‹ Le Président Wilson et l'évolution de la politique étrangère des États-UnisChapitre 31 sur 49 · LE PRÉSIDENT WIL80N · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT WIL80N

strictement responsable de toute infraction à ces droits, intentionnelle ou accidentelle. Le gouvernement des Etats-Unis ne peut penser que le gouvernement impérial 'allemand mette ces droits en question. Il estime, au contraire, que le gouvernement impérial accepte, comme il est naturel, que les vies des non-combattants, qu'ils soient de nationalité neutre ou qu'ils appartiennent à l'une des nations en guerre, ne peuvent ni légalement ni équitablement être mises en péril par la capture ou la destruction d'un navire marchand non armé, et que le gouvernement impérial reconnaît aussi, comme le font tous les autres Etats, l'obligation de prendre les précautions usuelles de visite et de recherche pour s'assurer si un navire marchand suspect est en fait de nationalité belligérante ou porte effectivement de la contrebande de guerre sous un pavillon neutre. Le gouvernement des Etats-Unis, par conséquent, désire appeler avec une extrême insistance l'attention du gouvernement impérial allemand sur ce fait que l'objection à sa façon actuelle d'attaquer le commerce de ses ennemis réside dans l'impossibilité pratique d'employer des sous-marins dans la destruction du commerce sans méconnaître les règles de la loyauté, de la raison, delà justice et de l'humanité, qui sont considérées par l'opinion moderne comme impératives. Il est, en pratique, impossible pour les officiers d un sous-marin de visiter un navire marchand en mer et d'en examiner les papiers et la cargaison. Il est, en pratique, impossible pour eux d'en opérer la prise, et, s'ils ne peuvent saisir l'équipage qui est à bord de ce bâtiment, ils ne peuvent le couler sans laisser l'équipage et tout ce qui se trouve à bord à la merci des flots et des petites chaloupes. Il va de soi que le gouvernement impérial allemand admettra franchement ces faits. Nous apprenons que, dans les exemples dont nous avons parlé, on n'a même pas donné le temps

Page 1