‹ Le presbytèreChapitre 42 sur 45 · M. PRÉVÈRE A M. ERNEST DE LA COUR · texte numérisé non relu

M. PRÉVÈRE A M. ERNEST DE LA COUR

De la cure.

Monsieur,

Si quelques semaines se scmt écoulées depuis que j'ai reçu votre étrange lettre, c'est que j'avais d'abord formé le projet de n'y pas répondre. En la relisant aujourd'hui avec plus de sang-frdd, je reviens sur ma détermdnation et je prends la plume.

B!n effet, monsieur, vous me paraissez étxte dans une situation d'âme qui mérite compassion. Je vous plains sincèrement, je viens vous offrir mes conseils; mon amitié vous appartient comme à tous les malheureux qui peuvent y trouver quelque soulagement ou quelque seoours. Quant à men estime, il ne tient qu'à vous de l'obtenir; mais ce ne sera qu'au prix du courage, du sacrifice et de l'accomplissement de devoirs dont vous me semblez méconnaître la sainteté.

Gomment ! monsieur, vous me parlez d'estime, vous me parlez de changement dans vos principes ou dans votre cœur, lorsque^ en même temps, vous vous présentez à moi comme un homme qui s'est laissé devenir le jouet de sa passion, comme un fib qui fait le tourment et l'effroi de sa mère ; qui, chose impie ! après avoir, une fois déjà, tenté de s'ôter la vie, semble n'avohr pas renoncé à ses criminels projets, mais se faire du suicide une ressource, une menace, et qui oublie, dans son brutal égolsme, et la loi de Dieu et les pleurs de sa mère ! De l'estime ? monsieur. Non ! non ! du mépris sur vous, du mépris sur votre mémi^ire, si jamais vous pouviez accomplir ces lâches desseins. £t vous parlez de vos erreurs passées? elles ne sont rien au prix de vos égarements présents ; de votre admiration pour Mlle Reybaz, de votre culte pour ses vertus, de votre insatiable désir d'être jugé digne d'elle!... Ah! monsieur, vous vous méprenez; et, si, du môme cœur, vous croyez pouvoir caresser le crime et adorer la vertu, offenser Dieu et mériter l'estime, c'est ailleurs qu'il faut adresser vos vœux, vos hommages; ici, ils ne seraient ni agréés ni même compris.

Revenez à vous, monsieur Ëmest., revenez à vous. Vous dites que votre âme s'est épurée : voici l'heure de le montrer; car il

est digne de louange ^ digne d'admiration, de se relever de la chute, et les plus belles palmes ne sont pas pour ceux qui ne faillirent jamais, mais pour ceux qui, du fond de Tabime, reprennent, par un effort sublime, leur essor vers les hauteurs. Vous êtes malade, vous êtes à plaindre, vous m'inspirez une vraie pitié; mais rien n'est perdu, la miséricorde de Dieu est bien plus grande que vos péchés ; de vous dépend la victoire. Voulez-vous mon aide? je vous l'offre : mes secours journaliers? venez à moi : venez, pauvre âme, venez, mes entrailles sont émues pour vous; venez, je vous accueillerai comme ce père accueillit Tenfant prodigue ; venez, je panserai vos blessures, et, bientôt convalescent, bientôt plus fort, bientôt vainqueur; vous jouirez de la paix de Dieu, du contentement d'esprit, des joies de votre mère, de l'estime assurée de celui qui vous parle à cette heure!

Je découvre, mon cher monsieur, dans votre lettre, tous les sophismes de la passion, tous les détours de la faiblesse, toutes les ruses du désir. Votre âme est sans gouvernail, elle flotte au gré du vent orageux qui ne la pousse pas môme vers les rives où elle s'imagine tendre. Aussi je ne m'étonne point qu'elle ait failli se briser contre les écueils; mais je m'étonnerais que vous ne fissiez rien pour la sortir de cet état dangereux. Voulez-vous que je vous dise, monsieur Ernest, à quelle époque elle commença à devenir ainsi le jouet des vents? C'est quand le plaisir, quand la dissipation, les compagnies légères, les propos railleurs, en eurent chassé les derniers restes de religieuse candeur, de pieux principes. Alors elle se trouva libre, mais pour se retrouver plus tard honteusement asservie aux passions, qui sont des maîtres rudes, ingrats, brutaux, n'est-ce pas, monsieur Ernest? des maîtres qui frappent comme Dieu et plus fort que Dieu, mais qui abrutissent, au lieu qu'il sanctifie, qui dérèglent, au lieu qu'il réforme et qu'il sauve. Revenez donc à ce maître, mon bon ami, rebroussez dans vos sentiers jusqu'au point où vous l'avez quitté, et demandez-lui humblement son pardon et son aide î Alors vous retrouverez et un gouvernail et une boussole; vous connaîtrez où vous êtes, vous dominerez l'orage et vous éviterez les écueils ! L'expérience précoce que vous avez faite des plaisirs du monde et de toutes les doctrines, de tous les principes, de toutes les voluptés auxquels on peut enrôler son corps ou son âme doit prêter à vos yeux de la force aux vérités que je proclame ici ; car le pécheur en soit plus sur la vanité de ces choses que le juste, et vous n'avez pas promené

votre jeunesse de ténèbres en ténèbres sans connaître aujourd'hui ce que vaut la lumière.

Après ces exhortations , que vous ne trouverez pas déplacées ^ monsieur , dans la bouche de votre pasteur , et que vous imputerez à l'intérêt sincère qu'il vous porte , j'en viens k ce qui fait l'objet de votre lettre. Je ne suis pas au fait des choses sur lesquelles vous me demandez de vous éclairer. Seulement, j'ai lieu de croire, d'après quelques mots que m'en a écrit M. Reybaz, que les assertions de madame votre mère sont fondées sur des ouvertures qui ont effectivement eu lieu entre elle et lui. Mais, si j'ignore la nature précise de ces démarches, je sais malheureusement assez d'autres choses qui me mettent à môme de vous répondre, et c'est ce que je vais faire avec la plus entière franchise.

Mlle Reybaz, monsieur, est aujourd'hui dans un état de langueur qui inspire les plus vives sQarmes; je la considère, moi , comme mourante! Après ce duel dont vous parlez, M. Reybaz retira sa parole à M. Charles et lui ôta sa fille.' C'est à partir de ce jour que celle-ci a été en proie à un dépérissement qui suit son cours et qui approche de son terme. Ainsi , monsieur, dès ici , chassez tout espoir et prenez le deuil, non pas de vos vœux seulement, mais aussi de la plus angélique créature qui ait jamais visité la terre. Mais il y a plus; Mlle Reybaz aurait vécu , elle serait destinée à vivre , qu'encore faudrait-il vous -désister de toute prétention à obtenir sa main. Son cœur s'était donné à Charles, et elle lui a déclaré à lui-même qu'il ne se sera donné qu'une fois. Elle meurt pour avoir été arrachée à l'ami de son choix; certes elle n'aurait pas vécu pour s'unir à un autre... à vous, monsieur, qui avez provoqué Charles, et qui, involontairement, je veux le croire, mais avec une coupable imprévoyance , avez été le premier auteur du coup sous lequel il gémit et sous lequel elle succombe !

A vrai dire , monsieur, je me suis étonné de la légèreté avec laquelle vous passez sur ce duel funeste , et encore plus que vous n'ayez pas compris la situation dans laquelle il vous plaçait vis-à-vis de Mlle Reybaz, situation dont l'honneur seul, votre honneur mondain, à défaut de motifs plus élevés, vous faisait une obligation de ne pas sortir. Comment donc ! Est-ce sur la ruine d'un enfant qui n'avait rien au monde que ce que vous lui avez ôté par les conséquences de votre injuste provocation , que vous auriez dû vouloir établir votre triomphe ?

474 LE PRESBYTiRE.

Esk-ee tout que de croiser le fer? et eela suffit-il pour anéantir le passé, pour blanchir Tavenir? Aves^vevs pu croire ?••• Mais^ mensieur , Tégolsme de la passion vous aveugle eatièrmnent ! * Au liead« gémir sur youfr-méma, gémisses dona sur eet infortuné dont vous avez dépouillé la destinée,, perdu» le bonlieur sans retour ! Voyez les maux dont vous avez été la cause ; et , si vous voulez voua corriger et revenir à la vertn, commeneez par vous guérir de Taffreuz mal de n^aimer que soi-môme ! ReccmnaÂssez enfin que , Mlle Eejbaz revlnt^elle à la vie , vous aceeptàtrelle pour époux, c'est vous, vous, monsieur, qui devriez remiser Thonneur de liû appartenir.

Au surpioB, mondeur, il est des circonstances que vous ignorez peut-être et qui , dan» ce cas-^à, seraient à votre décharge. Je ne puis ici vous parler qu'avec une extrême réserve. Il y a des secrets à garder, des ménagements à avoiv. Après que , à Toccasioa de votre- duel , M. Reybaz eut une première fois retiré la main de sa allé à mon protégé, M. Gharies , il vit bientôt qu'elle ne supporterait pas ee coup porté à sa plus chère a£fection, et il se résolut par degprévà pardonner* C'était l'époque où l'on apprit votre criminelle tentative sur vous-mtoe et le départ précipité de madame votre mère... c'était eells aussi où un homiDie qui se dit Tami de M. Reybaz, et qui aùrenient connaît bien les préjugés et les faiblesses de cet homme rei^tectable , commença k ourdir contre mon Gharies une infernale Uram». M. Reybaz, alors à. Mornes, avait pardonné; il m'avait écrit de rappeler Gharies. Son billet fut retenu par l'officieux ami. .. et, trois jours après , ee misérable faisait passer à M. Reybaz des révélations sur la naissance de mon protégé. Ces révélations posèrent,, aux jejxt de mon amlReybaz, d'infranchissables barrières entre Gharies et Louise. C'est donc de ce jour , et non plus à partir du duel , que date la ruine de ces deux enfants. Jugez maintenant vous-même si , dans aucun cas , vous auriez pu devoir la main de Mlle Reybaz au succès de ces ténébreuses et perverses machinations , dont je sais toute l'histoire et tout le résultat , mais- dent la cause ou la source première est encore un mystère à mes yeux , à moins que je ne veuille la voir tout entière dans la méchanceté gratuite de]eet homme "qui se nomme Champin.

Ce mystère, du reste , Dieu le connaît et l'avenir le révéleta. L'on saura alors quelle main est allée rediercher dans les ténèbres oài la bonté de Dieu Tavait eadaé ce trait empoisonné, qui,

lancé si à prapos, a frappé si juste, si avant... trop avant! caar le méchant fait une œuvre qui le trompe. On saura dans quel intérêt, pour quelle basse satisfaction, par quel ignoble mépris , je ne dis pas de toute charité , mais de rbumanité la plus vulgaire , a été entreprise , menée à bien cette trame d'enfei» ; et malheur ! Inalheur alors, et dans le temps et dans Pétemité, à ceux qui en auront été les instruments ou les auteurs!.:. Malheur à eux ! car ils ont imniolé un ange ; ils ont dépouillé un noble jeune homme ; ils ont déjà porté le coup qui doit infailliblement abattre un digne père... Malheur à eux! ouplutét yeuille notre Père céleste leur envoyer le remords, la pénitence, et les sauver par son Fils Notre-Seigoeur.

J'ai l'honneur d^être, monsieur, avec une considération distinguée ,

Votre dévoué Prévèrb.

cLxxxvr

LOUISE A M. PRÉV^ÈRE.

D« Mornex.

Il faut, mon cher ms^tre^ que je prenne la plume pendant que j'ai encore assez de force pour la tenir. Je ne dispose plus que d'un petit nombre de jours , et, sur le point de vous quitter, j'ai tant de choses à vous dire ! Déjà c'est un travail pour moi que de rassembler mes pensées , que de mettre quelque ordre dans ce que je vousr écris, surtout que de me maintenir dans cette attitude de recueillement. Aussi, à chaque fois que je prends la plume, il me semble que ce doive être la dernière. Mais je lasserai des notes, afin: que vous donniez suite aux intuitions de votre Louise quand l'heure sera venue. Il s'agit de nûoces choses, mais auxquelles mxm cceur attache du prix, et où, dès maintenant, il trouve la seule distraction qui lui convienne.

Avant d'en venir à l'objet qui me porte à vous écrire aujour«d^hui, que je vous rende grâce, men cher maître , pour les jours que vous m'avez consacrés. Je recueille les fruits de vos te»dres soins : mon âme résignée se détache insensiblement de la terre, tous les cordages se détendent, je m'apprête à la séparsËioa ; et cet état où je suis n'est pas sans douceur auprès de cehii d'où je son». Je ne sais si , destinée k vivre , j'eusse jamais retrcmvé la paix, sails laquelle il n'est point de bonheur; mais

aujourd'hui , si je ne puis dire que je sois heureuse , je suis du moins paisible : le calme n'est pas acheté par autant de contrainte , et le flot de mes douleurs , toujours amer , n'est pas orageux. Je trouve dans la prière , non plus seulement un exercice durant lequel l'auguste présence de Dieu impose silence à ma peine, mais comme un doux sommeil où se restaure mon âme. Je me rappelle vos entretiens, j'y cherche l'appui dont j'ai besoin pour ne pas chanceler; et, certaine que j'approche du terme de ma vie, je franchis cet intervalle de jours qui m'en sépare comme un chemin qui conduit hors d'une triste vallée. Oui, mon cher maître, je vous en donne l'assurance, je vois d'ici ma tombe sans trop d'effroi : c'est la couche où je vais m'endormir dans le sein de Dieu et dans le souvenir de mes amis. Après un peu àe temps , ils m'y auront portée ; et , tandis que maintenant ils sont désunis à mon sujet, ils s'uniront alors à cause de moi , ils s'aimeront à cause de moi , ils m'appelleront au milieu d'eux, et j'y serai présente. Je le leur dis aujourd'hui que ma voix leur parle encore , pour qu'ils s'en souviennent quand ma voix ne leur parlera plus.

J'en viens, mon cher maître, à cet objet dont je ne veux pas confier le secret à des notes éparses , qui pourraient tomber sous d'autres regards que les vôtres. A son retour de la cure , mon- père m'a remis une lettre qui n'était pas destinée à passer par ses mains , et dont le mystère ne doit être pénétré ni par lui ni par qui que ce soit, si ce n'est par vous , peut-être... Je l'ai brûlée. Ce sont dés choses qui ont rapport à la naissance de Charles. J'ai hésité à ensevelir ce secret avec moi ; mais, après y avoir réfléchi , je trouve qu'il y a quelque utilité à vous le révéler, à vous seul, quand d'ailleurs il me serait pénible de commencer aujourd'hui à vous cacher quelque chose. Seulement, mon cher maître, je mettrai dans ces révélations la réserve dont je ne crois pas devoir me départir, même vis-à-vis de vous, afin que d'indiscrètes confidences ne vous gênent pas dans la direction des destinées de cet ami. Ainsi, je ne vous dirai pas comment je me suis procuré dans le temps la connaissance de ces choses ; je ne vous dirai pas tout ce que je sais; mais tout ce que je vous dirai sera exactement vrai.

Dès l'âge le plus tendre, dès l'âge de neuf aûs, je crois, je me suis préoccupée de la naissance de Charles , lorsque luimême n'avait point encore songé à s'en soucier. Dans mes enfantines illusions d'alors , voyant cet enfant si aimable, isi rempli

de qualités généreuses et brillantes, je m^étais persuadée qu'il ne pouvait être que le fils de parents nobles et infortunés : je supposais que , par une suite de romanesques aventures , ils avaient été conduits à le placer sous la sauvegarde de M. Prévère, jusqu'à ce qu'ils vinssent le redemander; et cette confiance si bien placée me portait à les aimer sans les connaître. Cependant ils ne venaient point. «Ten conçus du chagrin, et je me mis en tète de rechercher leur trace, a6n de rendre à Charles un nom et une famille. Ces recherches, que je ne pus étendre bien loin, n'aboutirent à rien; et j'avais renoncé à les continuer, lorsque, il y a quatre ans environ, une circonstance fortuite' vint me mettre sur le chemin de la vérité. Je la sus tout entière; elle était telle que je dus en faire mon secret; mais j'en reçus une impression profonde , et le bouleversement de mon âme occasionna cette maladie que je fis alors. Néanmoins, la découverte que je venais de faire ne fit que m'attacher davantage à Charles , en même temps qu'à vous, mon cher maître. C'est alors que je m'avouai pour la première fois la pensée d'être un jour son épouse et de lui revaloir les biens dont il était frustré ; c'est alors aussi que le sentiment de sœur avec lequel je l'avais aimé auparavant se changea insensiblement en ce sentiment plus vif, plus grave, plus profond, dont je l'aime aujourd'hui et que j'emporterai dans la tombe.

Mais ce qu'il importe que vous sachiez, monsieur Prévère, et que Charles puisse savoir dans un avenir prochain, c'est que les auteurs de ses jours ne sont plus. Son père est mort depuis douze ans, et cette lettre que j'ai brûlée contenait l'annonce que, depuis un mois, sa mère a cessé de vivre. C'est pour détruire à cet égard tout espoir comme toute crainte que je me suis déterminée à parler, voulant avant de mourir clore cet abîme, puisque la Providence semble m'y avoir appelée. Ainsi donc, quand le temps sera venu, dites à Charles qu'il est orphelin, et dites* à votre ami Reybaz qu'il traite comme son enfant celui que sa Louise a aimé comme un frère et bien plus qu'un frère; dites à Charles que, si à la vérité son père, issu d'une bonne famille, ne sut pas honorer le nom qu'il portait, sa mère, sortie d'une condition commune et jetée dans une carrière de désordres, sut ne s'y pas corrompre, mais qu'elle fut l'appui et

1. Voir au commencement de ce livre, lettre CXLIX , billet du curé de Gex, transcrit dans une lettre de M. Prévère.

47» LK PRSSBYTÈRE.

la eoxneiatiOB de eelui qui l'avait perdoe. Dites-lui l^'il peut honorer sans crainte sa méaimre; dîtes4ui <|u'elle n^ eu ni à souffrir ni à se dégrader dams sa détresse ; dites-lui^ enfin, qu^U peut la chérir.... car rinfortunée a pleuré jusqu'à son dernier soupir l'enfant qui lui fût luntaleonent arraché pour être exposé dans la cour de M. Préfère !

Vous devinerez assez, mon cher maître, ^ue je n'ai pas porté Ge secret durant quatre années sans iniquiétiides et san»hésitar* tioBs^ Plus d'une fois j*ai été tentée de le révéler à Charles, plus d'une f^s à vo«»; en tout ti»nps il a trouiblé mcui repo» par k eraioite que, de quelque part, un lEMit, un signe, une lueur n'attirât ée ce côté le soupçon ou le regard de nion père. Mais ee que vous ne devinerez pas^ c'est que e^est ee secret qui m'a perdue,... Ce jour ' où je demandad grâce k moa père, et où il »'^oigna, renonçant à me eontraoïuâre..^ ce jour où Charles m'était rendu, Men plust où il ne m'était pa»ôté encore.... ce j,our-là, je sentis q^i'il est des secrets mortelS' à eoanfthre l 'ùer meurée seule dan» ma chambre et maîtresse de mon sort^ il Bhe sembla que je venais d'abusor de lar confiance d'ua père e& acceptant ses sacrifices sanS' lui dire la vérité.*^ il m€ sembla qo'eii siiKeprenaat a» bonne foi je me préparais ses reproches et ses mépris...* Je me %urai sa malédiction comme suspendue sur ma tète, connue peéte à m'éeraaer, s'il venait à découvrir que je l'eusse trompé et, seloik ses idée», déshonoré.... Sul>jugnée alar», éperdu», je me livrsi,^ je livrai ma vie..^ je la. livrai contre votre conseil, malgré votre suppliante prière, malgré la prophétique tristesse de votre regard, ieioq cher maître.... Vous savez maintenant le motif d'une résistance qui dut vous affliger, mais (|ia« j'ai trop cruellement expiée pour que j'aie besoin d'implorer votre pardon.

Yeilà ce que j'avais à cerair de vous dire,, monsieiicr Prévère;. et combien de choses encore L*. mais je naanque de courage poor poursuivre.».. Ce passé, dès que je m'en apprpchoyme ressaisit à Itii ; et ce sont, powr m'en, arracher,, de nouveaux déchireloeats..». Ces larmes, que j'avads< crues taries, jaillissent et m'i- Bandent» . . . *».•...•..•..■....■«.*.•.*•..

Quel riant soleil enchantait de ses dimx rayons ce futur hjmenée!... 0 mon maître ! ma tristesse est mortelle : la douleur

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