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hauts fonctionnaires, ils étaient absolument soumis au Chancelier du Reich et n’avaient aucune relation avec le Reichstag. Enfin le Chancelier du Reich, en sa qualité de Chef du gouvernement prussien, devait se trouver en accord avec le Landtag de Prusse.
Ce régime ne pouvait aller sans heurts et la situation était toujours tendue entre les gouvernements civil et militaire (Œtat-Major, Amirauté et le corps des adjoints généraux). Des difficultés surgissaient également entre les ministères prussiens, qui gardaient un caractère féodal et ploutocrate, et les administrations qui s’orientaient déjà vers le Reichstag élu suivant les principes démocratiques (2).
La guerre a cruellement éprouvé ce système. Il devenait de plus en plus difficile de demander des sacrifices aux masses alors que leurs élus ne pouvaient pas participer au gouvernement. Les Chanceliers du Reichstag éprouvèrent le besoin d’établir un rapport de confiance entre le gouvernement et le Reichstag : les responsabilités des événements étaient trop lourdes pour un seul homme et il fallait obtenir la participation des représentants de tous les partis politiques au gouvernement.
Un décret de l’Empereur en date du 30 septembre 1918 ouvrit enfin la voie au régime parlementaire. « Je désire, disait l'Empereur, que le peuple allemand puisse collaborer d’une manière plus efficace qu’il ne l’a fait jusqu'ici à la détermination du sort de la Patrie. Ma volonté est que des hommes ayant la confiance de la nation participent dans une mesure très large aux droits et aux devoirs du gouvernements. » Le prince Max von Baden fut chargé de constituer le premier gouvernement parlementaire. Etant donné que l’incompatibilité établie par les articles 9 et 21 C. B. rendait encore impossible la participation des députés au Bundesrat, ceux-ci n'étaient nommés que « commissaires du Bundesrat » et « chargés de remplir les attributions de secrétaires d'Etat ».
(2) En 1917 commence à se dessiner un mouvement tendant à réclamer l’introduction du régime parlementaire en Allemagne. Voir notamment Max Weber, Parlament und Regierung im neugeordneten Deutschland, 1918 et Piloty, Das Parlamentarische System, 1917.