréditée par la légende romantique de quelques écrivains modernes, ne repose sur aucune donnée légitime, et ne mérite pas qu'on s'arrête à la discuter.
Dira-t-on que, dès lors que les chrétiens des premiers siècles pouvaient emporter la Sainte Eucharistie dans leurs demeures, il n'y a aucune répugnance à admettre qu' elle fût confiée aux enfants aussi bien qu'aux grandes personnes ? Opposera-t-on, pour appuyer cette présomption, l'exemple rapporté par saint Denys d'Alexandrie (vers 252), d'un enfant chargé de porter le viatique à un mourant nommé Sérapion2? Nous répondons qu' il y a dans ce fait une dérogation si manifeste à la coutume ecclésiastique, même à cette époque, que saint Denys a cru devoir en faire mention. Nul doute que, si Tharsicius n' eût été qu'un enfant, ou l'eût également mentionné dans ses Actes, si laconiques soient-ils.
1 Constant., loc. cit., p. 308. - 2 V.à l'Appendice §. VIL
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Nous n'avons pas la prétention de revendiquer en faveur de notre opinion la valeur d'une certitude historique ; néanmoins, nous la croyons suffisamment appuyée pour considérer comme peu probable et par conséquent peu soute nable celle qui n'attribue à saint Tharsieius que l'âge d'un enfant. 1
1 Nous avons tenu à connaître à cet égard l'opinion des PB,. PP. Bollandistes. Le Père que nous avons consulté nous a dit n'avoir pas d'opinion arrêtée sur l'âge de saint Tharsieius ; mais il a remarqué que l'opinion qui le fait tout jeune n'est pas indiscutable.— Plusieurs catalogues ou ouvragés hagiographiques l'appellent « jeune acolyte », le citent parmi les Saints que l'on représente « comme enfants. » Mais des raisons de cette appellation ou de cette façon de le représenter, ils n'en donnent pas. Aussi le P. P. L... pense-t-il que cette manière de s'exprimer ou de représenter saint Tharsieius peut venir de récits ou de représentations faits h une époque où les acolytes étaient jeunes communément ; de même que souvent on représente saint Etienne et saint Laurent comme des jeunes hommes, alors qu'ils pouvaient fort bien être des hommes faits. — Nous avons également soumis notre opinion à M. de Rossi, le savant archéologue romain : « L'on peut supposer, noiis a-t-il répondu, que saint Tharsieius était jeune ; Il est moins vraisemblable qu'il fût tout h fait adolescent ou à peine entré dans l'adolescence. » — Plus tard, au cours d'un entretien, il nous a exprimé plus formellement encore sa pensée sur ce sujet: « Certainement, nous a-t-il dit, saint Tharsieius n'était pas un enfant. La nature même de ses fonctions est un argument décisif en faveur de son âge d'homme ou tout au moins de jeune homme. »