acte étemel. li n'a donc pas besoin d'amis; U n'a besoin de rien (i
Rien ne manque à Dieu. II a sa fin en lui-même, et cette fin est éternellement atteinte. Pourquoi donc Dieu agirait-il ? L'être qui agit, agit toujours en vue d'un but. L'action suppose deux termes, l'être qui agit et ce en vue de quoi il agit. Celui qui possède le bien n'a rien à poursuivre, rien à acquérir. Il n'a que faire de l'action (2). Sa vie est une contemplation éternelle. Là est son bonheur, bonheur simple et unique comme l'être qui en jouit (3).
Gouverner, c'est agir; Dieu ne gouverne donc pas le monde. S'il le gouvernait, son but serait en dehors de lui. Dieu ne gouverne pas plus le monde qu'il ne le connaît. C'est la nature qui ordonne tout (4). Mais il ne s'ensuit pas de là qu'il y ait deux principes. Il n'y en a qu'un, et ce principe unique et suprême, c'est le bien (5) ; car si la nature fait tout , elle fait tout en vue du bien (6). Le bien est donc la seule cause de l'ordre et du mouvement dans le monde. Et que l'on ne pense pas que le mal constitue un principe réel opposé au bien, opposé à Dieu comme un contraire à son contraire. D'abord le souverain bien, on Ta vu, est la substance première, et ce qui est premier n'a absolument pas de contraire (7). Puis, le mal n'est pas une réalité ; il n'existe pas en lui*même ; il est ce qui n'est pas encore le bien, mais qui aspire à le devenir. C'est le bien en puissance, ou négatif, cherchant à passer à l'acte et à l'existence. C'est la matière en tant qu'elle est encore privée de la forme qui, en s'unissant à elle, lui donnera l'être réel, le bien dont elle manque. Le mal n'est donc que la privation du bien dans un être qui est le bien en puissance (8). Or, la puissance tend à passer et passe sans cesse à l'acte. L'acte, le bien, la perfection l'emporte sans cesse sur la puissance, sur le mal, sur l'imper-
(i) Grandes morales, II, i5 ; Mor. à Eud., VII, la. — (2) Du ciel, II, 7 ; Morale à Eud., VII, 12. — (3) Mor. i Nie, VII , 14; Métaph., XII, 7, 9 — (4) Morale à End., VU, 16. — (5) Métaph., XII, lo; — (6) Phys., VIII, 7. — (?) Métaph., XH, 10. — (8) Phys., I, 9; Mélaph., XIV, 4.
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fection, et le monde est aussi bon qu'il le peut être parce qu'il approche continuellement de ce qui est en soi le bien (i). Ainsi, le premier moteur, par sa divine influence, attire éter-^ nellement tous les êtres au bien, sans sortir de son imnaobilité absolue. Il élève le monde à lui sans descendre vers le monde, sans rien perdre de sa dignité, sans déchoir; et pendant qu'il met Tordre et la vie partout en dehors de lui, indépendant et immuable, il trouve dans Tacte de sa pensée la vie parfaite, l'existence complète et invariable, et la suprême félicité (2).
(1) Phys., Vni, 7;Med. — (a) Métaph., XU, 7, 9, 10.