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sonnages qui avaient déterminé l’ancien caractère de l'Etat et intégré la mission dans leur programme. Par contre, le Président représente l'unité et la continuité de la Nation, mais il ne doit pas s’identifier avec sa politique extérieure.
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Le Président, seul, représente le Reich à l’extérieur. La Commission des Affaires Etrangères du Reichstag ne participe pas à la représentation ; elle est seulement appelée au contrôle des Affaires Etrangères, mais non à leur direction.
La Constitution de Weimar attribue au Président, non seulement une compétence de forme, mais une compétence de fond dans les Affaires extérieures. Il doit connaître et examiner le fond des grandes questions de la politique extérieure et prendre des décisions. Le Ministre des Affaires Etrangères, qui dirige sous sa propre responsabilité le département qui lui a été confié, doit tenir au courant le Président de la conduite des affaires essentielles. Pour cela, il transmettra les principaux documents au Bureau du Président et au besoin il donnera, en personne, des explications. Un fonctionaire supérieur du Ministère des Affaires Etrangères est détaché du Bureau du Président pour maintenir une liaison. C’est à lui que le Ministre des Affaires Etrangères adresse les documents à signer ou à examiner par le Chef de l'Etat. Il est aussi chargé de faire régulièrement au Chef de l'Etat des exposés sur les questions en cours et les événements extérieurs.
Toute mesure importante nécessite l’accord entre le Président, le Ministre des Affaires Etrangères et naturellement le Chancelier. Le Ministre des Affaires Etrangères ne pourra, par exemple, faire connaître son intention de pourvoir un titulaire déterminé d’un poste diplomatique sans s’être assuré au préalable de l’agrément du Président.
Pour maintenir l’unité des vues, le Chef du Bureau présidentiel participe régulièrement aux séances du Conseil des
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Ministres. De plus, le Président tient des conférences avec le Chancelier et le Ministre des Affaires Etrangères ou même avec ce dernier seulement. Dans la pratique, suivant l'usage établi, le Président appelle le gouvernement en des séances extraordinaires tenues au Palais sous sa présidence.
Enfin, le Président peut, par ses déclarations personnelles, influer sur la politique extérieure. Il n’est pas obligé de se concerter avec ses ministres, mais il est naturel qu’il reste en accord avec la politique du gouvernement. En fait, il rédige ses déclarations en collaboration avec le Chancelier du Reich ou le Ministre des Affaires Etrangères. Citons, par exemple, le discours de M. Hindenburg à l’inauguration du monument de Tannenberg, le 18 septembre 1927 (3).
Nous citons aussi la lettre du Président Hindenburg du 20 juin 1931 adressée au Président Hoover pour lui demander un allègement des charges imposées à l’Allemagne. Cette lettre ne fut publiée qu’en décembre 1931. Remarquons que l'initiative du Président Hoover (le moratoire du paiement des réparations) était prise avant que cette lettre à lui adressée, décrivant la situation de l’Allemagne, fût parvenue à sa destination.
I. — LETTRE DU PRÉSIDENT HINDENBURG AU PRÉSIDENT HOOVER (20 juin 1931)
Monsieur le Président,
La misère du peuple allemand a pris des proportions telles qu’elle me force à tenter cette démarche exceptionnelle auprès de vous,
(3) Nous citons un passage important de ce discours célèbre :
« … Le monument national de Tannenberg nous rappellera avant tout la mémoire de ceux qui sont tombés pour la libération de la Patrie. Je dois à leur souvenir, et aussi à l’honneur de mes camarades survivants de déclarer solennellement, en cette heure et en ce lieu, que nous repoussons, que le peuple allemand, unanimement, dans toutes ses classes, repousse l’accusation selon laquelle l’Allemagne serait coupable de cette guerre, la plus terrible entre toutes. Ce n’est pas l’envie, la haine ou le désir de conquêtes qui nous ont fait prendre les armes; bien au contraire, cette guerre, qui nécessita les plus lourds sacrifices de toute la Nation, fut le moyen suprême pour sauvegarder notre existence en face d’un monde ennemi. Nous sommes partis le cœur pur pour défendre notre Patrie et les mains pures nous avons porté les armes.
L'Allemagne est toujours prête à en faire la preuve devant des juges Impartiaux. »
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Le peuple allemand ayant vécu des années indiciblement dures dont le point culminant a été atteint l’hiver dernier, et le renouveau d’activité économique espéré pour le printemps ne s’étant pas produit, j’ai pris, fort des pouvoirs que me confère la Constitution du Reich, des mesures exceptionnelles afin de garantir l’exécution des principales obligations de l'Etat et d’assurer l’existence de la population en chômage. Ces mesures atteignent profondément la vie économique et sociale et imposent à toutes les classes de la population les plus lourds sacrifices.
Nous avons épuisé toute possibilité d’améliorer la situation uniquement par des mesures d’ordre intérieur, sans allègement apporté du dehors.
La crise économique dont souffre le monde entier atteint d’une façon particulièrement sévère le peuple allemand que les suites de la guerre ont privé de ses réserves.
Les événements des jours derniers montrent que le monde entier manque de confiance dans les moyens qu’a l’Allemagne de travaillèr sous les charges qui l’écrasent actuellement. De grands crédits que l’étranger nous avait consentis nous ont été retirés. Ces jours derniers encore, la Reichsbank a dû livrer à l’étranger le tiers de ses réserves en or et en devises. Cet enchaînement de faits entraîne forcément une nouvelle et sévère réduction de notre vie économique et une recrudescence du chômage qui atteint dès à présent plus du tiers de la population ouvrière et industrielle.
La valeur, la volonté de travail et la discipline du peuple allemand justifient qu’on lui fasse confiance pour l’accomplissement des lourdes et indiscutables obligations que constituent les dettes privées et les emprunts. Mais pour conserver intact son courage, pour lui conserver aussi la confiance de l’univers dans la puissance de son activité, l'Allemagne a un besoin urgent d’allégement.
« Il faut que cet allégement intervienne sans délais » si l’on veut éviter qu’une terrible catastrophe ne s’abatte sur nous et sur d’autres. Il faut conserver au peuple allemand la possibilité de travailler dans des conditions de vie supportables. La vie matérielle et morale dans tous les pays bénéficierait par contre-coup de l’influence salutaire que cet allégement nécessaire exercerait sur la crise générale. La situation des autres pays s’en trouverait améliorée ; le danger que court l'Allemagne à la suite de tensions intérieures et extérieures provoquées par la misère et le désespoir s’en trouverait sensiblement atténué.
Vous, monsieur le Président, en tant que représentant du grand peuple américain, avez la possibilité de prendre, pour le bien du peuple allemand et du monde entier, une initiative qui apporterait un changement immédiat dans la situation lourde de menaces.
(Traduit pour L'Europe Nouvelle.)