DICTATURE ET FÉDÉRALISME
Les pouvoirs dictatoriaux sont attribués directement par la Constitution à un organe du Reich, au Président, indépendamment des partages de compétences établis entre le Reich et les pays, par exemple dans les articles 12, 14, 15. La Dictature permet par conséquent une concentration exceptionnelle des pouvoirs partagés entre le Reich et les pays. Le dictateur est pratiquement libéré des limites fédérales; la Dictature peut apporter des restrictions très graves à l’autonomie des pays. Toutefois, la distinction entre le pouvoir du Reich et le pouvoir des pays est maintenue : le dictateur doit respecter l’existence des pays et leur permettre d'exercer leurs pouvoirs; il ne peut destituer le gouvernement des pays ni empêcher ceux-ci de se faire représenter dans le Reichsrat, il ne peut empêcher le Landstag de se réunir. L’action du dictateur peut provoquer des conflits très graves avec les pays (p. ex. conflit avec la Bavière) (3). La Dictature permet encore d’intervenir contre un pays en prétendant qu’il s’agit de mesures dictatoriales, alors qu’en réalité il s’agit de la Reichsexecution.
En agissant ainsi, on ménage quelquefois la susceptibilité des pays et on maintient plus facilement les bonnes relations à l’intérieur de la Fédération. C’est ainsi qu’on a procédé déjà trois fois : en octobre 1923 contre le gouvernement de gauche, révolte de Saxe; en mars 1920 contre la Thuringe, et en avril 1920 contre la Saxe-Gotha.