‹ Le président de Brosses en ItalieChapitre 20 sur 26 · II · texte numérisé non relu

II

au XLVm.— A M. DE NEUILLY.

lais. Migieu y que vous n^auriez pas cm le plus polisson de la troupe , s'arma d'un de ces braqoemarts qu'il dirigea contre la face du bon Lacume ; celui-ci ne demeura pas en reste : une si bonne plaisanterie devint aussitôt générale et ne unit qu'après nous être tous inondés jusqu^aux os pendant une demi-heure. La saison de l'hiver ub vous parait pas heureusement choisie pour ce petit jeu ; mais, en vérité, ce jour-là, il faisait si beau et si doux qu'on ne pouvait résister à la tentation de prendre le bain. Noos allâmes changer de linge et d'habits à notre auberge , et voici ce que nous y gagnâmes : nous étions assis de trèsbonne foi sur un parvis du Belvédère pour entendre le centaure jouer de son cornet, sans nous apercevoir d'une centaine de petits traîtres de tuyaux, distribués entre les joints de pierre, qui partirent tout à coup sur nous en aitïades. De 1^ , n'ayant plus rien à ménager, puisque nous avions vidé le fond de notre valise après 1$ scène de Mondragone, nous nous enfonçâmes avec intrépidité dans les lieux les plus mouillants du palais, où nous passâmes le reste de la soirée à nous faire de pareilles niches. Il y a surtout un excellent petit escaUer tournant où, dès que l'on y est engagé, les jets d'eau partent en se croisant wi tous sens du haut, du bas et des côtés. On est pris là 9àns pouvoir s'en dédire ; fwn ce rimedio.

Au-dessus de cet escalier , nous fûmes vengés de Legouz , qui nous avait valu l'ondée du parvis. Il voulut tourner un robinet pour nous lancer de l'eau ; ce tobinet est fait exprès pour tromper les trom-

GOUVERNEMENT DE BOURGOGNE, ETC. tlft

peurs ; il lança 4 Legouz, avec une roideur épouvan* table^.un torrent gros comme le bras^ droit contre l6 ventre. Legouz s'enfuit comme un beau diable avee ^es culottes pleines d'eau distillant dans ses souliers. Nous, en tombâmes par terre à force de rire ; ce fut la fin de la scène. Mais le retour ne fut pas si plaisant que matines ; il fallut rester nus en robe de chambre, à manger un fort inauyais souper , tandis qu'on sé« chait les chemises et les hardes. Frascati est un lieu d'ombrages^ mais non pa^ de bonne chère. Migieu et Sainte-Palaye adoucissaient leuts misères en man* géant chacun deux ou trois livres de nougat pétri jau miel qu'ils avaient acheté au coin. d'une rue. J'en voulus goûter ; c'^est un vivre détestable, s'il en fut jamais. Pour eux ils le trouvèrent exquis , et pensèrent en crever de mal d'estomac toute la nuit»

Mondragone est la plus belle maison de ee lieu» Les Borghese y viennent passer la belle saison et y font une grande dépense. Le château est sur imé hauteur ; les avant-cours forment des terrasses voù* tées par-dessous , où sont les offices et les cuisines souterraines , dont les tuyaux de cheminée , faits en jolis petits minarets ou colonnes rustiques à colliers, sortent de terre le long des terrasses ei y font un ornement, bien loin d'être un défaut. Il n'était pas possible de pratiquer ces tuyaux de cheminée d'une manière plus agréable. Cette avant-cour est revêtue en architecture, garnie de balustrades et décorée au milieu d'une belle fontaine en guéridon.

Le château est grand , bien meublé , orné d'un

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théâtre , d'une longue galerie de statues et de peintures des meilleurs maîtres, telles que l'Orphée , le Polyphème, de Lanfranc; la Cène, d'Albert Durer; une Tête colossale antique d'Antinous , etc. Il y a aussi au Belvédère de bonnes peintures du Dominiquin et du Cavalier d'Arpino. J'avais pris un petit mémoire du tout; mais il a péri dans l'inondation de cette fatale naumachie, ou du moins il est tellement effacé qu'on n'y peut rien lire ; si bien qu'il faut que M. de Quintin en fasse son deuil, à moins que je ne retourne une seconde fois dans ce même endroit.

Les jardins du château ne sont pas grands, mais agréables, et proprement tenus; la grotte, ou portique cintré, orné de statues au bout du parterre, est un fort joli morceau d'architecture, par Vignole. . Derrière Frascati, vous avez quelques objets dignes de remarque : la maison de campagne de Caton, aujourd'hui Mont^ Porzio; l'ancienne ville de Gabies, détruite par Tarquin, aujourd'hui la Colonna; le lac Régille, fameux parle gain de la bataille- dont Castor et PoUux apportèrent la première nouvelle à Rome (cela fut fort honnête de leur part ) ; la ville de Palestrine autrefois Preneste , où je n'ai pas encore été et où je veux aller visiter les ruines de ce beau temple de la Fortune Prenestine; alors je vous en parlerai.

Au-dessus de Mondragone, l'ermitage des Camaldules, où le cardinal Passionei était en retraite si pieuse et si exacte quand nous y allâmes , que nous ne pûmes avoir l'honneur de le voir : Ad caput Fe^

roniœ, où les anciens peuples du Latium tenaient leur assemblée générale : Monte Gavo \ où était dans l'antiquité le fameux temple de Jupiter Latial, où s'indiquaient les fériés latines.., etc. Remarquez encore au Belvédère la fontaine du Lion et celle d'Atlas.

Une autre fois nous allâmes à Castel-Gandolfo , maison de campagne du pape ; c'est un bâtiment fort coipmun, les meubles et le jardin à l'avenant. Nous vîmes en passant l'emplacement des BouviUes*, villotte antique, ayant été un des faubourgs de Rome. C'est là que Milon, edlant à Lanuvium sa patrie, dont il était dictateur, rencontra Glodius qui revenait à cheval d'Aricie et le fit tuer par ses esclaves : dans le vrai, ceci ne fut qu'une rencontre de hasard, sans projet de part ni d'autre. Le lac Albano tout entouré de rochers, le long desquels notre petit Ascagne avait bâti Albe-la-Longue , dont vous jugez bien qu'on

n'aperçoit pas aujourd'hui la moindre trace

, Les voûtes et canaux pratiqués sous les rochers, par les anciens Romains, pour anàener l'eau dalac dans la plaine Le joli Lago di Nemi, autrefois Spéculum Dianœ . Cynthtanum ( GeiiïSano ) , où croit, en abondance une petite liqueur jaunâtre, fade et douce, à laquelle on a mal à propos donné le nom de vin ;

1 Monte Jjiziaîe,

2 En latin Bobelîas ou Bovillœ, aujourd'hui Boville, située h douze milles de Rome, sur le chemin d'Atbano, près de la roule qui conduit à Ânzio, Neltuno» etc. Les ruintâ de Boviilœ ont été découvertes en 18^3 seulement. 11. C.

ji. . :8.

cependant il est fort vanté. Ce n'est pas là le vinum generosum des anciens Romains ; mais en raison géométrique^ les modernes Romains sont aux anciens ^ comme le Genzano est au vin de Falerne. La petite ville d^Albano, autrefois villa Pompeii; Ariccia, autrefois Aricia; Lanuvium, aujourd'hui Civita- Lavinia; Tancienne forteresse des Albains, aujoius

d'hui Monte Savelli Les ruines d'un palais de

Domitîen; Tamphithéàtre Gastrense et le Castrum Prœtorium du même empereur ; le tombeau des Horaces et des Guriaces ; et assez loin de là, en tirant du côté de Rome, l'endroit où l'on prétend qu'ils se battirent. On aperçoit des hauteurs d' Albano la montagne et promontoire de Gîrcé Anzio, Nettuno,

Ardea , cfl^iiale du royaume de Tumus ; la citadelle Laurentum* du bon roi Latinus; Laviniay maintenant Pratiea^ qui éiait sans doute la maison de plai-' sance de l'infante Lavinie. Tous ces lieux ne sont aujourd'hui que de petits villages, et n'étaient, à ce que je me figure, rien de mieux autrefois. Je ne me . fais pas unie plus grande idée de ces royaumes célèbres de Turnus et de Latinus, que d^^une de nos terres de cinq ou six mille livres de rente ; il fait beau mentir sur ce qui vient de loin ; messieurs les portes nous en donnent bien à garder là-dessus ; et, pour vous en parler sans fard, je me représente ces anciens.peuples d'Italie , Rutules, Latins, Sicules et autres, à

^M. de Bonstelten pense que la ville de Laurentum occupait remplacement où est aujourd'hui la Selva Latirentina,

peu près comme ces petites nations sauvages du Paraguay, dans FAmérique. Si tout ce que nous vîmes dans cette journée n^est pas à présent fort curieux par lui-même , il Test du moins par le souvenir des anciens événements qu'il rappelle à Tes* prit, et par la réputation que leur ont donné d'excellents écrivains.

J'allai seul l'autre jour à Tivoli , l'ancien Tibuvy Mes <)ompagnons sont des tralneurs qui, à force de retard, partiront sans l'avoir vu. J'ai quelques curiosités à vous montrer non loin de la route.

Ne voyez* vous pas un peu.au delà du Soracte le dieu des bois , de retour d' Arcadie , courir de son pied de chèvre pour gagner son gîte, près de la maison de campagne d'Horace?

Que dites-vous de cette source plus claire que^iu eristal au pied de la montagne ?

£n deçà du Lucretile est la petite rivière ^ Allia et le champ de bataille où les Gaulois ajustèrent si bien les Romains. Je ne voyais pas tout ceci fort distinctement, pour en être trop loin; mais je m'en doutais 9 et ces idées m'amusaient tout seul dans ma chaise de poste. J'arrivai fort*à propos à Tivoli, comme l'on travaillait i défaire tous les jets d'eau du jardin d'Esté, pour nettoyer les conduits. Ne voulant pas avoir fait une course inutile ni revenir une autre fois, je distribuai quatre sequins à quantité d'ouvriers qui, en moins de deux heures de temps, remirent toutes choses en état. Durant l'intervalle, j'allai me promener sur le pont et voir la cascade du

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Teverone, autrefois VAîiio *, dont l'eau rapide se précipite d'une hauteur médiocre, sur un tas de rochers pointus, où elle se met en poussière, et rejaillit en un million de perles brillantes. Une partie de la rivière va de là se briser de nouveau dans^ un fond contre les rochers ; l'autre s'abîme dans^ les fentes des pierres sous les maisons, d'où* on la voit ressortir de la ville et retomber dans la plaine en plusieurs cascatelleSr Quoique cette chute d'eau ne soit pas élevée, la disposition des rochers et la fax)ilité de considérer la cascade à son aise de tous les côtés en rendent l'effet plus agréable et plus récréatif que d'aucune autre que j'aie jamais vue. On ne peut rien trouver de plus amusant que ce lieu, auquel le temple de la prétendue SihyMe A Ibunea donne un nouvel agrément.

Ce petit temple, juché sur une pointe de roc, n'est qu'une espèce de cylindre creux ou tour assez menue, auquel le cercle de colonnes corinthiennes cannelées qui l'environne donne le diamètre convenable. La colonnade porte son entablement et sa corniche; sur le devant règne une petite terrasse; le tout aussi joli qu'il*soit possible. Il faut mettre cette antique avec la Madonna del Sole et le temple de Minerva Medica. C'est dommage qu'il manque ici une partie des colonnes. Pourquoi ne pas réparer

^ Le mont Caiillo a élé percé de deux galeries, dans lesquelles on a jeté TÂDio, en septembre 4835. Celle dépense a élé faite pour sauver le temple de la Sibylle, que TAnio n*eût pas laissé subsister encore cinquante ans. R. C.

cette charmante antique? La dépense ne serait pas grande. Vignole a voulu l'imitep dans le petit dôme qu'il a fait au-dessus 'du Janicule , près de Sainil^ Pierre in Montorio; mais le bâtiment moderne, quoique joli, ne vaut pas l'ancien. Rçmarquez dans la place de Tivoli deux statues égyptiennes, de granit roilge et noir, et la vue des oascatelles ; près de la p<orte qui va à Rome, les ruines de la belle maison de Mécène. Un peu au delà étaient autrefois oelle de Salluste, celle de Catulle et celle d'Horace, différente d'une autre sur le mont Lucre tile, donl je vous parlais tout à l'heure.

Retournons aux jardins d'Esté. Il n'y en a pas d'autres à voir ici; mais, s'ils n'étaient pas si mal tenus , ils surpasseraient tous ceux de Frascati en grandeur et en magnificence, surtout par l'abondance des eaux. La situation ne pouvait être plus heureuse pour s'en donner à cœur joie : les jardins étant au pied de la montagne et la rivière coulant au-dessus, on n'a eu d'autre peine qu'à faire une saignée dans le lit du Teverone, pour tirer l'eau par des conduits du haut en bas. Ce lieu appartient au duc de Modène, qui le néglige entièrement; les jardins, les portiques de verdure, les bois, les parterres en pente et en terrasses sont tout à fait en friche et délabrés.

La maison ne serait pas mal, si elle n'était en ruines et sans aucun meuble ; de sorte qu'il ne reste rien à voir ici que les fontaines : aiissi y en a-t-il un si grand nombre, que je ne voudrais pas parier pour

moins d'un millier. On m'en a donné pour mes guatre aequins, et je ne dois pas avoir de regret de mon argent. Il serait à souhaiter seulement que de ces mille fontaines, on voulût bien eli supprimer plus de neuf cents, qui ne sontque.de misérableg filets d'eau, de purs colifichets, de vraies amusettejs d'enfants, et les réunir aux grandes pièces qui sont d'une admirable beauté. Du nombre de ces derrières est le grand canal sur une terrasse bordée de deux lignesr de jets d'eau disposés à la file , comme vous voyez ailleurs les arbres plantés en allées , le long des canaux. Au bout de cette terrasse, du cOté de la ville, la belle fontaine du Pégase, et le portique orné de colosses , par où les eaux entrent dans le jardin , en formant une nappe d'une hauteur et d'une largevœ surprenantes. Cette pièce d'eau , U plus belle du jardin, est aussi sans contredit une des plus belles qu'il soit possible de trouver , quelque part que ce Eoit, Au lieu de pratiquer à l'autre bout de la terrasse quelque chose d'équivalent, on s'est avisé de construire^une espèce de théâtre appelé iîomû antica. On y voit une assez bonne statue de marbre grec de Home armée, entourée de toutes sortes de petits bâtiments antiques , hauts d'une coudée ; arc de Constantin, Panthéon, temple de Faustine, colonne Trajane, obélisques, cirques, etc. , et d'une statue du Tibre versant de l'eau de son urne (passe encore pour celui-là).. Figurez -vous un petit ménage d'enfants, ou les cinq capuchons que le tailleur de Sancho portait au bout de ses doigts. Il sort de tous ces bà-

timents une centaine de menus filets d'eau comme s'il y avait quelque rapport entre une fontaine et le Panthéon ; de sorte que toute cette pièce n'est pas moins puérile que d'un faux goût. J'enrage quand je vois de pareils cbifiFons au milieu dé tant de belles choses. Au bas de ce théâtre, il y a un autre bosquet d'instruments à vent, d'oiseaux qui remuent les aîîes et chantent d'un ramage enroué, par le moyen de conduits d'air et d'eau , et d'autres tableaux mouvants. C'est à peu près comme les contes des fées que vous savez que l'on fait aux petits enfants , de la pomme qui chante, de l'eau qui danse et du petit oiseau qui dit tout. II. ne faut pas vous arrêter jci plus longtemps ; j'aime mieux vous mener voir quelques autres bonnes pièces, comme la Girande la Gerbe, le bassin des Dragons, la fontaine deBacchus celle da Triton^ celle d' Aréthuse, la grotte de Vénus celle de la Sibylle ^ etc. Voyez aussi quelques statues im Bacchus, Mélicerte, les rivières Anio %ï Âlbula. Vous me demandez , mon ami , si toutes les * eau:ç si vantées des jardins d'Italie valent mieuxque celles de Versailles. Non, assurément; vous voyez qu'il y a ici une quantité de fontaines qui ne sont que de. petites minuties. A Versailles , tout est dans le grand tout porte ce caractère de magnificence qui était la caractère particulier de Louis XIV ; il n'y a de petit que les Fables d'Ésope dans le labyrinthe , encore sont-elles beaucoup plus agréablement exécutées que ce que l'on a fait ici. Nous avons ici quelques pièces superbes, telles que la cascade Ludovisi, la baule

Girande du Belvédère Aldobrandinî, la nappe de Tivoli ; mais combien ne voit-on pas de ces pièces rassemblées dans le jardin de Versailles ! Latone, le Neptune, la grande Gerbe, le prodigieux Encelade, la haute Girande , dans une niche de verdure près des bains d'Apollon, les trois Fontaines, le Théâtre d'eau, la Colonnade, le Bassin du dragon, etc.

Il faut avouer néanmoins que les eaux de Tibur et de Frascati sont claires et limpides , et que celles de Versailles sont fort défectueuses à cet égard, ce qui fait une énorme diffèreiice.

Au sortir de Tivoli, on trouve , à droite du Teverone, les carrières de i^iewes Travertines (par corruption de Tiburtines) , dont les principaux édifices de Rome sont construits. Cette pierre est d'un exçelTlent service ; elle se lève en gros blocs d'une assez belle couleur, durs et troués comme nos meules de moulin. Le ruisseau qui sort de cette carrière charrie des sues pierreux, etlesbrins de paille ou d'éçorce qu'on y laisse tremper se chargent en fort peu de temps^ d'un sel cristallin ; on les met dans des boites à bonbons en guise de battons de cannelle confits au sucre brillant.

Le lac des lies flottantes se voit au même endroit ; c^est un petit étang d'une eau sulfureuse et bourbeuse, qui, bouillonnant aisément, élève la vase du fond et l'attache aux plantes aquatiques de la surface. Il s'est ainsi formé quelques Ilots flottants, ou gazons légers, retenus sur la superficie par les racines des joncs, sur lesquels les paysans montent et naviguent

pour le plaisir des curieux : c'est peu de chose. A gauche du Teverone , on voit les ruines considérables de la vaste maison de campagne d'Adrien. Ce prince ^ qui aimait Athènes et qui se piquait de philosophie grecque , peut-être plus qu'il ne convenait à un empereur romain , avait fait construire en . ce lieu divers bâtiments à l'antique / relatifs à ses idées favorites : une Académie, un Portique , un Lycée, im Prytanée, une VaUée de Tempe, un Pœcile , un Canope à l'égyptienne ; le tout embelli de grands bosquets, de belles pièces d'eau , et d'une bibliothèque considérable. Ligorio (Pirro) a visité avec soin les arcades et masures restantes , pour donner un plan détaillé du total. On y trouve journellement des statues antiques de grand prix ; une partie de ce que l'on rassemble au Capitole , dans le palais des Conservateurs, vient de ce lieu-ci. Le cardinal de Polignac y a trouvé aussi une partie des statues qu'il a maintenant à Paris. Les Jésuites, à qui le Canope appartient, en ont tiré beaucoup de morceaux égyptiens. Je vous ai déjà parlé des deux Centaures de Furietti , et de ce parquet de marbre en mosaïque du cabinet d'Adrien, dont on a fait des tables.

Je reviens à Rome en repassant le Teverone sur le pont Mammolo, jadis construit par ordre de Julia Mammœa, grand'mère de l'empereur Alexandre- Sévère.

Il ne me reste plus à vous rendre réponse que sur le fameux château de Gaprarola, chef-d'œuvre de l'architecte Vignole, lé plus singulier et le plus beau

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