‹ Le presbytèreChapitre 43 sur 45 · Voyez, au troisième livre, k l«ttr« CU · texte numérisé non relu

Voyez, au troisième livre, k l«ttr« CU

LE. PRËSfiTTÈREL 470

me voile les eieml... Oii est TOtre main qui me guidait an sé*-

pulcre?

Je voulais vous parler de mon père, mais la plume échappe de mes doigts. Vous trouverez dans mes papiers quelques directions que je vous prie de suivre à son égard et une lettre pour lui, où je tâche d'amollir sa douleur. Y parviendrai-je ? Je ne sais; mais je sais que de mes mains il passera dans les vôtres. Je ne vous le recommande pas, je vous le confie, à TOliSy M. Prévëre, et à Châties. Tous les deux vous connaissez de quel amour il m'aime, de quelle trempe est son âme; et tous les deux, mes tendras amis, vous connaissez avec quelle anr goisse, avec quel effroi, je le délaisse. Ëntretenez-le de moi, de sa Thérèse, de notre future réunion; prévenez surtout, étouffez, dès qu'elle se montrera, cette voix de reproche qui, si elle vient à retentir dans son âme, y portera dans le silence le ravage et la mort, comme fait dans l'ombre de la nuit un fou<gueux orage. Redites-lui qu'il a usé de ses droits de père c<mime il devait en user, selon ses lumières, sans autres guides que 8<m inébranlable droiture et sa toidresse infinie pour me». Redites-lui qu'un peu plus tard il m'aurait perdue,, parce que j'ai apporté peu de vie en venaot au monde, parce que je suis née d'une mère faible et déjà malade quand elle m'enfanta; dites'lui, enfin, que je m'éteins avant le milieu de la vie, après en avoir savouré toutes les douceurs et avant d'en avoir connu les souffrances; que je meurs non pas comme Thérèse, ma mère, en quittant un époux et un enûmt, mais libre, sans indissoluble attache, sans déchirure saignante, digne des regrets de ceux qui m'ont aimée , mais non pas digne d'être plainte , à moins que je ne dusse laisser après moi un père qui, abusé par sa propre tendresse, s'imputerait à reproche ce qui est une voie de Dieu et peut-être une disp^isation de sa bonté !

<}uant à vous, monsieur Prévère, que vous dirai-je ? ma voix est trop humble en tout temps., trop faible aujourd'hui.... Je suis votre créature, votre disciple; vous m'appelez votre amie : j'ac* eepte, je chéris ce doux titre, mais non pas pour m'en préva* loir. J'ai vécu et je mourrai sous votre, aile; vous aurez tout lait pour moi, sans qu'il m'ait été donné de rien faire pour TOUS.... mais tel est, mon bien-aimé maître, l'abandon de votre Louise en votre céleste ohariié, qu'ai vous laissant après elle une grande et difficile tâche elle sait qu'elle vous laisse le seul

héritage dont vous soyez jaloux et le seul hommage dont vous soyez digne.

Votre tendrement affectionnée Louise.

Page 1