CHAPITRE III ROLE DU PRÉSIDENT
Ironie de Wilson sur la Présidence. — Son livre sur le gouvernement des Etats-Unis. — Développement des pouvoirs du Président. — John Adams sur la complication des « balances ».
— Modifications pratiques dénaturant l'objet constitutionnel.
— Président responsable devant le peuple directement. — Le choix des candidats. — Tendances actuelles. — Le veto. — Méiiance du Congrès. — Le peuple tient à conserver la puissance du Président comme frein vis-à-vis des combinaisons d'intérôts.
Note sur l'autocratie et la faculté de déclarer la guerre.
« Gommera finement dit un critique, noire système est essentiellement astronomique. L'utilité d'un président se mesure non d'après ses services, mais d'après les mois du calendrier. On compte que, s'il est bon. il le sera pendant quatre ans. Il faut qu'un premier ministre garde la faveur de la majorité, un président n'a qu'à rester vivant. )>
C'est M. Wilson lui-même que je cite et qui cite cette ironie.
Quand il n'avait qu'une trentaine d'années, il a publié un volume sur le gouvernement central selon la constitution et la pratique des États-Unis. C'était un livre de sévère et courageuse critique.
RÔLE DU PBÉSIDFNT 53
Une traduction française a paru en 1900 avec une préface spéciale de l'auteur lui-même dans laquelle il fait remarquer que, depuis qu'il avait écrit le livre, vers 1882 \ la modification de principes politiques, dans l'économie constitutionnelle des États-Unis, la plus importante à noter est due à l'influence exercée sur la présidence par la guerre espagnole de 1898. Une conséquence de cette guerre avait été l'entrée des États-Unis dans la mêlée des affaires extérieures et dans les complications de gouvernement de territoires éloignés, ce qui a considérablement favorisé, pour le Président, l'occasion de s'attribuer les fonctions d'un leader. Lorsque les relations extérieures tiennent une place importante dans la politique d'une nation, l'Exécutif qui les dirige augmente ses pouvoirs. « Incontestablement, continue-t-il, le Président des États-Unis est aujourd'hui (1900) à la tête des affaires comme aucun président ne l'a été depuis le premier quart du xix*" siècle, lorsqu'il fallait tout d'abord régler les relations extérieures du pays. Il ne faut pas s'étonner aujourd'hui si tous les discours du Président sont imprimés et lus mot par mot. De son choix, de son caractère, de son expérience dépendent quelques unes des solutions les plus impoj'tantes de l'avenir. Le gouvernement des dépendances est pour la plus grande partie entre ses mains. » Et déjà il remarque que
1 . Le gouvernement congressioîinel, traduction française sur la 13» édition, revue par l'auteur, Paris, 1000.